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Critiques de livres

The Gallant Hussars: A History Of The 1st Hussars Regiment 1856 – 2004

par Michael R. McNorgan
First Hussars Cavalry Fund, London (Ontario)
359 pages, 69,95 $

Compte rendu de John Marteinson

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Une couverture de livreCet ouvrage du major Michael McNorgan, qui s’ajoute au nombre sans cesse croissant d’études sur l’histoire des régiments canadiens, est une superbe histoire illustrée du Premier Régiment de hussards, basé à London, en Ontario. Ce magnifique volume complète deux ouvrages antérieurs sur cette illustre unité de cavalerie et unité blindée en présentant des données supplémentaires et plusieurs centaines de photos, dessins, cartes et graphiques particulièrement bien choisis.

L’origine du Premier Régiment de hussards est la création, en 1856, de deux troupes de cavalerie indépendantes, à St. Thomas et à London. Fusionnées en 1867 sous le nom d’« Escadron de St. Thomas et de London du Canada », elles ont été appelées à servir lors des raids des Fenians de 1870. En 1872, l’unité a été élargie et rebaptisée « Premier Régiment de cavalerie ». (Ce nom n’avait rien à voir avec l’ancienneté au sein des corps de cavalerie canadiens : le numéro des régiments de cavalerie correspondait à celui du district militaire où ils étaient basés.) Elle a reçu le nom officiel de « hussards » (cavalerie légère) en 1888, mais cela n’a rien changé, sauf en ce qui concerne l’uniforme, car toutes les unités de cavalerie canadiennes devenaient progressivement des corps de fusiliers montés.

L’auteur capte l’intérêt du lecteur dès le premier chapitre en décrivant les nombreux obstacles auxquels s’est heurtée cette cavalerie de volontaires à une époque où le soutien du gouvernement était minimal et où les normes d’entraînement relativement élevées étaient établies au fil des années par des officiers et des sous-officiers dévoués. Le deuxième chapitre traite de la contribution considérable du Premier Régiment de hussards aux contingents canadiens qui ont servi lors de la guerre des Boers et qui ont valu au régiment ses premiers honneurs de guerre officiels.

Au tout début de la Première Guerre mondiale, Sam Hughes, ministre de la Milice et de la Défense, ayant perfidement abandonné le plan de mobilisation en vigueur, les membres du Premier Régiment de hussards ont formé le gros d’une nouvelle unité baptisée « Septième Unité de fusiliers montés canadiens ». L’un des officiers, un récent diplômé du Collège militaire royal du Canada dénommé Billy Bishop, se verrait plus tard décerner la Croix de Victoria pour ses exploits de pilote de chasse. À l’instar de la plupart des unités recrutées au Canada à cette époque, la Septième Unité de fusiliers montés a été dissoute au printemps 1915 afin d’envoyer des renforts aux unités qui étaient au front. Néanmoins, l’un de ses escadrons était devenu entre-temps l’escadron divisionnaire de cavalerie de la Deuxième Division canadienne. En mai 1916, les quatre escadrons divisionnaires de cavalerie ont été fusionnés au sein du Régiment de cavalerie du Corps d’armée canadien, rebaptisé par la suite « Cavalerie légère canadienne ». L’escadron B de la Cavalerie légère, qui était considéré comme l’émanation directe du Premier Régiment de hussards, a ainsi valu au régiment ses premiers honneurs de guerre. La Cavalerie légère canadienne s’est distinguée à la bataille de Vimy, en 1917, et surtout lors des Cent-Jours, à la fin de 1918, où les Canadiens, avec le concours des Alliés, ont poursuivi les armées allemandes en déroute.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale a éclaté, le Premier Régiment de hussards a été l’un des deux seuls régiments de cavalerie canadiens mobilisés pour un service actif. Il deviendra l’unité divisionnaire de cavalerie (de reconnaissance) de la Première Division canadienne. À juste titre (les unités de cavalerie étaient devenues totalement obsolètes 20 ans plus tôt), le régiment n’a pas accompagné la Division en Angleterre, à l’automne 1939. Au cours des années suivantes, il a été affecté au Corps blindé canadien, qui était en plein essor. Il est devenu une unité prestigieuse, l’une des meilleures unités de chars d’assaut canadiennes ayant servi durant la guerre. Au total, 12 des 21 chapitres du livre relatent les exploits du régiment à l’entraînement et lors d’opérations menées entre 1939 et 1945.

Dans le cadre d’un bref compte rendu, il est difficile de se concentrer sur l’une ou l’autre des actions mémorables du Premier Régiment de hussards, car elles sont nombreuses. Le régiment a été l’une des trois unités de chars d’assaut canadiennes à participer au débarquement du jour J, en Normandie, le 6 juin 1944, pour appuyer la Troisième Division canadienne et l’un des deux régiments blindés, dont les chars amphibies Duplex Drive, qui étaient très secrets, ont accosté sur les plages normandes à l’heure H ce même jour. Cinq jours plus tard, au cours de l’incursion terrestre visant à élargir la tête de pont, les hussards, accompagnés d’une compagnie des Fusiliers de la Reine, ont vécu leurs pires moments en se battant pour prendre le contrôle du village de Le Mesnil-Patry : 37 de leurs chars ont été détruits et 13 autres, endommagés. Vu la perte d’un grand nombre d’officiers et de sous-officiers, on n’a jamais très bien su comment s’était déroulée cette offensive. Le major McNorgan fait donc ce que tout bon historien a dû faire en analysant une bataille dont on ne connaît avec certitude que le plan, le point de départ et le résultat : grâce à une recherche minutieuse, il a pu recréer, sur la base de preuves concluantes et crédibles, le déroulement des événements de ce jour funeste. Je me suis moi-même entretenu avec l’un des vétérans de cette bataille, qui affirme que l’explication donnée par McNorgan a dissipé plus de 50 années de doutes et d’incertitudes. C’est une véritable consécration de la part d’un des acteurs de cette bataille. L’ouvrage relate ensuite l’histoire du Premier Régiment de hussards lors de la bataille de Normandie, la prise de Calais, les opérations en Rhénanie et la libération des Pays-Bas.

Les derniers chapitres présentent l’histoire de ce régiment au cours des années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale : leurs bons et leurs mauvais moments en tant que régiment de chars de la milice, unité de reconnaissance et, de nouveau, régiment (partiellement) blindé, équipé d’un « appareil d’entraînement pour chars d’assaut » à roues. Il faut noter que le choix d’un grand nombre de photos, graphiques et cartes est particulièrement judicieux. Les cartes et les graphiques sont signés du désormais célèbre Chris Johnson.

Les ressources humaines sont, bien sûr, l’épine dorsale d’un régiment de la milice (et bien sûr d’une unité en guerre), et cet ouvrage nous parle des innombrables membres de l’unité qui, avec une loyauté à toute épreuve, ont servi le régiment pour le meilleur et pour le pire. Nous avons vraiment besoin de ce type d’ouvrages, qui constituent en quelque sorte des archives pour la postérité. Ils nous apprennent beaucoup de choses sur notre identité nationale.

Je suis assez partial, je l’admets. Il n’en reste pas moins que cet ouvrage relate la très belle histoire de l’une de nos unités les plus brillantes, et j’en recommande vivement la lecture.

On peut se procurer ce livre en s’adressant à : 1st Hussars Kit Shop, Area Support Unit London, Wolseley Barracks, 750, rue Elizabeth, London (Ontario) N5Y 4T7. Il coûte 79,95 $, frais de port (10 $) inclus.

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John Marteinson est l’ancien rédacteur en chef de la Revue militaire canadienne. Il enseigne l’histoire militaire et la politique de défense au Collège militaire royal du Canada.