LA PLANIFICATION DES OPÉRATIONS

La Presse canadienne/Andrew Vaughan/04149363

Assis sur l’aire de trafic, deux Somaliens attendent le déchargement d’un appareil des Forces canadiennes à Belet Uen, en Somalie, le 19 décembre 1992. La mort de Shidane Arone aux mains de soldats canadiens, il y a 25 ans, figure souvent parmi les souvenirs les plus sombres de l’histoire militaire canadienne.

Vingt-cinq ans après l’affaire de la Somalie : changements apportés à la formation préparatoire aux opérations

par Howard G. Coombs

Imprimer PDF

Pour plus d'information sur comment accéder ce fichier, veuillez consulter notre page d'aide.

Le colonel Howard G. Coombs, O.M.M., C.D., Ph. D., a cessé d’être au service des Forces armées à temps plein en 2003 pour entrer dans la Force de réserve de l’Armée canadienne, où il occupe un poste à temps partiel, au quartier général du Centre de doctrine et d’instruction de l’Armée canadienne, à Kingston, en Ontario. Il est professeur adjoint d’histoire et président associé du Programme d’études sur la guerre au Collège militaire royal du Canada. Le colonel Coombs a participé à un certain nombre d’opérations de déploiement à titre d’officier dans l’ex-Yougoslavie et en Afghanistan, au sein de la Force régulière et de la Force de réserve. De plus, il a participé à une mission dans la province de Kandahar, en Afghanistan, de septembre 2010 à juillet 2011, à titre de conseiller civil.

Compte tenu de l’entraînement qu’il avait subi, le GTRAC [Groupement tactique du Régiment aéroporté du Canada] n’était pas prêt, du point de vue opérationnel, à être déployé en Somalie pour l’opération « Delivrance ».

Chapitre 21 – L’instruction militaire, « Un héritage déshonoré » (1997)1

Introduction

Le Groupement tactique du Régiment aéroporté du Canada (GTRAC) a été envoyé en Somalie à la fin de 1992, et durant son affectation une série d’incidents regrettables sont survenus. Ces incidents ont éclipsé tous les succès que le Groupement tactique avait pu obtenir au cours de sa mission. Le plus connu de ces incidents malheureux s’est produit en 1993, à l’époque où le Régiment était établi autour de la ville de Belet Huen. Les civils de la région vivaient une situation désespérée. Il y avait eu plusieurs tentatives de vols dans les camps des Canadiens, et l’ordre avait été donné d’arrêter et, dans certains cas, de maltraiter les intrus. Par la suite, le 16 mars, des soldats canadiens ont capturé, torturé et tué un intrus. Le meurtre de l’adolescent somalien Shidane Arone a produit une onde de choc partout au Canada et a donné lieu non seulement à l’imposition d’une punition aux agresseurs, mais aussi au démantèlement du Régiment aéroporté du Canada, qui fait toujours l’objet de débats2.

Photo du CIIFC/MDN ISC93-37

Des membres du Régiment aéroporté du Canada en patrouille en Somalie, en 1993.

Il faut savoir que ces incidents n’ont pas été les seules expériences déplorables associées aux opérations de déploiement des Forces armées canadiennes (FAC) à cette époque3. En effet, des incidents survenus au Rwanda et la dénonciation d’incidents survenus à Bacovici, dans l’ex-Yougoslavie, en 1993 et en 1994, ont soulevé un vent d’introspection publique et personnelle au Canada, concernant la nature de la profession des armes et le maintien de la paix en général. Dans tous les cas, l’annonce au public des faits entourant les incidents susmentionnés a eu pour effet de faire perdre aux Canadiens leur ardeur à l’égard de leurs militaires4.

Toutefois, ce sont les incidents survenus en Somalie qui ont suscité le plus d’attention. Ils ont conduit à la mise sur pied de la « Commission d’enquête sur le déploiement des Forces canadiennes en Somalie » ou à ce qui a communément été appelé la « Commission d’enquête sur la Somalie » (1993-1997). L’enquête sur la Somalie a permis de réaffirmer que dans un environnement de sécurité tumultueux, l’entraînement général au combat (EGC) devait servir de base pour la formation sur les opérations de maintien de la paix. Les idées suivantes sont venues atténuer cette affirmation : (1) les Casques bleus canadiens auraient besoin d’être entraînés et formés pour connaître les fonctions s’appliquant à une gamme d’opérations de soutien à la paix; (2) il fallait surveiller et orienter de façon centralisée l’instruction préalable au déploiement; (3) le Canada devait soutenir la formation sur les opérations de soutien à la paix offerte dans d’autres pays, au titre de sa contribution au maintien de la paix5. Ces idées, de même que les directives que le ministère de la Défense nationale et les FAC avaient déjà diffusées pour permettre aux militaires d’évoluer dans un environnement opérationnel changeant, ont irrévocablement modifié la façon dont les militaires canadiens allaient se préparer aux opérations de maintien de la paix et aux autres types d’opérations. Elles allaient aussi conduire à une reprofessionnalisation des FAC6.

Le gouvernement du Canada ayant renouvelé son engagement à l’endroit des opérations de soutien à la paix de l’Organisation des Nations Unies (ONU), dont a récemment témoigné l’examen de la politique de défense, l’approche adoptée par les FAC pour préparer ses membres aux opérations du XXIe siècle fait toujours l’objet de débats7. En effet, certains, comme Walter Dorn et Joshua Libben, chercheurs dans le domaine du maintien de la paix, ont mis en doute la capacité des unités militaires du Canada de fournir à leurs membres l’instruction et la formation dont ils ont besoin pour prendre part à des opérations de maintien de la paix. Ils soutiennent que les FAC se concentrent sur des opérations qui ne portent pas sur le maintien de la paix et que leur perspective opérationnelle les amène à réduire les programmes d’études et de formation professionnelles axés sur le maintien de la paix. En outre, les membres des FAC ont peu d’occasions d’étudier le maintien de la paix dans un programme d’études universitaires8. Les FAC doivent donc, si elles veulent pleinement mettre à profit les leçons retenues durant les 25 dernières années (qui lui permettent de mener efficacement les opérations de maintien de la paix et d’autres types), comprendre ce qui s’est produit depuis la première fois que les militaires canadiens ont été mis « au service de la paix », et les changements qui se sont imposés à la suite de l’« affaire somalienne »9.

Photo du CIIFC/MDN HSC92-0849-300

Un technicien médical canadien panse l’œil d’une Somalienne.

Perception du public

Même de nos jours, lorsqu’ils pensent « maintien de la paix », les Canadiens ont tendance à voir l’image iconique de soldats portant le « casque bleu » de l’ONU qui s’interposent entre des factions guerrières pour trouver une solution pacifique à un conflit en cours10. En 2010, les chercheurs universitaires canadiens Jocelyn Coulon et Michel Liégeois ont soutenu que les propos tenus publiquement par les gouvernements successifs du Canada, qui ont fait de cette image un élément de l’identité nationale, ont en partie contribué à sa création. Ils ont activement alimenté le mythe véhiculé à l’échelle nationale selon lequel « le Canada serait un pays de gardiens de la paix »11. Bien que l’on puisse avancer que cette idée du pays de gardiens de la paix avait perdu de sa popularité à l’époque où le Canada menait des opérations de déploiement en Afghanistan, il reste que le gouvernement actuel l’a ramenée en surface et renforcée12. Au-delà de la perception de la population canadienne à l’égard du maintien de la paix et des « Casques bleus », les dernières décennies ont été marquées par la participation à des opérations plus difficiles et plus complexes que les activités « classiques » de maintien de la paix. En général, les opérations modernes de soutien à la paix sont menées dans un environnement hostile et favorisent un camp ou un autre, et elles peuvent donner lieu à un emploi illimité de la force. En outre, il n’est pas toujours facile de proposer une solution politique.

Cette perception populaire des gardiens de la paix émane des missions réalisées par le système international relativement stable mis en place dans le contexte de la Guerre froide, et elle repose sur le modèle westphalien de la primauté de l’État. Selon cette perspective, les États doivent jouer le rôle d’arbitres dans les conflits et ont le droit d’utiliser tous les moyens à leur disposition pour assurer la stabilité du système international13. Ces concepts étaient fermement enracinés dans un système international datant des années qui ont suivi la Deuxième Guerre mondiale et fondé sur des relations reposant sur l’équilibre des pouvoirs et permettant d’assurer le maintien de la paix dans le cadre de l’ONU, selon les mandats établis en vertu du chapitre VI de la Charte des Nations Unies14. D’aucuns pourraient soutenir qu’ils ont été véhiculés jusqu’à la fin de la Guerre froide, qui correspond à la fragmentation de la stabilité relative établie dans le cadre de relations bipolaires entre l’Orient et l’Occident reposant sur l’équilibre des pouvoirs. Il ne fait aucun doute que dans le monde où les opérations sont menées de nos jours, le modèle westphalien est dépassé. En effet, les acteurs étatiques n’étant plus les seuls à être des sources de conflit et à exercer des pouvoirs, les menaces pour la paix sont difficiles à détecter, à cerner et à résoudre.

Heritage Image Partnership Ltd/Alamy Stock Photo DT9JHE

La ratification du traité de Münster (Westphalie), le 15 mai 1648, par Gerard Ter Borch.

Durant la Guerre froide, les opérations de soutien à la paix étaient généralement menées sous les auspices de l’ONU. Elles étaient divisées en catégories correspondant à des articles particuliers de la Charte des Nations Unies correspondant au chapitre VI, « Règlement pacifique des différends » ou au chapitre VII, « Action en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d’actes d’agression ». L’objet des missions menées aux termes du chapitre VI était de résoudre les différends qui compromettaient la paix et la sécurité dans le monde. Généralement, aux termes de ce chapitre, des contingents militaires sont envoyés en mission une fois que la négociation, la médiation ou l’arbitration a conduit à la conclusion d’une forme d’entente, et que les parties participant au conflit ont consenti à ce qu’une force de l’ONU surveille la situation pour s’assurer du respect de l’entente. En ce qui concerne la participation du Canada à des opérations aux termes du chapitre VI, citons par exemple la mission de la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP) [depuis 1964] et la mission de la Force des Nations Unies chargée d’observer le dégagement (FNUOD) [depuis 1974], sur le plateau du Golan. Les militaires qui participent aux opérations de déploiement menées aux termes du chapitre VI portent le casque bleu, qui indique qu’ils agissent à titre de gardiens de la paix.

Le chapitre VII de la Charte permet de mener des actions en cas de menace pour la paix, d’une rupture de la paix et d’actes d’agression. Aux termes de ce chapitre, l’ONU peut prendre toutes les mesures nécessaires – militaires ou non militaires – pour rétablir ou pour maintenir la paix, afin de mettre en place les conditions propices au rétablissement de la paix et de la sécurité à l’échelle internationale. En ce qui concerne la participation du Canada à des opérations aux termes du chapitre VII, mentionnons par exemple la mission de la Force opérationnelle unifiée affectée en Somalie (UNITAF) [1992-1993], la mission de la Force de mise en œuvre du plan de paix en Bosnie (IFOR), dirigée par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) [1995-1996], la mission de la Force internationale au Timor-Oriental (INTERFET) [1999-2000], la mission de la Force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan, organisée par l’OTAN (2003-2014) et la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) [depuis 2004]15.

Photo du CIIFC/MDN HSC92-849-314

Un véhicule ambulance Bison, en Somalie, lors de l’Op Deliverance.

La Somalie

L’idée de mener la mission en Somalie est née du désir de l’ONU d’apporter une aide humanitaire à un pays déchiré par la guerre civile et la famine. La mission a changé au fil du temps, car les responsables ont voulu aider le pays à mettre fin à la violence et à se rebâtir pour devenir un État-nation capable de bien fonctionner. L’Opération des Nations Unies en Somalie 1 (UNOSOM I) a débuté le 24 avril 1992 et avait pour objet de permettre à l’ONU d’atteindre les objectifs qu’elle avait établis au départ. Le petit groupe de 50 observateurs du début a grossi, et des milliers de militaires ont finalement été affectés à l’opération. Dans ce contexte, le Canada s’est engagé à fournir le soutien d’un bataillon d’infanterie. En juillet 1992, ce rôle de soutien a été assigné au Régiment aéroporté du Canada, qui avait déjà été affecté à une mission de l’ONU dans le Sahara-Occidental (opération Python), pour laquelle il avait été préparé, mais dont le début avait été reporté16. L’unité a commencé à se préparer presque immédiatement, cette fois en vue de la mission en Somalie. L’instruction a débuté sans tarder en septembre 1992, à la fin du cycle des affectations, de même que la réorganisation et l’équipement initial en véhicules blindés. Cette dernière tâche s’est avérée être difficile à mener à bien.

À cette époque, l’ONU était incapable d’obtenir la collaboration des principaux seigneurs de la guerre de la Somalie, et les troubles persistaient et nuisaient aux opérations de secours. L’UNOSOM I a donc temporairement été suspendue le 2 décembre. Le Conseil de sécurité n’a pas tardé à approuver la mise sur pied de l’UNITAF, une force coalisée multinationale dirigée par les États-Unis, afin de créer un milieu sûr et de faciliter les opérations de secours humanitaire de l’ONU. Les États-Unis ont invité le Canada à participer à la coalition. Un Comité ad hoc de ministres s’est réuni le 4 décembre pour débattre de la question, et le Canada a décidé, sous les conseils du ministère de la Défense nationale et du ministère des Affaires extérieures, de participer à la mission de l’UNITAF plutôt qu’à l’UNOSOM 1. À la fin de décembre, le GTRAC était en Somalie et enlisé dans les opérations. Étant donné que le type de mission avait changé, le mandat du GTRAC en Somalie relevait du chapitre VII de la Charte et non plus du chapitre VI. Après des mois d’opérations, l’Unité est retournée au Canada, en juin 1993, laissant derrière elle une région qui était considérée comme étant « stable »17.

Photo du CIIFC/MDN ISC93-10153

Dans un camp de réfugiés, un militaire canadien fait un « tope là » à un jeune Somalien.

De nombreuses lacunes ont été décelées dans l’entraînement général au combat, mais la Commission d’enquête sur la Somalie a constaté que l’EGC avait servi d’assise à tous les déploiements effectués durant la Guerre froide. Elle a fait remarquer que l’EGC était toujours l’un des volets de l’instruction de base offerte en vue des opérations de soutien à la paix. L’EGC permettait aux soldats et aux unités d’acquérir les compétences requises pour assumer un large éventail de fonctions liées au combat, et de fonctionner de façon intégrée pour pouvoir répondre à des besoins opérationnels élargis. Chaque soldat apprenait les techniques du maniement des armes, les techniques de campagne et de communication, les techniques de protection contre les agents biologiques et chimiques et les premiers soins, et devait atteindre un niveau acceptable d’aptitude physique. Une fois qu’ils avaient acquis ces compétences individuellement, les soldats les mettaient à l’épreuve dans des scénarios de l’instruction collective dont le niveau de difficulté augmentait progressivement, jusqu’à l’atteinte de l’objectif établi. Conjugué à une instruction propre à la mission, l’EGC constituait la base de la formation préparatoire aux opérations de soutien à la paix du temps de la Guerre froide. La croyance était que pour mener une opération de soutien à la paix, il fallait avoir acquis les compétences requises pour mener des combats, mais dans une moindre mesure. On considérait que les soldats avaient suffisamment de temps entre le moment où l’avis de mission était envoyé et le début du déploiement pour suivre l’instruction propre à la mission. Malheureusement, cela ne s’est pas avéré dans le cas du GTRAC et de la mission menée en Somalie18.

En effet, c’était la façon de voir le maintien de la paix et de s’y entraîner dans les divers services de la force militaire canadienne à l’époque de la Guerre froide. Dès le début, le Canada a constamment subi des pertes au cours des opérations, à commencer par le brigadier-général Harry Angle, qui a été tué en 1950, durant son affectation au Groupe d’observateurs militaires des Nations Unies dans l’Inde et le Pakistan19. L’exposition constante au risque que posait la violence durant les opérations de maintien de la paix a probablement convaincu les responsables de la pertinence d’avoir recours par défaut à un cadre d’instruction basé sur l’EGC, d’autant plus que l’armée venait de participer à la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945), puis à la Guerre de Corée (1950-1952). Le succès obtenu à cette époque par la force affectée à la première mission à grande échelle de l’ONU, connue sous le nom de Force d’urgence des Nations Unies 1 au Sinaï (FUNU 1) [1956-1967], a renforcé cette croyance. Après la crise du canal de Suez, en 1956, Lester B. Pearson, qui était alors secrétaire d’État aux Affaires extérieures, a obtenu qu’une proposition soit présentée au nom du Canada concernant le recours à une force intérimaire de l’ONU qui allait superviser le retrait des forces françaises, israéliennes et britanniques, de même que l’application de l’accord de cessez-le-feu signé par l’Égypte et Israël. Son initiative lui a valu de recevoir un prix Nobel de la paix et d’être considéré comme étant l’« architecte » des opérations de maintien de la paix de l’ONU. Fait important, la FUNU a façonné la façon apparentée, mais distincte, dont la population canadienne et ses militaires en sont venus à voir le « maintien de la paix »20.

Multimédia des Nations Unies/142303

Des mécaniciens canadiens de l’unité de maintenance de la FUNU, à Al-Arish, en avril 1959.

La mission de la FUNU 1 a confirmé que les compétences militaires acquises dans le cadre de l’EGC constituaient l’essence de la formation sur le soutien à la paix. Le déploiement ayant été effectué dans la précipitation, les militaires que le Canada a fournis n’avaient pas eu le temps de suivre de formation spéciale sur le maintien de la paix. Les problèmes à régler concernant la mission de maintien de la paix menée par la FUNU 1 au Moyen-Orient ont été cités, mais la formation ne figurait pas dans la liste21. Cette vision de l’instruction est demeurée la même dans les décennies qui ont suivi. Au cours d’une conférence organisée par le ministère de la Défense nationale, en 1964, des représentants de la Marine royale canadienne (MRC) et de l’Aviation royale canadienne (ARC) ont soutenu que l’approche de leurs services respectifs à l’égard des opérations de maintien de la paix était sensiblement la même que celle qui était adoptée pour les opérations ordinaires. L’Armée canadienne (AC) était d’avis que le bataillon canadien de réserve de l’ONU avait principalement besoin d’être équipé légèrement, d’être apte et aguerri, et de pouvoir s’adapter rapidement à des conditions hostiles22. Deux ans plus tard, en 1966, une étude sur les opérations militaires que le Canada menait en appui à l’ONU a permis de réaffirmer que l’instruction offerte par la MRC et l’ARC pour les activités militaires liées au maintien de la paix concordait dans une certaine mesure à l’instruction suivie préalablement à la participation à d’autres activités opérationnelles. Le rapport indique que pour l’Armée canadienne, la transition d’une opération d’un autre type que les opérations de l’ONU à une opération de l’ONU ne demande pas une grande préparation23.

Photo du CIIFC/MDN HSPL66-122-1

Le chef d’état-major de défense, le général Jean Victor Allard, à bord du NCSM Gatineau, en 1966.

Les généraux Jean Victor Allard et Paul Manson, qui ont successivement occupé le poste de chef d’état-major de la défense, ont confirmé cette idée. Allard a livré le témoignage qui suit devant le Comité de la défense de la Chambre des communes, en 1966 :

Dans les missions de maintien ou de restauration de la paix que nous mènerons à l’avenir, nous devrons toujours veiller à ce que notre force soit employée de la façon la plus judicieuse possible. […] Le déploiement de forces polyvalentes puissantes et très bien organisées dans une région secouée par l’agitation sociale ne signifie pas que les responsables auront recours à la force; il a tout simplement l’effet de dissuasion voulu pour empêcher que les troubles ne dégénèrent en un conflit grave. [TCO]

En 1989, soit plus de deux décennies plus tard, Manson a fait valoir la nécessité d’offrir une instruction qui s’adresse à des militaires qui sont avant tout des soldats, afin de les préparer à gérer les difficultés inhérentes au maintien de la paix24.

L’EGC semblait convenir pour préparer les militaires aux opérations de soutien de la paix, mais à la lumière de l’enquête sur la Somalie et de rapports d’études sur d’autres questions, il est devenu évident qu’il devait être complété par un programme d’études et d’instruction approprié. Des projets successivement mis en œuvre parallèlement à l’enquête ou par la suite ont permis de circonscrire la nécessité de pouvoir compter sur des leaders militaires professionnels et bien formés, dont la Commission d’enquête avait fait état. La rédaction du Rapport au Premier ministre sur le leadership et l’administration dans les Forces canadiennes, par le ministre de la Défense nationale, en 1997, est l’un de ces projets, et non le moindre. La production de ce rapport, de même que des travaux connexes de comités de surveillance et de mise en œuvre, a entraîné un important changement de paradigme. Les outils de la formation universitaire et de la formation professionnelle ont été adaptés aux besoins des professionnels canadiens au service des forces armées du XXIe siècle. Établies pour accroître le niveau de compétence des militaires, les nouvelles politiques pouvaient tout autant être axées sur la nécessité de disposer d’un corps d’officiers ayant un diplôme universitaire et d’inciter les militaires à poursuivre leurs études que porter sur la création d’une série de nouveaux cours à l’intention du personnel supérieur d’état-major. Les responsables ont revu les besoins liés aux études tant professionnelles qu’universitaires et établi de nouveaux critères. De plus, les projets n’allaient plus viser que le corps des officiers. De nos jours, les militaires du rang au service des Forces armées canadiennes suivent le programme de perfectionnement professionnel des militaires du rang, qui est offert à Saint-Jean-sur-Richelieu, au Québec. En outre, l’Académie canadienne de la Défense (ACD) a été établie, en 2002, pour donner suite aux recommandations qui avaient été faites concernant les études et l’instruction, et en 2004, elle a officiellement reçu le mandat de « jouer le rôle de championne institutionnelle du perfectionnement professionnel des Forces canadiennes »25.

La Presse canadienne/Fred Chartrand/1801412

Le ministre de la Défense nationale, Doug Young, quitte le quartier général de la Défense nationale après une rencontre avec le chef d’état-major de la défense, le général Jean Boyle, à Ottawa, le 7 octobre 1996.

D’aucuns pourraient soutenir que les projets proposés ne mettent pas en valeur l’importance de faire des études sur le « programme d’études sur les opérations de soutien à la paix ». Ce programme d’études professionnelles a tout de même permis à des officiers, de même qu’à des militaires du rang supérieurs de la Marine, de l’Armée et de la Force aérienne, d’acquérir les connaissances nécessaires pour comprendre la situation dans laquelle ils se trouvent et pour trouver une solution militaire viable dans un environnement de sécurité complexe contemporain. Les études ne permettent pas seulement aux étudiants d’acquérir une expertise dans un domaine précis; elles les amènent aussi à penser d’une façon critique et créative, et à élargir les capacités intellectuelles dont ils ont besoin pour concevoir et pour exercer des activités militaires dans tous les types de situations26.

L’importance d’offrir un programme d’instruction qui prépare adéquatement aux opérations de soutien à la paix a également été mise en valeur, en plus de la nécessité de hausser le niveau des études. Dans un rapport qu’il a produit en 1993, le Sénat reconnaît que l’EGC doit être la base d’un tel programme d’instruction et mentionne que « le meilleur gardien de la paix est celui qui connaît bien son métier, qu’il soit soldat, marin ou aviateur ». Le rapport indique aussi qu’il serait encore possible d’améliorer l’instruction militaire qui est offerte « en y ajoutant des sujets qui ne sont pas forcément de nature militaire », comme la médiation27. La Commission d’enquête sur la Somalie a recommandé de faire suivre aux militaires, en plus de l’EGC, une formation générale sur le maintien de la paix (processus de l’ONU et tâches opérationnelles communes pour le maintien de la paix) de même que l’instruction propre à la mission (axée sur le théâtre). En outre, étant donné qu’ils sont nombreux et qu’ils s’appliquent de manière générale, les sujets devant être étudiés doivent être intégrés dans l’instruction militaire générale28. Au cours de l’enquête, les Forces canadiennes ont mis en place un mécanisme de surveillance systémique des missions de maintien de la paix et ont établi des normes, par la diffusion de directives du sous-chef d’état-major de la défense (SCEMD), et rendu obligatoire l’évaluation du programme de formation préalable au déploiement sur le maintien de la paix offert dans le cadre de l’instruction individuelle et de l’instruction collective. Les missions font toujours l’objet d’une surveillance de nos jours, par le Commandement des opérations interarmées du Canada29.

La formation sur les opérations de maintien de la paix est devenue obligatoire à la suite de la diffusion des directives du SCEMD et de la présentation des recommandations de la Commission d’enquête sur la Somalie et d’autres recommandations. L’EGC constitue toujours la base du programme préparatoire aux missions. Il a été élargi au fil des ans et porte également sur des domaines de l’instruction générale et de l’instruction spécialisée qui, de nos jours, comprennent les suivants, entre autres : sensibilisation aux aspects culturels, religieux et historiques; emploi de la force; règles d’engagement, situation des réfugiés et des personnes déplacées à l’intérieur de leur pays; affaires civiles et langue; communications, structure de commandement et logistique; rapports avec les organisations internationales, les organismes non gouvernementaux (ONG) et les organismes régionaux; affaires publiques; formation médicale propre à l’environnement; entraînement tactique dans les opérations; collecte de renseignements; médiation; négociation; emploi de la technologie; intégration des femmes. Les principes de l’éthique sont inculqués dans une bonne partie du programme d’instruction offert, comme les valeurs qui nous incitent à aider les populations vulnérables. Les populations vulnérables sont les personnes, prises individuellement ou collectivement, qui risquent plus que la population générale de subir des préjudices ou de se faire imposer des conditions qui auront pour effet de diminuer leur qualité de vie30. D’aucuns pourraient soutenir, après avoir examiné la liste des domaines étudiés, qui change constamment, que les compétences acquises sont celles qui sont nécessaires pour mener à bien la plupart des opérations militaires du XXIe siècle, et non pas seulement les opérations de soutien à la paix. De plus, la doctrine des FAC sur les opérations de soutien à la paix, qui a été établie depuis la diffusion du Rapport d’enquête sur la Somalie et qui a été actualisée au cours de la dernière décennie, est toujours pertinente et fait régulièrement l’objet d’un examen approfondi31.

Les recommandations de la Commission d’enquête sur la Somalie portant sur l’institutionnalisation de la formation sur les opérations de soutien à la paix au Canada et sur l’aide à apporter à d’autres pays en ce qui a trait à la capacité de formation sur les opérations de soutien à la paix ont donné lieu à l’établissement du Centre de formation pour le soutien de la paix (CFSP), en 1996. Dans son rapport, la Commission d’enquête sur la Somalie a salué la création du CFSP et son lien avec les centres des leçons retenues établis par l’Armée canadienne. Elle indique que le CFSP et les centres « devraient aider à répondre aux besoins concernant la coordination de la formation, la production de manuels de formation, et la mise à jour du contenu et des normes de façon plus systématique que par le passé ». Le CFSP a reçu le mandat non seulement d’offrir la formation préalable au déploiement sur les opérations de soutien à la paix, mais aussi d’aider les organismes canadiens et d’autres pays à assurer une formation sur les opérations de soutien à la paix. Le CFSP, dont la mission s’est élargie depuis le début, fournit une formation individuelle particulière aux membres des Forces canadiennes, au personnel d’autres ministères et aux militaires de pays étrangers. Dans le cadre de son mandat, il permet à des pays étrangers d’augmenter leur capacité de mener des opérations de soutien à la paix (1) en participant activement à des conférences tenues à l’étranger ou au pays; (2) en envoyant des instructeurs dans d’autres pays pour les aider à fournir la formation requise et à bâtir leur capacité; (3) en formant des instructeurs et des stagiaires étrangers au Canada. La formation offerte est étroitement liée aux objectifs du gouvernement du Canada et répond aux exigences de l’ONU et de l’OTAN. Par exemple, le cours signature du CFSP intitulé « Expert militaire des Nations Unies en mission » permet aux participants d’acquérir les connaissances transmises dans le cadre de l’instruction de base préalable au déploiement de l’ONU. L’ONU a certifié la conformité du cours à ses exigences à la fin des années 1990, et procède au renouvellement du certificat tous les cinq ans. De plus, le CFSP est le centre d’excellence de la formation sur les opérations de soutien à la paix du Canada, et il est également chargé d’offrir des cours sur les activités d’influence, sur les opérations d’information, sur les opérations psychologiques et sur la coopération civilo-militaire. Le CFSP, qui est une petite unité dont l’effectif est d’environ 60 personnes, a recours à du personnel de renfort de l’AC pour offrir ses cours et fournit une énorme capacité institutionnelle interarmées, qui dépasse largement sa capacité compte tenu de sa taille32.

Photo du CIIFC/MDN LX2007-0724d

Une présentation dynamique au Centre de formation pour le soutien de la paix à Kingston (Ontario), le 11 septembre 2007.

Le lieutenant-colonel Brian Healey, commandant actuel du CFSP, a résumé avec éloquence la complexité des changements apportés depuis le déploiement en Somalie, particulièrement en ce qui concerne les programmes d’études et de formation des FAC sur les opérations de soutien à la paix : « L’époque où il suffisait de remplacer son casque par un béret bleu est révolue33 ». Dans le contexte de la sécurité du XXIe siècle, les pays ont l’obligation, à l’échelle tant nationale qu’internationale, d’anticiper une myriade de crises et de confits, de s’y préparer et de les gérer. Ils doivent employer des ressources et des forces militaires pour contrer ou pour gérer un large éventail de menaces et d’exigences, dans un contexte allant de la guerre classique à la guerre asymétrique, en plus de mener une gamme d’opérations de soutien à la paix. Par conséquent, les propos de Healey semblent plus pertinents que jamais. Les FAC doivent être une force militaire adaptable et capable de répondre aux besoins tant au pays qu’à l’étranger, dans le contexte de collaboration multiorganisme requis pour mener des opérations militaires unifiées. À la suite de l’affaire de la Somalie, il était certes nettement plus pertinent d’établir les structures requises pour assurer l’éducation, l’instruction et le développement des capacités que de répondre, sans plus, aux besoins des opérations de soutien de la paix, mais il faut dire que les structures mises en place permettent aux FAC de concevoir et d’appliquer des solutions viables en matière de sécurité, pour les Canadiens et pour leur gouvernement, tout en exerçant tous les types d’activités militaires. Bien que certains ne soient pas du même avis, les changements apportés aux programmes d’études et d’instruction au cours des 25 dernières années auront permis aux FAC de mieux gérer les problèmes mal circonscrits et complexes que posent les opérations de soutien à la paix et les autres types d’opérations dans l’environnement de sécurité actuel et futur34. Grâce à leur reprofessionnalisation et aux expériences qu’elles ont vécues récemment en Afghanistan et en Iraq, les FAC disposent de forces dirigées avec compétence et représentant adroitement le Canada, tant au pays qu’à l’étranger.

J’aimerais remercier le colonel Tod Strickland, C.D., le lieutenant-colonel Colin Magee, C.D., Ph. D., M. Chris Kilford, C.D., Ph. D., et Mme Lindsay Coombs pour leur regard critique et les conseils qu’ils m’ont donnés au cours de la rédaction du présent article.

Notes

  1. Canada, Un héritage déshonoré : Les leçons de l’affaire somalienne, Rapport de la Commission d’enquête sur le déploiement des Forces canadiennes en Somalie, volume 2 [5 volumes], Ottawa, Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, 1997, p. 686.
  2. Voir David Bercuson, Significant Incident: Canada’s Army, the Airborne and the Murder in Somalia, Toronto, McClelland and Stewart Inc., 1996.
  3. Les « Forces canadiennes » (FC) ont pris le nom de « Forces armées canadiennes » (FAC) en 2013.
  4. Voir Donna Winslow, « Misplaced Loyalties: The Role of Military Culture in the Breakdown of Discipline in Two Peace Operations », dans Journal of Military and Strategic Studies, vol. 6, no 3, 2004, p. 345-367.
  5. Allen G. Sens, La Somalie et l’évolution du maintien de la paix : les conséquences pour le Canada. Étude préparée pour la Commission d’enquête sur le déploiement des Forces canadiennes en Somalie, Ottawa, Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, 1997, p. 126-127; Canada, Un héritage déshonoré, vol. 1, p. 168-170; Canada, Un héritage déshonoré, volume 2, p. 621-730.
  6. Voir David J. Bercuson, « Renaître de ses cendres : la reprofessionnalisation des Forces armées canadiennes après l’affaire somalienne », dans la Revue militaire canadienne, vol. 9, no 3, 2009, p. 31-39, à l’adresse http://www.journal.forces.gc.ca/vo9/no3/06-bercuson-fra.asp. Document consulté le 4 juillet 2017.
  7. Canada, Ministère de la Défense nationale (MDN), Protection, Sécurité, Engagement : la politique de défense du Canada, juin 2017, p. 54-55, 84 et 91-92, à l’adresse http://dgpaapp.forces.gc.ca/fr/politique-defense-canada/docs/rapport-politique-defense-canada.pdf. Document consulté le 6 juin 2017.
  8. Voir A. Walter Dorn et Joshua Libben, « Unprepared for Peace? The Decline of Canadian Peacekeeping Training (and What to Do About It) », Centre canadien de politiques alternatives et Institut Rideau sur les affaires internationales, février 2016, à l’adresse http://walterdorn.net/pdf/Unprepared-for-Peace_Cdn-Pkg-Trng_Dorn-Libben_2016.pdf. Document consulté le 14 février 2017; Murray Brewster, « Canadian military ill-prepared for modern peacekeeping : Report – The Trudeau government has promised to get Canada back into peacekeeping », CBC News – Politics, 2 février 2016, 9:14 PM ET, à l’adresse http://www.cbc.ca/news/politics/canadian-military-ill-prepared-for-modern-peacekeeping-report-1.3429938. Document consulté le 4 juillet 2017, s.l.
  9. L’inscription « In the Service of Peace » [au service de la paix] figure au revers des médailles de l’ONU. Le ruban auquel est suspendue la médaille est propre à la mission pour laquelle la médaille a été décernée.
  10. Le maintien de la paix est l’exercice, généralement par des militaires, d’activités fondées sur les principes du consentement, de l’impartialité et du recours minimal à la force, dont l’objet est d’établir une paix durable. Les opérations de soutien à la paix consistent en un large éventail d’actions menées par des forces expéditionnaires militaires et policières afin de prévenir, circonscrire et gérer un conflit violent, et aux fins de la reconstruction à la fin du conflit. Alex J. Bellamy et Paul D. Williams, avec Stuart Griffin, Understanding Peacekeeping, 2e édition, Malden, Mass., Polity Press, 2010, réimpression, 2011; les définitions se trouvent respectivement aux pages 173-175 et 18.
  11. Jocelyn Coulon et Michel Liégeois, Qu’est-il advenu du maintien de la paix? : l’avenir d’une tradition, Calgary, Alb., Institut canadien de la défense et des affaires étrangères, janvier 2010, p. 43.
  12. Le gouvernement actuel a explicitement fait état de son engagement à l’égard du maintien de la paix dans les mois qui ont suivi sa victoire électorale, en 2015, « “We’re back” says Justin Trudeau at Ottawa rally », The Canadian Press video, 1:31, 20 octobre 2015, à l’adresse http://www.sachem.ca/videopopup/5970582?popUp=true. Document consulté le 4 février 2017; Canada, Premier ministre, « Lettre de mandat du ministre de la Défense nationale », publiée le 13 novembre 2015, à l’adresse http://pm.gc.ca/fra/lettre-de-mandat-du-ministre-de-la-defense-nationale. Document consulté le 11 janvier 2016, s.l.; Canada, Gouverneur général, Réaliser le vrai changement : Discours du Trône ouvrant la première session de la quarante-deuxième législature du Canada, Canada, Sa Majesté la Reine du Chef du Canada, 2015, à l’adresse https://www.canada.ca/content/dam/pco-bcp/documents/pm/discours_du_trone.pdf. Document consulté le 4 février 2017, p. 7; voir également Canada, MDN, Protection, Sécurité, Engagement : la politique de défense du Canada, juin 2017, à l’adresse http://dgpaapp.forces.gc.ca/fr/politique-defense-canada/docs/rapport-politique-defense-canada.pdf. Document consulté le 6 juin 2017, p. 54-55, 84, et 91-92.
  13. Henry Kissinger, L’ordre du monde, Paris, Fayard, 2016, chapitre premier; Henry Kissinger, Diplomatie, Paris, Fayard, 1996, p. 12, 48-50, 55 et 734-735.
  14. Canada, DND, Direction – Histoire et patrimoine (DHP), « Base de données des opérations », à l’adresse http://www.cmp-cpm.forces.gc.ca/dhh-dhp/od-bdo/index-fra.asp. Document consulté le 4 février 2017, s.l.
  15. Nations Unies, Charte des Nations Unies, 1945, à l’adresse http://www.unesco.org/education/pdf/CHART_F.PDF. Document consulté le 5 février 2015, p. 11-15; Canada, MDN, DHP, « Base de données des opérations », s.l. Également, le chapitre VIII de la Charte des Nations Unies prévoit l’utilisation d’accords régionaux pour le maintien de la paix. Bien que le Canada n’ait pas vraiment contribué sur le plan militaire aux missions menées aux termes du chapitre VIII à la suite de la participation des pays occidentaux aux opérations menées en Afghanistan et en Iraq, l’idée de travailler aux côtés d’organismes régionaux, en partenariat avec eux ou par leur intermédiaire plutôt que de créer des mesures d’intervention dirigées par des pays occidentaux pourrait faire son chemin dans bon nombre de secteurs. Nations Unies, Charte des Nations Unies, p. 15.
  16. Les noms des opérations mentionnées dans le présent article, comme Python, ont été donnés par le Canada. Voir Canada, MDN, DHP, « Base de données des opérations », s.l.; Nations Unies, Département de l’information des Nations Unies, Les casques bleus : les opérations de maintien de la paix des Nations Unies, 3e édition, New York, Département de l’information des Nations Unies, 1996, p. 280-286; Canada, Un héritage déshonoré, vol. 1, p. 271-273 et 252-254; Canada, Un héritage déshonoré, vol. 2, p. 762-763.
  17. Canada, Un héritage déshonoré, vol. 1, p. 271-273, 289-292, 320 et 372-374.
  18. Canada, Un héritage déshonoré, vol. 2, p. 622-623.
  19. Voir « Casualties in Peacekeeping Operations 1950-1980 », 82/222, Archives de la DHP, Ottawa, MDN; « BGen Angle DSO Harry Herbert », dans Roll Call Of Honour, à l’adresse http://www.honourthem.ca/masterDetail.cfm?ID=201. Document consulté le 4 juillet 2017.
  20. John A. Munro et Alex I. Inglis, Mike: The Memoirs of the Right Honourable Lester B. Pearson, PC, CC, OM, OBE, MA, LLD, volume 2, 1948-1957, Toronto, University of Toronto Press, 1973, p. 244-278; Canada, MDN, DHP, « Base de données des opérations », s.l.
  21. Colonel G.W.L. Nicholson, « Report No. 94, Historical Section Army Headquarters, Canadian participation in UNEF », Ottawa, ministère de la Défense nationale, 1er juin 1961, p. 40-43.
  22. Voir les annexes du document « CFHQ S 3451-3 (DI Plans) Meeting of Military Experts to Consider the Technical Aspects of Peace-Keeping Operations Ottawa 2-6 Nov 64, 9 Nov 64 », de même que les documents utilisés à la réunion, 75/314, Archives de la DHP, Ottawa, MDN, citation tirée de la pièce jointe intitulée « Organization and Training of the Stand-By Battalion », p. 5.
  23. Pièce « Papers From Contributors to the Study of Professionalism in the Canadian Forces », annexe B, « Canada’s Military Involvement in United Nations Peace-Keeping Activities in the Seventies », Leland M. Goodrich, Département des études internationales, Université de Toronto, mai 1971, jointe à « NDC 1150-1/2 CDS Study Seminar – 14-16 Oct 71 Fort Frontenac, 19 August 1971 », vol. I, 87/25, p. 10-12.
  24. Témoignage du général Jean Victor Allard devant le « Comité permanent de la défense de la Chambre de communes – 21 juin 1966 », p. 306, cité dans Dan G. Loomis, The Somalia Affair: Reflections on Peacemaking and Peacekeeping, édition revue, Ottawa, DGL Publications, 1997, p. 35; général Paul D. Manson, « Peacekeeping in Canadian Foreign and Defence Policy », dans Revue canadienne de défense, vol. 19, no 1, été 1989, p. 8.
  25. Voir Canada, MDN, Le leadership militaire canadien au XXIe siècle (L’officier en 2020) : Orientation stratégique à l’intention du Corps des officiers et du système de perfectionnement professionnel des officiers des Forces canadiennes, février 2001, p.i.; « Foreword », Allan English, Understanding Canadian Military Culture, Montréal & Kingston, McGill Queen’s University Press, 2004; Canada, Le Canada face au défi du maintien de la paix dans une ère nouvelle, Rapport du Comité sénatorial permanent des affaires étrangères, février 1993, 94/183, Archives de la DHP, Ottawa, MDN, p. 70-75; Canada, document 4500-1 du sous-chef d’état-major de la Défense, Training Requirements for Peacekeeping Missions, 29 décembre 1993, 94/18, Archives de la DHP, Ottawa, DND; voir également l’exposé dans Bercuson, « Renaître de ses cendres », dans la Revue militaire canadienne, p. 31-39; citation tirée de Canada, Ministère de la Défense nationale, Directive pour la création de l’Académie canadienne de la Défense (La charte de l’Académie canadienne de la Défense), mars 2004, p. 1.
  26. Voir Dorn et Libben, « Unprepared for Peace? »
  27. Canada, Sénat du Canada, Le Canada face au défi du maintien de la paix dans une ère nouvelle, p. 12.
  28. Canada, Un héritage déshonoré, vol. 2, p. 624-626.
  29. À l’époque, le sous-chef d’état-major de la défense veillait à toutes les opérations des FC. En 2006, les responsabilités liées à la gestion et à la surveillance de toutes les opérations ont été transférées au Commandement de la Force expéditionnaire du Canada et à Commandement Canada. Celui-ci a pris en charge les activités internationales et le Commandement de la Force expéditionnaire a pris en charge les opérations nationales. Plus tard, soit en 2012, ces deux commandements ont été fusionnés au moment de la formation du Commandement des opérations interarmées du Canada (COIC), qui est responsable de l’emploi de toutes les forces opérationnelles. La MRC, l’AC, l’ARC et d’autres générateurs de forces ont pour mandat de générer des forces militaires entraînées en vue de leur affectation à des missions, pour le COIC. Voir colonel Bernd Horn et Bill Bentley, Ph. D., avec un avant-propos de Roméo Dallaire, Forced to Change : Crisis and Reform in the Canadian Armed Forces, Toronto, Dundurn, 2015; Trista L. Grant-Waddell, « “Soldiers First” : The Evolution of Training for Peacekeeping in the Canadian Forces, 1956-2000 », thèse de doctorat, Université Western Ontario, London, 2014, à http://ir.lib.uwo.ca/cgi/viewcontent.cgi?article=3438&context=etd. Document consulté le 16 février 2017.
  30. Canada, MDN, Centre des leçons retenues de l’Armée, Dépêches : L’entraînement en vue des opérations, vol.3, no 1, février 1996; Canada, MDN, Centre des leçons retenues de l’Armée, Dépêches : L’entraînement en vue des opérations, vol. 3, no 2, avril 1996; Canada, MDN, Centre des leçons retenues de l’Armée, Dépêches : Les opérations dans l’ancienne République de Yougoslavie, vol. 4, no 1, septembre 1996; Canada, MDN, Centre des leçons retenues de l’Armée, Dépêches : Le droits des conflits armés, les opérations de soutien de la paix et vous, vol. 4, no 2, mars 1997; Canada, MDN, Centre de formation pour le soutien de la paix, CAF Peace Support Operator Course Curriculum In Comparison To UN CPTM, septembre 2013; Canada, MDN, Quartier général du Centre de doctrine et d’instruction de l’Armée canadienne, « Briefing Note For Commander CADTC : How the Peace Support Training Centre Trains Soldiers So They Are Prepared To Support Vulnerable Populations », 7 mars 2017, p. 1; lieutenant-colonel Brian Healey, entrevue avec l’auteur, Centre de formation pour le soutien de la paix (CFSP), Kingston, Ontario, 9 juin 2017.
  31. Voir Canada, MDN, Quartier général du Centre de doctrine et d’instruction de l’Armée canadienne, « Briefing Note For Comd CADTC : Assessment Of CA Peacekeeping Doctrine », 16 mars 2016; entrevue de Healey.
  32. Canada, Un héritage déshonoré, vol. 2, p. 700-701; Canada, MDN, « Peace Support Training Centre : PSTC_History.f, L’histoire du Centre de formation pour le soutien de la paix », 10 juin 2015, à l’adresse http://acims.mil.ca/trg/PSTC/SitePages/PSTC_History_f.aspx. Document consulté le 27 janvier 2017, s.l.; le Centre Pearson pour le maintien de la paix, qui a été établi durant la même période pour la formation collective de civils, de militaires et de policiers, a fermé en décembre 2013, faute de financement de l’État. Dorn et Libben, « Unprepared for Peace? », p. 7; Canada, Sénat du Canada, Le Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et la défense – Témoignages, 21 septembre 2016, à l’adresse https://sencanada.ca/fr/Content/Sen/committee/421/secd/52754-f. Document consulté le 6 juillet 2017, s.l.; entrevue de Healey.
  33. Entrevue de Healey.
  34. Pour avoir de l’information sur les milieux en conflit, voir les articles récents de Matthew Fisher, « For Trudeau, a UN mission in Africa appears ever more daunting : The Liberals could not have picked a worse time to be considering a blue beret – or more accurately, a blue helmet - mission in Africa », dans National Post, 5 juillet 2017, 4:00 PM EDT, à l’adresse http://nationalpost.com/g00/news/world/matthew-fisher-for-trudeau-a-un-mission-in-africa-appears-ever-more-daunting/wcm/b020a62c-fad5-4892-ae14-72109591a7d8?i10c.referrer=https%3A%2F%2Fwww.google.com%2F, document consulté le 6 juillet 2017, s.l., et de Lew MacKenzie, « Looking for a sweet peacekeeping spot in Africa? Don’t do it », dans RCMI SITREP : The Journal of The Royal Canadian Military Institute, vol. 76, no 6, novembre/décembre 2016), à l’adresse http://www.rcmi.org/Library-and-Museum/Publications/SITREP/SITREP-2015_(1)/2016-06_Sitrep.aspx, document consulté le 6 juillet 2017, p. 7-8.


Photo du MDN IS2009-8499-19, par le caporal Shilo Adamson

Le major Justin Schmidt-Clever, chef de l’information logistique et officier rapporteur de la mission, toujours en cours, des Nations Unies Minustah, montre à un enfant de l’orphelinat (Compassion Orphanage) comment utiliser l’un des nombreux yoyos remis aux orphelins à Port-au-Prince, en Haïti, octobre 2009.