Personnel militaire

Des soldats se serrent la main.

Photo © DND/MDN Canada

Transition de la vie militaire à la vie civile : regard sur la dernière étape de la carrière militaire

par Dave Blackburn

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Titulaire d’un doctorat en sciences sociales avec une spécialisation en sociologie de la santé et d’une maîtrise en service social, le professeur Dave Blackburn poursuit ses activités professionnelles à l’Université du Québec en Outaouais (UQO) – Campus de Saint-Jérôme, où la santé mentale et l’intervention psychosociale chez les militaires et les anciens combattants sont au cœur de ses travaux de recherche. Il a été officier en travail social et il a obtenu en 2014 sa libération volontaire avec le rang de major.

Introduction

Tous les militaires des Forces armées canadiennes (FAC) arrivent un jour ou l’autre à l’heure inévitable de la libération. Pour certains, il s’agira d’une libération volontaire, car de nouvelles possibilités professionnelles s’offrent à eux. Pour d’autres, il s’agira d’une libération pour des raisons de santé, car leur état physique ou mental fait en sorte qu’ils ne répondent plus aux critères d’universalité du service1. En vertu de ces critères « […] les militaires doivent être en bonne condition physique, aptes au travail et déployables pour aller effectuer des tâches opérationnelles générales »2. Il y a aussi des militaires qui obtiendront une libération pour service terminé, étant donné qu’ils ont atteint l’âge obligatoire de la retraite ou qu’ils ont achevé la période de service requis. Dans le pire des cas, certains militaires seront « poussés » vers la libération en raison d’inconduite ou encore de service non satisfaisant. Il existe donc une série de motifs pouvant mener un militaire à la libération des FAC3.

Pour le militaire de carrière, la démarche libératoire et
transitoire de la force armée à laquelle il appartient et s’identifie est une période particulièrement stressante et complexe; en effet, cette démarche touche une multitude de dimensions, autant personnelles, sociales, familiales, financières qu’administratives, qui peuvent influer positivement ou négativement sur l’expérience que vivra le militaire4,5,6,7,8,9. En fait, selon Coll et Weiss, éminents chefs de file dans le domaine du travail social militaire, « [l]a transition de la vie militaire à la vie civile peut être une tâche ardue, et pour beaucoup de gens, il s’agit d’une période de confusion10 ». Ainsi, pour certains militaires, la transition est une période difficile à traverser; pour d’autres, toutefois, elle se fait en douceur et sans véritables heurts. L’expérience libératoire et transitoire est propre à chaque personne11.

Bien que le ministère des Anciens Combattants du Canada (ACC) juge que la majorité des libérations semblent bien se dérouler, il n’en demeure pas moins que plusieurs difficultés et défis sont reconnus. En effet, une étude d’ACC avance ceci : « Les deux tiers (62 pour 100) des vétérans de la Force régulière des FAC qui ont été libérés du service militaire entre 1998 et 2007 ont déclaré que leur transition à la vie civile avait été facile, tandis qu’un quart (25 pour cent) des répondants ont indiqué que leur transition à la vie civile avait été difficile. »12 Cette dernière statistique est très révélatrice, car elle montre qu’un militaire sur quatre vivra avec difficulté le processus transitoire de la vie militaire à la vie civile. Bien entendu, les difficultés peuvent être causées par divers facteurs, elles peuvent prendre différentes formes, avoir des niveaux variables d’intensité, et les solutions peuvent être multiples. Il n’en demeure pas moins que certains militaires, devenus des anciens combattants, subiront les conséquences de cette transition difficile et pourront se retrouver avec de graves problèmes psychosociaux, comme l’itinérance, la dépendance aux substances intoxicantes, la pauvreté, le chômage, le suicide, la criminalité, l’incarcération ou encore des problèmes de santé mentale13 14 15.

Les problèmes psychosociaux que nous venons d’énumérer découlent d’une démarche transitoire non réussie par le militaire. Il s’agit d’une inadaptation sociale aux réalités du retour à la vie civile. Dernièrement, une étude a été effectuée pour recenser le nombre de personnes qui se trouve en situation d’itinérance à Montréal. Sur les 3 016 personnes dénombrées, 6 pour 100 étaient d’anciens combattants (181 personnes)16. Ces chiffres sont semblables à ceux obtenus en 2013 à Toronto (7 pour 100) et en 2014 à Ottawa (près 140 personnes)17. En janvier 2016, Emploi et Développement social Canada a recensé au moins 2 250 vétérans en situation d’itinérance au Canada18 19. Ces proportions sont supérieures à la représentation des anciens combattants au sein de la population générale canadienne, qui est d’environ 2 pour 100. À la lumière de ces faits, il y a lieu de croire qu’en investissant dans la préparation des militaires à la transition de la vie militaire à la vie civile, la démarche transitoire serait vécue avec moins de difficultés.

Cet article propose un regard approfondi sur la période qui précède la libération des FAC. Il s’agit d’une période charnière dans la démarche transitoire des militaires qui peut s’échelonner de quelques jours (dans le cas des libérations volontaires) à quelques années (dans le cas des libérations pour des raisons de santé). Comme la durée de cette période est grandement variable, il s’avère quasi impossible d’élaborer un programme transitoire général qui inclurait tous les types de libération. Par conséquent, les FAC doivent considérer toutes les libérations comme des entités individuelles. Notre intention est donc de vous présenter une réflexion et une discussion sur la dernière étape de la carrière militaire ainsi qu’une modélisation de la démarche transitoire de la vie militaire à la vie civile.

Militaire et travailleuse sociale.

Photo du MDN/SMA (AP)

La carrière militaire

Il faut reconnaître que la trajectoire d’une carrière militaire est propre à chacune des femmes et à chacun des hommes qui endossent l’uniforme. Plusieurs facteurs influeront sur le cheminement d’une telle carrière. Parmi ceux-là, il y a le choix du métier, le rendement obtenu à chacune des phases de qualification, les occasions de progression dans le métier, l’ouverture aux affectations et aux déploiements, les réalités familiales, les affinités avec la chaîne de commandement, l’état de préparation individuelle, l’état de santé physique et mentale et la durée de la carrière. Il s’avère donc difficile de tracer une trajectoire de carrière et de progression qui serait propre à un groupe de militaires ou à un métier donné. Il n’en demeure pas moins qu’il est possible de tracer un plan que l’on pourrait dire « typique » de la carrière militaire, entre le moment du recrutement et celui de la retraite, en tenant pour acquis qu’une carrière devrait s’étaler sur 25 ans20. La figure 1 est proposée par le ministère de la Défense nationale21 et fait ressortir la trajectoire typique d’une carrière militaire

Ministère de la Défense nationale, 2013

Figure 1 – Trajectoire typique d’une carrière militaire

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Ce que la figure 1 n’illustre pas est la disproportion qui existe entre les investissements du ministère de la Défense nationale et des FAC à l’égard d’un candidat lors du recrutement comparé aux investissements à l’égard d’un militaire pour sa retraite, sa libération. En effet, si le civil passera par de nombreuses étapes pendant le recrutement, dont un séjour de 12 à 15 semaines à l’École de leadership et des recrues des FAC, le militaire, quant à lui, qui peut avoir donné 5, 10, 15, 20, 25 ou même jusqu’à 35 ans de sa vie à l’organisation, n’aura droit qu’à une rencontre de quelques heures pour sa libération. Cette disproportion s’explique difficilement puisque les défis d’adaptation semblent plus complexes dans le cadre du retour à la vie civile et que les ressources d’aide dans ce cas sont disparates. Un autre aspect important qui devrait justifier un investissement considérable est qu’au moment de la libération, les militaires sont généralement en moins bonne santé physique et mentale qu’à l’enrôlement, et que les nombreuses affectations ont fait en sorte que leurs réseaux de soutien social se sont effrités22. Ainsi, en toute logique, nous pourrions nous attendre à ce que les militaires qui quittent la « famille » des FAC reçoivent une attention particulière, car « Se séparer de la « famille » militaire n’est pas un processus aisé pour bon nombre d’hommes et de femmes […] »23.

Le recrutement ou l’enrôlement

La carrière militaire débute par le recrutement ou l’enrôlement. Après avoir accompli les procédures administratives de l’enrôlement dans un Centre de recrutement des FAC, les candidats à la profession militaire sont envoyés à l’École de leadership et des recrues des FAC pendant une période de 12 semaines (pour les sous-officiers) ou de 15 semaines (pour les officiers). Cet arrêt à Saint-Jean-sur-Richelieu au Québec marque le « véritable » départ de la carrière militaire et l’amorce de la première phase de qualification. Une fois passé la « porte 154 » ou, dans le jargon, « le bureau vert », le candidat se rend compte, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, dans « quelle aventure » il vient de se lancer. Pendant les semaines suivantes, le candidat doit passer les différentes étapes de la Qualification militaire de base ou de la Qualification militaire de base pour officier.

Comment expliquer que la transition de la vie civile à la vie
militaire puisse nécessiter une période aussi longue, pouvant s’étendre sur 12 à 15 semaines au moins? Voici l’une des explications possibles : il n’existe aucune autre carrière ni aucune autre organisation au Canada qui exige une adhésion aussi complète et profonde à un tout nouveau mode de vie, lequel est régi par des règlements, des ordonnances, des valeurs propres, une hiérarchie et un système régimentaire24. « Toute nouvelle recrue dans l’armée passe par une phase d’endoctrinement culturel à la vie militaire pour devenir soldat, marin, aviateur ou aviatrice. Après ça, on appartient à la communauté militaire. On s’occupe de vous. C’est tout à fait particulier. »25

Du point de vue du ministère de la Défense nationale, les candidats à la profession militaire ont besoin d’une période d’endoctrinement pour devenir des militaires. On dit ceci sur cette période : « Les candidats auront des libertés restreintes pendant les quatre premières fins de semaine du cours, avec de l’entraînement prévu les samedis et dimanches. Cette période vise à développer les habiletés de base, à faciliter l’intégration à la vie militaire et à développer l’esprit d’équipe entre les membres du peloton. »26 Ce passage obligé suppose donc un endoctrinement au sens que l’amène Dupuis-Déri, qui va comme suit : « … [L’endoctrinement] se distingue par son caractère volontariste et par son orientation politique : l’objectif est d’encourager par un discours et/ou par une pratique formative le respect, voir l’enthousiasme, à l’égard de l’autorité officielle ou de l’idéologie que celui ou celle qui endoctrine entend servir »27. Quant aux valeurs particulières aux organisations militaires, elles incluent les suivantes : « […] abnégation, obéissance, acceptation du sacrifice, efforts communs et autodiscipline »28.

Dans cette perspective, les FAC désirent former des leaders militaires et pour ce faire, les candidats doivent adhérer à un mode de vie particulier, à des valeurs propres aux systèmes militaires et à un cadre de formation et de perfectionnement professionnel continu. La figure 229 montre les cinq éléments (expertise, capacités cognitives, capacités sociales, capacités de changement et idéologie professionnelle) du leader au vu des niveaux de leadership du militaire.

Ministère de la Défense nationale, 2016

Figure 2 – Cadre de perfectionnement professionnel des leaders

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Il y a lieu de croire que l’adaptation pour un civil au mode de vie militaire suppose l’assimilation d’une multitude de composantes particulières et uniques. Cette adaptation est graduelle, mais ne cause pas nécessairement de déséquilibre psychosocial persistant pour le civil qui a librement fait le choix de se joindre à l’organisation militaire.

La retraite ou la libération

La carrière militaire se conclut par la libération ou la retraite. Sur le plan pratique, cette dernière étape est essentiellement administrative, mais elle se répercute sur plusieurs facettes de la vie du militaire. Ainsi, le militaire sera invité à entreprendre une série de démarches qui concernent ses prestations de retraite, le retour de son équipement et son dernier déménagement. Il pourra aussi participer, s’il le désire, à un séminaire de préparation à une seconde carrière. L’entrevue de transition avec un gestionnaire de cas d’Anciens Combattants Canada, qui est facultative, peut aussi avoir lieu. Cette rencontre est axée sur la transmission d’informations concernant les programmes offerts aux anciens combattants et, en particulier, les demandes de prestations d’invalidité. Finalement, avant de quitter officiellement l’organisation, le militaire pourra voir sa carrière honorée dans le cadre d’un dîner de départ dans la dignité, où il recevra des cartes, des certificats, et où seront donnés quelques discours concernant ses réalisations.

Dans un tel cas, il n’y aura pas de période d’endoctrinement à la vie civile. Or, pour un militaire qui a passé plusieurs années dans un système très organisé, régimentaire et peu flexible qui s’occupait de la majeure partie des sphères professionnelles de sa vie, l’absence ou la perte du soutien de cette structure est déstabilisante30. À vrai dire, la rupture de ce que Karine Regimbald et Jean-Martin Deslauriers, de l’Université d’Ottawa, appellent la symbiose entre le militaire et l’institution des FAC « qui exige de ses membres l’oubli ou la perte de soi, qui leur impose des exercices menant à une resocialisation et qui leur impose un système de valeurs »31 se veut une source de contradiction et n’a pas d’équivalents dans la vie civile. « Les membres du personnel militaire en transition ainsi que leur famille doivent désormais se débrouiller seuls; certains ressentent un sentiment d’abandon et d’exclusion. »32 Les défis transitoires sont multiples et peuvent être liés au retour sur le marché civil de l’emploi ou dans une institution académique, à des problèmes de santé physique et mentale, à l’accessibilité aux services de santé et aux services sociaux provinciaux, à des difficultés psychosociales, à un manque ou à une absence de soutien social, à une mixité d’émotions vécues et à des enjeux familiaux33 34.

Bien que la totalité des études consultées présente des résultats indiquant que la majorité des militaires vivront la transition avec succès, Paul Davies, associé de recherche à l’Université Lancaster, admet que ces derniers sont discutables35. En effet « […] il est possible de soutenir que les données sur les transitions sont ouvertes à l’interprétation, car la transition se produit à différents niveaux, par exemple, sur le plan occupationnel et émotionnel, et ce qui pourrait être perçu comme une transition réussie à un niveau pourrait dissimuler le fait que la transition ne s’est pas aussi bien déroulée à un autre niveau »36.

Pour certains militaires, qui n’auraient pas pris le temps de se monter un plan d’action en vue de la retraite qui favoriserait un sentiment d’appartenance à la communauté (lieu où vivre et habiter), un sens à la vie, des relations interpersonnelles, des activités de loisir, un projet occupationnel (emploi ou école) et l’accès à des services de santé37, l’adaptation pourrait être brutale et mener au déséquilibre psychosocial. Certains auteurs avancent que la transition de la vie militaire à la vie civile se veut un sérieux exercice de planification à long terme qui doit se préparer 12 mois à tout le moins avant la libération38.

Recrutement et retraite : Deux démarches d’adaptation différentes

Dans la perspective d’une carrière dans les FAC, un militaire et sa famille doivent sans cesse s’adapter, du recrutement jusqu’à la retraite. De multiples situations liées à la vie militaire nécessitent une adaptation. À titre d’exemple, il y a l’entraînement de base, les phases de métier, les cours de leadership, les entraînements, les entraînements de prédéploiements, les déploiements, le retour d’un déploiement, les affectations au Canada et les affectations outremer, pour ne nommer que ceux-là. Cette démarche d’adaptation constante touche autant les aspects psychologiques, sociaux, culturels, professionnels que familiaux. Le stress ressenti par le militaire dans différentes situations se veut une réaction d’adaptation aux contraintes de l’environnement. La réaction d’adaptation, appelée coping par les psychologues Richard L. Lazarus et Susan Folksman représente « l’ensemble des efforts cognitifs et comportementaux toujours changeants que déploie l’individu pour répondre à des demandes internes et/ou externes spécifiques, évaluées comme fortes et dépassant ses ressources adaptatives »39. Il n’est donc pas faux de dire qu’autant le recrutement que la retraite se veut un « processus qui entoure l’incessante interaction entre l’homme et le monde dynamique dans lequel il évolue et interagit »40. Il s’agit de deux démarches d’adaptation différentes qui confrontent l’homme et la femme à des « stresseurs » de sources propres à chacune des démarches. La subjectivité de la perception d’une démarche par l’individu se veut un élément central, car ce qui est perçu stressant pour l’un ne l’est pas nécessairement pour l’autre41.

Le champ de recherche autour de l’adaptation et du coping est vaste. Cependant, les théories des transitions des rôles trouvent un écho fort pertinent dans le contexte de la transition de la vie civile à la vie militaire et de la vie militaire à la vie civile. La transition vécue lors de la libération des FAC se veut d’abord et avant tout une transition professionnelle. Ces théories permettent « […] de rendre intelligibles, lors de ces transitions, les processus à l’œuvre dans les échanges sujet-environnement, c’est-à-dire d’expliquer les modalités d’adaptation aux nouveaux rôles professionnels et les modifications réciproques du sujet et de son environnement de travail »42.

Le processus transitoire de la vie militaire à la vie civile en quatre phases

Il n’y a pas de consensus au sein de la communauté scientifique et militaire sur une définition opérationnelle du processus transitoire de la vie militaire à la vie civile (Military-Civilian Transition en anglais). Il n’y a pas plus de modèles conceptuels qui obtiennent l’unanimité. Quelques recherches scientifiques ont permis de faire avancer la conceptualisation de la démarche transitoire sans toutefois en arriver à un modèle explicatif. La communauté scientifique s’entend sur le fait que le processus transitoire de la vie militaire à la vie civile est complexe, individuel et qu’il met en jeu de multiples dimensions43. La démarche transitoire pourrait avoir des effets sur l’équilibre psychosocial, sur la qualité de vie, sur le bien-être et sur la santé.

Certaines études américaines ont fait ressortir le poids de certains facteurs dans la démarche transitoire. Nous jugeons qu’il faut faire une lecture interprétative de ces résultats et qu’il faut les positionner dans un contexte canadien. Entre autres, il ressort que de posséder des études collégiales et universitaires ainsi que d’avoir le titre d’officier faciliteraient la démarche transitoire44. En contrepartie, le fait d’avoir vécu des expériences traumatisantes, d’avoir été gravement blessé, d’avoir servi dans une zone de combat et d’avoir connu un militaire qui est mort ou blessé compliquerait la démarche transitoire45.

L’étude de Lisa Burkhart et de Nancy Hogan46, de l’Université Loyola, auprès de 20 femmes militaires amène une meilleure compréhension de cette transition chez les femmes. L’étude fait ressortir les moyens d’adaptation utilisés par les femmes militaires dans sept catégories spécifiques. Cette étude est intéressante, mais sa portée est limitée.

Entre 2014 et 2016, nous avons mené une étude qualitative47 auprès de 17 anciens combattants parlant le français et vivant dans la province de Québec. Parmi les principaux résultats obtenus, il en ressort que la transition génère des sentiments négatifs pour la majorité des participants, principalement chez les libérés pour des raisons médicales; le type de libération (volontaire/fin de service ou raisons de santé) a une incidence sur la transition; la préparation personnelle joue un rôle très important; finalement; la création et le maintien d’un réseau social préalablement à la période transitoire s’avèrent un élément qui influe positivement sur l’expérience48. Au sujet du dernier point, il semble que les militaires qui conservent un fort lien social avec des civils aient plus de facilité à vivre leur transition.

De tous les articles scientifiques consultés, Andrew Castro et Sara Kintzle49, de l’Université Southern California, sont ceux qui conceptualisent le plus clairement la démarche transitoire dans ce qu’ils appellent « la théorie de la transition militaire » (Military Transition Theory en anglais). En effet, ces auteurs postulent que la démarche transitoire de la vie militaire à la vie civile comprend trois phases qui sont en interaction et qui se chevauchent. Chacune des phases fait entrer en jeu des facteurs individuels, interpersonnels, communautaires et organisationnels qui influeront sur la transition50. Les auteurs désignent la première phase « l’approche de la transition militaire où des facteurs personnels, culturels et transitoires édifieront les bases de la trajectoire transitoire »51. Ils désignent la seconde phase « la gestion de la transition »; celle-ci porte sur les facteurs individuels, communautaires, organisationnels et transitoires qui auront une incidence sur la progression individuelle de la vie militaire à la vie civile52. Finalement, la troisième phase, qui s’intitule « l’évaluation de la transition », décrit les résultats liés à la transition (selon les interprétations du militaire)53.

La théorie proposée par Castro et Kintzle est axée sur la transition de la vie militaire à la vie civile de soldats américains. De notre point de vue, bien qu’elle ajoute à la réflexion sur cette dernière étape de la carrière militaire et tente de conceptualiser un phénomène peu étudié et mal documenté, cette théorie est incomplète et plus ou moins applicable aux réalités des militaires canadiens.

Dans ce contexte, nous proposons un modèle canadien qui se nomme le Modèle du processus transitoire de la vie militaire à la vie civile. Notre modèle comporte quatre phases consécutives et reliées entre elles. Selon notre modèle, l’entièreté du processus transitoire de la vie militaire à la vie civile est basée sur une responsabilité partagée entre plusieurs parties. Bien évidemment, le militaire et sa famille jouent un rôle capital et ont une part des responsabilités à chacune des phases. Le ministère de la Défense nationale a un rôle très actif dans la phase de prélibération et de libération. Quant à lui, le ministère des Anciens Combattants est un acteur central lors de la phase de libération. Finalement, les gouvernements provinciaux, municipaux et les organismes communautaires et sociaux voués ou non aux anciens combattants se veulent au cœur de la phase de postlibération.

Chaque phase du Modèle du processus transitoire de la vie militaire à la vie civile inclut des facteurs sociaux, personnels, familiaux, relatifs à l’état de santé, financiers, académiques ou professionnels et psychologiques. C’est la somme de ces facteurs qui détermineront si le militaire en transition est en mesure de s’adapter à sa nouvelle condition de vie civile. Cette adaptation ou cette inadaptation sera perçue subjectivement par le militaire en transition par l’entremise d’indicateurs comme la qualité de vie, le bien-être, l’intégration sociale et la santé. La figure 3 présente la version graphique du modèle.

Institut canadien de recherche sur la santé des militaires et des vétérans, 2015

Figure 3 – Modèle de la démarche transitoire de la vie militaire à la vie civile

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Nous vous présentons, ci-après, les caractéristiques détaillées de chacune des phases.

Phase 1 – Prélibération

Statut Militaire actif
Début de la phase Phase qui débute avec le désir de demander sa libération volontaire, avec l’approche de l’âge de la retraite obligatoire, avec des indicateurs de conduites incompatibles avec le service militaire ou avec l’annonce d’une catégorie médicale permanente.
Fin de la phase Avec la réception du message de libération.
Durée Variable. 1 an et plus à quelques jours, avant d’obtenir la libération.
Points dont il faut tenir compte Le type de libération est à considérer. L’état de santé du militaire. Le niveau d’éducation. Le métier du militaire. Le statut matrimonial. Le choix d’un milieu de vie. Le projet occupationnel.
Mesures à prendre Préparation d’un plan d’action en vue de la transition.
Occupation du temps Le militaire vaque à ses occupations habituelles si sa condition lui permet, mais il devrait avoir du temps à sa disposition pour préparer sa libération.
Soutien des FAC Rencontres individuelles entre le militaire et un officier en travail social/travailleur social pour préparer la libération. Rencontre familiale entre le militaire, les membres de sa famille et un officier en travail social/travailleur social.

Phase 2-A – Libération des FAC

Statut Militaire actif
Début de la phase Phase qui débute avec la réception du message de libération.
Fin de la phase Phase qui se termine au dernier jour de service actif (incluant la reprise de congé).
Durée Variable. Quelques jours à quelques semaines.
Points dont il faut tenir compte Obtention du message de libération. Phase essentiellement administrative qui inclut ceci : procédures de départ, prestations de retraite, dernier déménagement, remise de l’équipement militaire, repas de départ. Continuité des services médicaux tant et aussi longtemps que l’état du militaire n’est pas stabilisé.
Mesures à prendre Début de l’application du plan d’action en vue de la transition.
Occupation du temps Le militaire devrait jouir de la majorité de son temps pour préparer sa libération.
Soutien des FAC/ACC Rencontres individuelles de suivi entre le militaire et un officier en travail social/travailleur social pour s’assurer d’un cheminement positif de la libération. Rencontre avec un gestionnaire de cas des FAC et d’ACC.

Phase 2-B – Libération d’ACC

Statut Ancien combattant et civil en devenir
Début de la phase Phase qui débute avec la réception du message de libération.
Fin de la phase Variable.
Durée De quelques heures à quelques années.
Points dont il faut tenir compte Phase où l’ancien combattant négocie avec ACC pour la prestation de services. Phase administrative, de services et de soins. Le type de libération et les enjeux transitoires.
Mesures à prendre Application du plan d’action en vue de la transition. Adhésion à des groupes d’anciens combattants.
Occupation du temps L’ancien combattant est maître de son temps.
Soutien d’ACC Rencontres avec un gestionnaire de cas d’ACC. Programmes et services en place si reconnu ayant accès.

Phase 3 – Postlibération

Statut Ancien combatant et civil à part entière
Début de la phase Phase qui débute lorsque l’ancien combattant a une perception subjective d’adaptation à la vie civile.
Fin de la phase Indéterminée.
Durée Variable. Chaque ancien combattant atteindra cette phase à son rythme, et ce, en fonction de plusieurs facteurs.
Point dont il faut
tenir compte
Le type de libération doit entrer en jeu. L’intégration sociale. Le sentiment d’appartenance à la communauté. Les relations interpersonnelles. Les activités sociales et sportives. Le plan occupationnel. L’état de santé.
Mesures à prendre Participation sociale et communautaire de l’ancien combattant. Adhésion à des groupes sociaux et/ou d’anciens combattants.
Occupation du temps L’ancien combattant est maître de son temps.
Soutien Accès à des services de santé et à des services sociaux de la province. Programmes sociaux et communautaires. Initiatives pour les anciens combattants.

Regard sur la prélibération et la libération des FAC

« Les FAC et le ministère de la Défense nationale ont la
responsabilité première de fournir des services et des programmes de transition aux membres des FAC toujours actifs; de plus, tout devrait être fait pour aider les membres des FAC libérés, notamment ceux qui sont malades ou blessés, à réussir leur transition à la vie civile. »
54

En premier lieu, la phase 1, soit celle de la prélibération, fait appel à une responsabilité partagée entre le militaire, sa famille, les FAC et le ministère de la Défense nationale. Le militaire qui amorce cette phase peut soit avoir décidé de demander une libération volontaire, soit savoir que sa libération viendra en raison de l’âge obligatoire de la retraite, ou encore, il peut avoir obtenu une catégorie médicale permanente qui entraînera sa libération pour des raisons de santé. La notion de temps peut être abstraite, mais il est souhaitable que le militaire commence à réfléchir à sa libération le plus rapidement possible. Cette réflexion devra porter sur les facettes sociales, personnelles, familiales, de la santé physique, de la santé mentale, financières, scolaires et professionnelles. La facette professionnelle revêt une importance particulière, car selon une étude, la majorité (89 pour 100) des anciens combattants travaillent après leur libération55. Le militaire devra prendre soin de se monter un plan d’action réaliste et structuré.

Une travailleuse sociale et un membre civil en discussion.

Photo du MDN/SMA

Les FAC peuvent jouer un rôle de premier plan durant la phase de prélibération. En effet, qui de mieux placé que les officiers en travail social et les travailleurs sociaux pour aider les militaires et les familles à préparer cette phase de la prélibération et ultimement la transition vers la vie civile? « Le travail social est une profession orientée vers l’aide à des individus, des familles, des groupes et des collectivités dans le but de les aider à améliorer leur bien-être. Il s’engage à aider les individus à développer leurs habiletés et leur capacité d’utiliser leurs propres ressources et celles de la communauté pour résoudre leurs problèmes »56 ou pour les prévenir. En outre, plusieurs défis liés à la transition sont de nature psychosociale, de sorte que les travailleurs sociaux, en utilisant une approche systémique, sont en mesure d’examiner les difficultés diverses et de s’y attaquer avec le militaire et sa famille57.

Actuellement, les travailleurs sociaux et les officiers en travail social des FAC n’ont absolument aucun rôle à jouer dans le démarche transitoire de la vie militaire à la vie civile. Il s’agit à notre avis d’un important manque à combler surtout lorsque ces derniers ont comme mandat de soutenir et d’encourager « tous les membres des FAC afin qu’ils jouent un rôle actif dans le maintien de leur santé » et de créer et d’appuyer « un climat favorisant la bonne santé mentale, et ils s’efforceront de réduire les facteurs qui peuvent y nuire »58.

Un minimum de trois rencontres devrait être obligatoire lors des phases de prélibération et de libération des FAC. La première rencontre devrait avoir lieu entre le travailleur social et le militaire exclusivement, dès l’imminence de la libération. Cette première rencontre permettrait d’édifier les premiers jalons d’un plan d’action incluant des objectifs à court, moyen et long terme de même que des moyens pour les atteindre. La seconde rencontre devrait avoir lieu quelques semaines plus tard entre le travailleur social, le militaire et les membres de sa famille. Elle aurait comme but d’éduquer la famille sur les défis probables de la transition. La troisième rencontre devrait avoir lieu lors des derniers jours à titre de militaire actif pour valider son état, la mise en place de son plan, l’aiguillage vers des ressources externes au besoin.

En somme « les travailleurs sociaux militaires occupent une position clé au sein des Forces canadiennes : à titre d’experts, ils sont consultés sur le bien-être des troupes »59. Leurs contributions au bien-être des militaires devraient donc être en place jusqu’au moment « de suspendre l’uniforme ».

Conclusion

Par ces nombreuses conséquences sur les mécanismes d’adaptation propres et subjectifs à chaque militaire qui obtient sa libération des FAC et sur le succès ou l’échec du passage de la vie militaire à la vie civile de même que sur le développement de problèmes psychosociaux, il s’avère plus que nécessaire pour les autorités militaires de se pencher sur les phases de prélibération et de libération. Ces premières phases sont cruciales dans la démarche transitoire et l’entière responsabilité revient au ministère de la Défense nationale, aux FAC, au militaire et à sa famille. Un militaire qui est bien orienté et bien outillé devrait vivre la démarche d’adaptation avec moins de difficultés que celui ou celle qui doit compter que sur sa propre personne, avec une préparation limitée. Les FAC possèdent toutes les ressources nécessaires au sein de leur effectif pour instaurer des initiatives préparatoires à la transition. Il ne suffit que d’un peu de volonté, assortie d’une reconnaissance de l’urgence d’agir.

Une travailleuse sociale discute avec un couple militaire.

Photo du MDN/SMA

Notes

  1. Ministère de la Défense nationale. (2015). DOAD 5023-0, Universalité du service. Repéré à http://www.forces.gc.ca/fr/a-propos-politiques-normes-directives-ordonnances-administratives-defense-5000/5023-0.page
  2. Ibid
  3. Nous vous invitons à consulter la référence suivante pour obtenir de plus amples informations sur les catégories, motifs de libération et instructions spéciales : Ministère de la Défense nationale (2015). ORFC : Volume I – Chapitre 15 Libération. Repéré à http://www.forces.gc.ca/fr/a-propos-politiques-normes-directives-ordonnances-reglements-royaux-vol-01/ch-15.page
  4. Thompson, J. et Lockhart, W. (2015). Backgrounder for the Road to Civilian Life (R2CL) Program of Research. Charlottetown : Ministère des Anciens combattants du Canada/Gouvernement du Canada
  5. Jolly, R. (1996). Changing Step. Londre :
    Brassey’s Ltd
  6. Cutright, K., Wiggins, A.M. et Dick, G.L. (2014). Adjustment to civilian life. Dans Dick, G.L., Social Work Practices with Veterans,
    Washington : NASW Press.
  7. Castro, C.A. et Kintzle, S. (2014). Suicides in the military: The post-modern combat veteran and the Hemmingway effect. Current Psychiatry Reports, 16(8), p.1-9.
  8. Hay, M.T., Rorrer, L., Rivera, J.R., Krannich, R. et Krannich, C. (2006). Military Transition to Civilian Success, Manassas Park : Impact Publications
  9. Wolfe, T. (2012). Out of Uniform, Washington : Potomac Books.
  10. Coll, J.E. et Weiss, E.L. (2013). Transitioning Veterans Into Civilian Life. Dans Rubin, A., Weiss. E.L. et Coll, J.E., Handbook of Military Social Work, Hoboken : John Wiley and Sons Inc., p.281.
  11. Ibid
  12. Ministère des Anciens combattants du Canada. (2014). Enquête sur la transition à la vie civile : Rapport sur les vétérans de la force régulière — Sommaire. Repéré à http://www.veterans.gc.ca/fra/about-us/research-directorate/publications/reports/survey-trans-exec
  13. Sous-comité des anciens combattants, (2014). La transition à la vie civile des anciens combattants, Ottawa : Sénat/Gouvernement du Canada.
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  15. Pease, J.L., Billera, M. et Gerard, G. (2016). Military Culture and the Transition to Civilian Life: Suicide Risk and Other Considerations, Social Work, 61(1), p.83-86.
  16. Latimer, E., McGregor, J., Méthot, C. et Smith, A. (2015). Je compte MTL 2015 : Dénombrement des personnes en situation d’itinérance à Montréal le 24 mars 2015. Montréal : Douglas – Institut universitaire en santé mentale.
  17. Segeart, A. et Bauer, A. (2015). L’ampleur et la nature de l’itinérance chez les vétérans au Canada, Ottawa : Emploi et Développement social Canada/Gouvernement du Canada.
  18. Ibid
  19. Il est essentiel de noter que les données d’Emploi et Développement social Canada sont incomplètes, car elles proviennent d’une recension de 60 refuges d’urgence à la grandeur du Canada. Il est donc possible que certains anciens combattants qui ne fréquentent pas l’un de ces refuges ne soient pas comptabilisés.
  20. Une carrière militaire ouvrant droit à des prestations de retraite à la libération doit compter 25 années de service admissible soit 9 131 jours. Pour plus amples informations, veuillez consulter le lien http://www.forces.gc.ca/fr/communaute-fac-pension/votre-pension.page
  21. Ministère de la Défense nationale. (2013). Stratégie du Médecin général en matière de santé mentale, Ottawa : Gouvernement du Canada.
  22. Blackburn, D. (2016, 21 mars). Et si les anciens combattants avaient accès aux services de santé des Forces armées canadiennes…, 45eNord.ca. Repéré à http://www.45enord.ca/2016/03/et-si-les-anciens-combattants-avaient-acces-aux-services-de-sante-des-fac/
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  24. Blackburn, D. (2013). Canadiens en Europe – Élaboration d’un programme psychosocial
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  36. Ibid, p.12.
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  47. Un article scientifique au sujet de notre étude s’intitulant De la vie militaire à la vie civile – Enjeux transitoires pour les anciens combattants sera publié au courant de l’année 2016-2017.
  48. Blackburn, D. (2015). De la vie militaire à la vie civile : enjeux transitoires pour les anciens combattants. Communication présentée au 6e Forum annuel de Recherche sur la santé des militaires et des vétérans, Québec, Québec, Résumé repéré à https://cimvhr.ca/forum/fr/CIMVHR-Forum-Abstracts-2015.pdf
  49. Castro, C.A. et Kintzle, S. (2014)
  50. Ibid
  51. Ibid
  52. Ibid
  53. Ibid
  54. Sous-comité des anciens combattants, (2014), p. 12.
  55. Ministère des Anciens combattants du Canada. (2014)
  56. Association canadienne des travailleurs sociaux. (2016). Le travail social, qu’est-ce que c’est?, Repéré à http://www.casw-acts.ca/fr/le-travail-social-quest-ce-que-cest
  57. Cutright, K., Wiggins, A.M. et Dick, G.L. (2014).
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  59. Régimbald, K. et Deslauriers, J-M. (2010), p. 205.