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Éducation militaire

CMR

Défense nationale

Vue extérieure du mess du Collège militaire royal, Saint-Jean.

Le Collège militaire royal de Saint-Jean : 10 ans après

par Richard Carrier, Ph. D.

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La décision de février 1994

La fermeture du Collège militaire royal de Saint-Jean est annoncée lors du dépôt du budget fédéral en février 1994. Dans une tentative pour assainir les dépenses de l’État, le gouvernement de l’époque estime qu’aucun ministère, organisme ou institution n’est à l’abri. Le ministère de la Défense nationale fait alors l’objet d’importantes compressions budgétaires. Plusieurs bases et centres de recherche sont touchés1.

Imaginé et conçu pour permettre aux Canadiens français et aux Québécois de joindre les rangs des officiers canadiens, le Collège militaire royal de Saint-Jean ferme ses portes à l’été 1995. Son existence fut, dans une large mesure, un grand succès, surtout parce que l’institution a donné l’occasion aux jeunes francophones et à de très nombreux anglophones de devenir des officiers bilingues2.

À la recherche d’une solution

La fermeture du Collège a des conséquences immédiates étant donné que les Québécois qui terminent leurs études secondaires n’ont pas accès au Collège militaire royal du Canada à Kingston. L’arrimage entre le régime québécois d’études secondaires et le système universitaire ontarien est impraticable. Seules les personnes ayant terminé une année collégiale au Québec sont autorisées à faire ce pont. Ayant compris l’incidence que la fermeture du Collège entraîne, d’aucuns voient celle-ci d’un œil très intéressé. Bien sûr, les élèves-officiers de Saint-Jean sont transférés à Kingston pour y terminer leurs études. Cependant, c’est de l’avenir que l’on s’inquiète : le seul collège militaire du Canada pourrait devenir une institution où l’on forme de moins en moins de francophones.

Dans les jours suivant l’annonce de la fermeture, le doyen de l’enseignement et des services du Campus Saint-Jean et le doyen des sciences du Collège militaire royal du Canada à Kingston s’entendent sur la nécessité de mettre en place un programme préparatoire d’une année à l’intention des jeunes Québécois et des anglophones des autres provinces qui ne peuvent entrer directement à Kingston. Cette proposition reçoit l’appui du recteur et du commandant du Collège militaire royal du Canada. Cependant, il faudra attendre des mois avant qu’elle ne devienne réalité et, surtout, avant que les aléas politiques n’aient complètement disparu.

Près de un an s’écoule avant que les discussions ne donnent des résultats. Le gouvernement du Québec décide de se retirer du dossier au début de 1995 et laisse la place au Conseil économique du Haut-Richelieu, un organisme local qui traitera directement avec le gouvernement fédéral. On assiste ainsi à une certaine dépolitisation du dossier. Ce que les élites locales recherchent surtout, c’est d’assurer la survie du site de l’ancien Collège militaire royal, alors que le gouver-nement fédéral cherche un moyen de se sortir du bourbier médiatique et politique causé par la fermeture. Le ministère de la Défense nationale et les Forces canadiennes accueilleront favorablement toute solution qui garantira la présence des francophones, et des Québécois surtout, au Collège militaire royal du Canada.

Une entente d’une durée de cinq ans est signée le 17 février 1995, mettant en place une entité locale, la Corporation du campus du Fort Saint-Jean, qui assurera chaque année la formation de 100 élèves-officiers et d’un certain nombre de fonctionnaires. Les premiers suivront une année de formation collégiale, les seconds, une formation linguistique. Le Cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu est responsable de la formation collégiale offerte sur le campus3. Cette entente est conforme aux souhaits du ministère de la Défense nationale et du Collège militaire royal du Canada. Ce dernier peut ainsi tendre progres-sivement vers la vocation d’institution bilingue en ayant l’assu-rance de recevoir, année après année, un nombre non négligeable de francophones provenant principalement du Québec4.

CMR

Défense nationale

Vue aérienne du Collège militaire royal de Saint-Jean, Québec.

L’Année préparatoire et la Compagnie Fort-Saint-Jean : une solution simple et efficace

La solution proposée permet donc la création de deux nouvelles entités distinctes à l’été 1995 : l’Année préparatoire et la Compagnie Fort-Saint-Jean. L’ancien recteur du Collège militaire royal se voit confier la direction de l’Année préparatoire, et d’anciens professeurs du Collège se chargent d’assurer les cours. La direction et le corps professoral relèvent officiellement du Cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu, puisqu’il s’agit d’une année de formation collégiale reconnue. L’Année préparatoire offre à sa clientèle deux concentrations générales adaptées en sciences de la nature et en sciences humaines. Quant à la Compagnie Fort-Saint-Jean, elle est placée sous le commandement d’un officier détaché de l’École de leadership et de recrues des Forces canadiennes. La Compagnie est hébergée à la garnison de Saint-Jean5, tandis que les élèves-officiers assistent à leurs cours, en civil, sur le campus de l’ancien collège. C’est donc sous les apparences d’un bricolage organisationnel que se met en branle, dès août 1995, une solution simple et efficace. Rapidement, on comprend que l’Année préparatoire et la Compagnie Fort-Saint-Jean remplissent pleinement l’objectif souhaité.

Les lignes qui suivent présentent quelques statistiques sur les participants de l’Année préparatoire et sur les effectifs de la Compagnie Fort-Saint-Jean (devenue l’Escadron Richelieu en 1999-2000) depuis 1995. Le tableau 1 à la page suivante indique le nombre d’élèves-officiers francophones inscrits à l’Année préparatoire et qui ont suivi des cours reconnus à la session d’automne6. Le tableau 2 donne un aperçu du nombre d’élèves-officiers sortants qui vivaient hors Québec et ont fréquenté le Collège militaire de Saint-Jean.

Ces tableaux inspirent quelques commentaires7. Le premier concerne la participation des francophones à l’Année prépa-ratoire. Depuis 1995-1996, 1 254 personnes se sont inscrites à au moins une session du programme. De ce nombre, 688 étaient francophones (54,8 p. 100), soit une moyenne de 62,5 par année8. Seule une étude attentive de tous les dossiers scolaires (ou militaires) permettrait de dire exactement combien provenaient du Québec. Toutefois, on peut affirmer que la majorité des candidats québécois est francophone et que les candidats anglo-phones québécois sont, en général, des Montréalais. Les autres francophones viennent le plus souvent du Nouveau-Brunswick9. Pendant les sept premières années, les franco-phones (donc les Québécois) ont représenté à cinq occasions au moins 60 p. 100 du nombre total d’inscrits. Jusqu’en 2001-2002, les francophones comptaient toujours pour plus de la moitié des élèves-officiers.

Nombre d’élèves-officiers francophones inscrits et pourcentage des effectifs totaux

1995-1996

     65     

68 % (95)

1996-1997

62

70 % (88)

1997-1998

93

72 % (129)

1998-1999

78

62 % (124)

1999-2000

50

51 % (97)

2000-2001

65

60 % (108)

2001-2002

74

56 % (132)

2002-2003

67

47 % (142)

2003-2004

38

31 % (121)

2004-2005

43

36 % (118)

2005-2006

53

53 % (100)

Source : Année préparatoire

Tableau 1

Le deuxième commentaire met en relief quelques parti-cularités observées depuis 1995 chez les candidats des autres provinces. On remarque que, jusqu’à la fin de l’année scolaire 2001, ces candidats, presque tous anglophones, proviennent des provinces maritimes dans une proportion de 64 p. 100. Terre-Neuve domine le peloton (49), suivie du Nouveau-Brunswick (47) et de la Nouvelle-Écosse (40). Pendant la même période, seulement 38 élèves proviennent de la Colombie-Britannique, de l’Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba. Cette réalité reflète largement la situation que le Collège militaire royal a vécue à l’époque où il accueillait surtout des anglophones de l’est du pays, alors que le Royal Roads était le choix naturel des candidats de l’Ouest canadien.

Le cas de l’Ontario mérite d’être approfondi. Jusqu’en 2001, 41 candidats ontariens terminent le programme prépara-toire, soit une moyenne de 6,8 candidats par année. En chiffres absolus, cela fait de l’Ontario la quatrième province à envoyer des candidats à Saint-Jean, derrière le Québec, Terre-Neuve et le Nouveau-Brunswick. Ce nombre semble néanmoins négligeable si l’on compare la population de chacune des provinces; les Ontariens étaient donc très peu représentés au sein du programme préparatoire. Toutefois, entre août 2001 et mai 2006, le nombre de candidats ontariens à Saint-Jean a plus que triplé; de fait, il est passé de 41 à 134 et a connu une forte augmentation en 2003-2004 et en 2004-200510. Durant cette même période, le nombre de Terre-Neuviens n’a augmenté que de 17, pour atteindre un total de 66.

Nombre d’élèves sortants provenant des provinces autres que le Québec depuis 1995

Provinces

Total 1995-2001

2001-2002

2002-2003

2003-2004

2004-2005

2005-2006

Total 1995-2006

Colombie-Britannique

12

9

3

9

7

5

45

Alberta

6

2

7

13

8

4

40

Saskatchewan

13

3

4

6

4

0

30

Manitoba

7

4

4

2

1

1

19

Ontario

41

11

13

22

23

24

134

Nouveau-Brunswick

47

1

15

11

8

3

85

Nouvelle-Écosse

40

13

18

16

15

6

108

Terre-Neuve

49

6

0

4

7

4

70

Île-du-Prince-Édouard

7

0

0

3

3

0

13

Source : Escadron Richelieu

Tableau 2

Enfin, un dernier commentaire concerne la diminution des effectifs francophones, qui s’est amorcée en 1999-2000. À ce moment, il semble que les autorités chargées du recrutement ont modifié les normes de sélection. L’examen des dossiers, peu importe la provenance des candidats, se faisait de manière uniforme et absolue : un candidat ontarien possédant 13 années d’études devait répondre aux mêmes critères que le candidat québécois qui n’avait que 11 années d’études. vette manière de faire, qui n’a plus cours aujourd’hui, a sans doute causé un grave déséquilibre dans le processus de sélection et donc désavantagé les candidats québécois. Le nombre de francophones fait une montée en 2000-2001, mais chute de nouveau en 2002-2003 et encore davantage en 2003-2004. Outre la modification du système d’évaluation des dossiers, qui est peut-être un élément majeur, trois autres facteurs peuvent permettre d’élucider la question.

Le premier est lié au système de recrutement des Forces canadiennes. Les candidats québécois susceptibles de s’inscrire au programme préparatoire proviennent des écoles secondaires. Il faut donc orienter les activités de promotion vers les jeunes de 4e et de 5e secondaire et peut-être même vers ceux du premier cycle11. Jusqu’en 1995, les candidatures ont toujours été très nombreuses. La présence du Collège sur le territoire québécois et la réputation de l’institution ont sans doute joué pour beaucoup. À la suite de la fermeture du Collège, il appert que les activités de recrutement et de promotion ont été réduites et irrégulières. Pour une majorité de Québécois, aucune tentative de réparation n’est venue mitiger cette mauvaise décision, et la disparition du Collège militaire royal se présentait comme un fait final. Une telle ignorance était répandue, car il semble que bon nombre des responsables des centres de recrutement des Forces canadiennes ignoraient l’existence du programme préparatoire. Bien que ce dernier ait réussi à remplir le mandat qui avait été confié au Collège, il n’a pas pu bénéficier du prestige de son prédécesseur.

Le deuxième facteur est lié au succès même du programme mis en place en 1995. Certaines personnes avaient peut-être souhaité que l’Année préparatoire offre davantage qu’une formation destinée essentiellement à combler les besoins des francophones du Québec et ceux des bons candidats d’autres provinces qui ne satisfont pas à toutes les conditions requises pour entrer directement à Kingston. Ainsi, au fil des ans et surtout depuis 2001-2002, Saint-Jean a accueilli un nombre croissant de candidats anglophones provenant de l’extérieur du Québec (Colombie-Britannique, Alberta, Nouvelle-Écosse et Ontario). Ces derniers avaient accumulé toutes les unités requises, mais affichaient souvent de faibles résultats scolaires et espéraient donc qu’une année supplémentaire leur permettrait de rehausser leur profil. Or, d’aucuns jugeaient inutile d’accueillir les candidats hors Québec dont le dossier d’études secondaires laisse à désirer. Selon plusieurs, le programme préparatoire a comme vocation principale de permettre aux candidats québécois d’accumuler 12 années d’études et de compléter le dossier des meilleurs candidats des autres provinces.

Le troisième facteur est de nature technique. L’abolition de la 13e année en Ontario a eu un effet important sur les universités ontariennes et canadiennes. Le nombre d’excellents ou de très bons candidats ayant terminé leur 12e et leur 13e année en Ontario a de facto doublé. Dans la mesure du possible, le Collège militaire royal du Canada recevait les meilleurs candidats, mais, comme le montre le tableau 2, plusieurs ont été inscrits à l’Année préparatoire. Cela a eu pour effet de réduire les chances d’admissibilité d’un bon nombre de francophones ou de candidats d’autres provinces qui auraient normalement été admis12. Il est difficile de savoir pendant combien de temps les effets de cette transition se feront sentir.

La fermeture du Collège militaire royal de Saint-Jean a profondément miné la visibilité du ministère de la Défense nationale au Québec. Pendant des années, le programme préparatoire s’est fait discret, ce qui a nui considérablement au recrutement des jeunes diplômés des écoles secondaires québécoises. Les activités de promotion et de recrutement manquaient d’intensité et de suivi. Depuis peu, les autorités du Collège militaire royal du Canada ont pris des mesures pour corriger la situation, par exemple, en nommant un officier de liaison pour la province de Québec, qui a pour seule mission de mener des activités de promotion et de recrutement. Le programme préparatoire, après avoir passé des années dans l’ombre, est dorénavant une composante à part entière du Collège militaire royal du Canada, et son corps professoral est constitué de fonctionnaires du ministère de la Défense nationale.

Officer cadets

Défense nationale

Élèves-officiers suivant un cours de formation en langue seconde dans une salle de classe du CMR, campus de Saint-Jean.

Des possibilités d’expansion

Si le programme préparatoire a jusqu’ici accompli sa mission, il demeure que les possibilités d’expansion sont nombreuses. Dans sa formule actuelle, il devrait accueillir 140 élèves-officiers par année. Or, aucun obstacle majeur n’empêche le Campus Saint-Jean de former 175 ou 180 élèves si ce n’est la capacité d’accueil du campus de Kingston. Si l’on veut réellement que le Collège militaire royal du Canada forme un plus grand nombre d’officiers, il faudra exploiter à sa pleine capacité l’Année préparatoire et le Campus Saint-Jean. L’idée d’un quota applicable aux francophones devrait être soigneusement examinée13. Le recrutement au Québec devra être intensif, être mené intelligemment et bénéficier d’une grande visibilité. C’est l’avenir du corps d’officiers bilingues qui est en jeu.

Un peu d’imagination nous mènerait certainement bien plus loin. Le Campus Saint-Jean pourrait offrir non seulement une année d’études préuniversitaires mais aussi la première année de formation du Collège militaire royal. Deux options sont possibles : selon la première option, les candidats qui ont réussi le programme préparatoire pourraient demeurer à Saint-Jean pour poursuivre le programme universitaire pendant un an, peut-être deux. Il s’agit à court terme de la solution la plus simple et la plus économique. La seconde option, à première vue plus ambitieuse, consisterait à offrir à Saint-Jean la première année de formation universitaire à tous ceux qui entrent à Kingston. Ces deux scénarios ne posent aucun problème majeur au point de vue du programme d’enseignement ni au point de vue de la réorganisation du corps professoral. L’important est de se rappeler que ces scénarios ont un effet positif général : ils permettent d’envoyer à Kingston un plus grand nombre d’élèves-officiers de deuxième année, particulièrement des francophones du Québec, et assurent par ricochet un avenir prometteur aux programmes de deuxième et de troisième cycle. Dit autrement, l’expansion du Collège militaire royal du Canada dépend autant du Campus de Saint-Jean que de celui de Kingston14.

Les esprits tordus verront en ces propos une tentative déguisée pour plaider en faveur de la réouverture du Collège militaire royal de Saint-Jean. Il n’en est rien. L’idée de donner à ce campus une vocation scolaire plus vaste est non seulement pertinente mais souhaitable. Saint-Jean aura toujours l’immense avantage d’offrir aux anglophones qui y étudient un véritable milieu de vie francophone, une immersion dont sont privés ceux qui entrent directement à Kingston. Si les Forces canadiennes et le Collège militaire royal poursuivent des objectifs plus poussés en matière de bilinguisme, force leur est de comprendre qu’ils obtiendront de meilleurs résultats en envoyant à Saint-Jean plus d’élèves-officiers et plus de militaires d’autres rangs, peu importe le programme d’études choisi.

L’Année préparatoire, solidement ancré depuis 1995, a eu un effet indirect d’entraînement, puisqu’il souligne manifestement la présence du ministère de la Défense nationale. À l’été 2001, l’École de perfectionnement en gestion des Forces canadiennes a quitté la garnison de Saint-Jean pour s’établir sur le campus de l’ancien collège. Le Bureau des études permanentes du Collège militaire royal a installé, en septembre 2001, une antenne à Saint-Jean et y offre, encore aujourd’hui, l’enseignement en classe, la formation à distance et des services pédagogiques. Enfin, l’Académie canadienne de la Défense a choisi d’établir à Saint-Jean un centre de perfectionnement professionnel pour les membres du rang. Depuis 1995, une formation linguistique est également offerte durant l’été à des élèves-officiers. Ces activités font du ministère de la Défense nationale le client le plus important de la Corporation du campus du Fort Saint-Jean, l’entité qui assure la gestion du site. Il semble que des projets soient sur le point de se réaliser. Les années de discrétion et de torpeur tirent peut-être à leur fin.

Conclusion

Pour certains, la décision de fermer le Collège militaire royal de Saint-Jean était une erreur. Notre exposé n’avait pas pour objectif d’examiner cette question, mais plutôt d’essayer de mettre en évidence les réalisations accomplies depuis 1995. Les nostalgiques diront que ces succès ne répareront pas l’erreur ou l’injustice commise et qu’ils ne redonneront jamais au site son prestige d’antan. Peut-être. D’autres, ceux qui regardent vers l’avenir, souhaitent que l’Année préparatoire et le personnel qui assure son bon déroulement s’investissent davantage pour assurer le succès du Collège militaire royal du Canada, comme les autres entités peuvent sans doute le faire pour l’Académie canadienne de la Défense.

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Richard Carrier, Ph. D., est conférencier principal en histoire de la guerre au Campus Saint-Jean du Collège militaire royal du Canada.

Notes

  1. On doit rappeler que le Collège militaire Royal Roads a subi le même sort que le Collège militaire royal de Saint-Jean.
  2. Pour des détails au sujet du Collège militaire royal de Saint-Jean, voir Jacques Castonguay, Le Collège militaire royal de Saint-Jean. Une université à caractère différent, Sillery, Éditions du Septentrion, 1992.
  3. Cette situation change en 2000. Le Collège militaire royal du Canada, par l’intermédiaire d’un doyen associé, reprend la responsabilité de la formation scolaire dans le cadre de l’Année préparatoire.
  4. Pour en connaître davantage sur le bilinguisme dans les collèges militaires canadiens, voir Serge Bernier, « Le Collège militaire royal de Saint-Jean : la mise en marche du concept du corps d’officiers bilingues avant l’heure », sous la direction de Yves Tremblay, Roch Legault et Jean Lamarre, L’éducation et les militaires canadiens, Outremont, Athéna Éditions, 2004, p. 141-154.
  5. À partir de 1998, la Compagnie Fort-Saint-Jean passe sous le commandement du lieutenant-colonel responsable de l’École de perfectionnement en gestion des Forces canadiennes.
  6. Certains des chiffres présentés ici comportent une marge d’erreur, qui provient d’une distorsion entre les chiffres de l’unité militaire (Compagnie Fort-Saint-Jean et Escadron Richelieu) et ceux de l’Année préparatoire. La première comptabilise les personnes qui font partie des Forces canadiennes, alors que le second ne prend en compte que ceux et celles qui ont été officiellement inscrits au programme. En général, l’écart entre les deux se limite à quelques élèves par année, donc l’équivalent de quelques dizaines depuis 1995-1996.
  7. Au-delà de ces commentaires, il faudrait mener une vaste étude sociologique sur le recrutement des élèves-officiers inscrits au programme préparatoire (et peut-être sur le recrutement de ceux ayant fréquenté le Collège militaire royal du Canada).
  8. Avant la fermeture du Collège militaire royal de Saint-Jean, le programme préparatoire comptait, en moyenne, plus de 200 élèves, dont 75 p. 100 étaient francophones.
  9. À quelques reprises, le programme a aussi accueilli des francophones de l’Ontario.
  10. 2003-2004 est l’année de la double cohorte en Ontario, celle qui suit la décision d’abolir la 13e année d’études secondaires. La tendance semble se poursuivre : au début de l’année scolaire 2005-2006, 23 candidats ontariens sont inscrits à l’Année préparatoire.
  11. Pour de l’information à ce sujet, voir le texte de Pierre Laviolette, doyen associé au Collège militaire royal du Canada, intitulé Le recrutement de francophones et l’Année préparatoire. Il s’agit d’un document interne non classifié.
  12. En 2003-2004, année de la double cohorte en Ontario, 22 candidats de cette province se sont inscrits à l’Année préparatoire.
  13. Certains croient que ce quota pourrait être établi à 66 p. 100.
  14. C’est un constat irréfutable : le campus de Kingston a atteint sa pleine capacité d’accueil. Dans cette perspective, Saint-Jean offre un formidable potentiel à titre de campus secondaire.

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