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Revue militaire canadienne [Vol. 21, No 3, été 2021]
Le personnel

Photo du MDN WT07-2019-0013-005 par le soldat Jordyn Anderson

Une réserviste de la compagnie des activités d’influence du 38e Groupe-brigade du Canada exécute les patrouilles et les engagements des relais d’influence pendant l’exercice MAPLE RESOLVE 19, le 11 mai 2019.

Barbara Waruszynski, Ph. D., détient un doctorat en sciences sociales et est scientifique de la Défense au Directeur général – Recherche et analyse (Personnel militaire) [DGRAPM] du ministère de la Défense nationale (MDN). Elle se spécialise dans la recherche sur la diversité et l’inclusion pour l’avancement de la défense et de la sécurité. Mme Waruszynski est chef de projet de deux études portant sur l’attraction, le recrutement et l’emploi des femmes au sein des Forces armées canadiennes. Plus précisément, elle cherche des moyens d’améliorer les stratégies de recrutement et la culture militaire afin de favoriser la diversité et l’inclusion dans les Forces armées canadiennes.

Kate Hill MacEachern, MA, est candidate au doctorat à l’Université Carleton, et a travaillé au DGRAPM du MDN, où elle soutenait des projets liés à la diversité et à l’inclusion dans les Forces armées canadiennes. Mme Hill MacEachern est actuellement épidémiologiste à l’Agence de la santé publique du Canada.

Introduction

Le renforcement des capacités et des ressources militaires du Canada pour faire face aux conflits modernes requiert du personnel de la Première réserve qui travaillera aux côtés des membres de la Force régulière afin de relever les défis opérationnels, tant au pays qu’à l’étranger. En aidant à accroître les capacités des Forces armées canadiennes (FAC), les membres de la Première réserve, principalement de la Réserve navale, de la Réserve de l’Armée canadienne, de la Réserve de l’Aviation royale canadienne, de la Réserve du Commandement du personnel militaire et de la Réserve du Commandement – Forces d’opérations spéciales du CanadaNote de bas de page 1, sont prêts à intervenir en cas de besoin. La Première réserve joue un rôle essentiel dans le soutien de la Force régulière en répondant aux défis d’aide humanitaire, tant au pays (c.-à-d. les urgences liées aux catastrophes naturelles) que dans le cadre d’opérations internationales. C’est dans ce contexte que nous examinons l’expérience vécue par les femmes qui servent dans la Première réserve des FAC. Plus précisément, le but de cet article est d’explorer les défis et les possibilités associés au fait d’être une femme dans la Première réserve. Pour mieux comprendre ceux-ci, une étude qualitative menée par Waruszynski et MacEachern (2019) a permis d’examiner l’attraction, le recrutement, l’emploi et le maintien en poste des femmes dans la Première réserveNote de bas de page 2. Grâce à des groupes de discussion et à des entrevues individuelles, les chercheuses ont pu se documenter sur l’expérience vécue par les femmes qui servent dans la Première réserve des FAC. Ces participantes ont également formulé des suggestions sur la façon dont les FAC pourraient accroître la représentation des femmes et ainsi favoriser une armée canadienne plus intégrée, diversifiée et inclusive en vue de renforcer davantage ses capacités de défense et son efficacité opérationnelle.

Les réservistes renforcent les capacités et les ressources militaires pour une meilleure efficacité opérationnelle

La politique de défense actuelle, Protection, Sécurité, Engagement, souligne le rôle important des réservistes canadiens :

Les Forces armées canadiennes sont grandement enrichies par le fait de pouvoir tirer profit des expériences et des compétences variées des réservistes. La présence d’unités de la Réserve partout au pays, y compris dans les grands centres urbains, en fait un outil extrêmement précieux permettant de tirer parti de la diversité canadienne, d’exploiter les différentes façons de penser et de résoudre des problèmes, et de bénéficier de la profonde intelligence culturelle présente dans les collectivités canadiennes. Les réservistes possèdent une vaste expérience de leurs spécialités professionnelles principales, ce qui permet aux Forces armées canadiennes d’avoir accès à des compétences et à des professions recherchées […] qui autrement prendraient de nombreuses années à générer au sein de la Force régulièreNote de bas de page 3.

Les femmes représentent actuellement 16,1 p. 100 de la force totale, et 16,8 p. 100 de la Première réserveNote de bas de page 4. D’ici 2026, les FAC veulent faire passer la représentation des femmes au sein de leurs effectifs à environ 25 p. 100Note de bas de page 5. Bien que les femmes aient participé à des conflits importants tout au long de l’histoire du Canada (voir Waruszynski, MacEachern, Raby, Straver, Ouellet et Makadi, 2019Note de bas de page 6), ce n’est que dans les années 1970 que les femmes ont eu davantage de possibilités de servir en tant que membres des FAC. En 1988, les femmes représentaient 17,9 p. 100 de la Première réserveNote de bas de page 7. La représentation était la plus élevée dans la Réserve navale (37,6 p. 100), suivie de la Réserve des communications (35,1 p. 100), de la Réserve aérienne (28,5 p. 100) et de la Milice (12,3 p. 100)Note de bas de page 8.

L’attrait d’une carrière militaire est relativement universel. Les hommes et les femmes, qu’ils fassent partie de la Première réserve ou de la Force régulière, cherchent des occasions de servir leur pays et de poursuivre une carrière stimulante et aventureuseNote de bas de page 9,Note de bas de page 10,Note de bas de page 11. Cependant, il existe des raisons bien précises justifiant le choix d’une carrière dans la Première réserve plutôt que dans la Force régulière. Par exemple, le scientifique de la Défense J. Anderson (2018) a découvert que la Première réserve permettait à certains de faire l’essai de l’armée, tandis que d’autres voulaient la possibilité d’apprendre de nouvelles compétences, ou de rester en forme grâce à un entraînement continu. De plus, la connaissance du monde militaire s’est avérée un facteur important d’attraction et de recrutement, et cela semble être également le cas pour les personnes souhaitant s’enrôler dans la Première réserve. Selon Anderson (2018), deux tiers des membres de la Première réserve avaient de la famille ou des amis qui étaient membres actifs des FACNote de bas de page 12.

Photo du MDN 20200814NKAD0266D029 par le caporal David Veldman

Le Mat 2 Ashtyn Bartlett au gouvernail d’une embarcation pneumatique à coque rigide dans le fjord de Maniitsoq pendant l’opération NANOOK 2020, le 14 août 2020.

L’un des aspects les plus avantageux de la Première réserve est la possibilité de disposer d’un plus grand pouvoir de décision en ce qui concerne l’équilibre entre la vie familiale et la vie professionnelle. La Première réserve offre des options plus souples aux personnes qui préfèrent travailler à temps partiel dans les FAC, plutôt que comme militaires à temps plein. Par exemple, les conditions d’emploi d’un réserviste n’exigent pas d’engagement prolongé. Pour ceux qui travaillent à temps partiel dans la Réserve de l’Armée, les possibilités professionnelles sont variées, et l’investissement requis est généralement d’un soir par semaine et d’un week-end par moisNote de bas de page 13. En outre, la diversité des professions est importante (p. ex. personnel paramédical, infirmières, médecins et dentistes, car les professions liées à la santé figurent parmi les principaux domaines d’intérêt des femmes dans la population canadienneNote de bas de page 14). Il pourrait être utile de promouvoir ces types de professions auprès du public pour attirer les femmes qui ne connaissent peut-être pas les FAC.

De nombreuses personnes profitent de la possibilité d’un emploi à temps partiel dans l’armée. Par exemple, les étudiants qui s’enrôlent dans la Première réserve peuvent travailler à temps partiel pendant l’année scolaire, puis avoir un emploi d’été à temps plein. De plus, la Première réserve constitue une option pour les personnes qui souhaitent travailler à temps partiel dans de petites communautés où les possibilités sont limitées. Le salaire et les conditions de travail peuvent être meilleurs que ce qui est offert dans les petites communautés, où les autres options sont notamment la restauration rapide ou les détaillants à grande surface. De plus, la formation et la possibilité de développer des compétences uniques peuvent contribuer au perfectionnement professionnel et accroître les perspectives d’emploi futures.

La Première réserve est également un choix intéressant pour les femmes qui veulent faire partie de l’armée, mais qui ont besoin de souplesse en ce qui concerne leur horaire et leur lieu de travail. Les femmes qui préfèrent rester près de leur famille et de leurs amis, ou qui doivent prendre soin de leurs enfants tout en occupant un emploi, peuvent trouver un bon équilibre entre leurs engagements professionnels et leur vie familiale. Une telle souplesse serait également un atout pour les conjoints des membres de la Force régulière qui choisissent de rester avec leur famille lorsqu’ils déménagent dans une nouvelle ville, ou s’ils ont besoin de maintenir un lien avec les FACNote de bas de page 15.

Enjeux pour les femmes dans la Première réserve

Les principales conclusions de cette étude qualitative sont fondées sur les perceptions de 168 femmes de la Première réserve* qui travaillent dans plusieurs bases ou unités au Canada, notamment à Ottawa, Bagotville, Trenton, Montréal, Québec, Edmonton, Vancouver, Halifax et Winnipeg. Certaines des questions centrales soulevées par les participantes concordent avec les recherches antérieures sur les femmes dans la Force régulièreNote de bas de page 16. ce n’est pas surprenant, car les membres de la Force régulière et de la Première réserve travaillent dans les mêmes milieux, accomplissent des tâches et des fonctions similaires et peuvent avoir les mêmes collègues et superviseurs.

* Deux participantes provenaient de la Force régulière, mais ont fait des suggestions pour améliorer le recrutement des femmes dans la Première réserve.

Les thèmes clés qui sont abordés ci-après sont les suivants : (a) la motivation à s’enrôler dans les FAC et les réactions à l’enrôlement; (b) l’expérience avec les recruteurs et du processus de recrutement; (c) la culture masculinisée des FAC; (d) les enjeux relatifs à l’entraînement militaire; et (e) les préoccupations concernant le matériel et l’équipement.

Motivation à s’enrôler dans les FAC et réactions à l’enrôlement : Dans l’ensemble, de nombreuses participantes ont parlé de plusieurs facteurs de motivation pour s’enrôler dans les FAC, notamment les suivants : la possibilité de vivre de nouvelles aventures, de voyager dans le monde entier et de relever des défis, la fierté de porter l’uniforme militaire canadien, la possibilité de faire le don de soi en aidant des gens dans le monde entier, et les avantages de la sécurité d’emploi et des études subventionnées. Comme on l’a noté dans l’étude sur les femmes dans la Force régulièreNote de bas de page 17, la famille et les amis appuyaient en grande partie les femmes qui s’enrôlaient dans la Première réserve, surtout s’ils provenaient d’un milieu militaire.

Expérience avec les recruteurs et du processus de recrutement : La majorité des participantes ont fait part d’une expérience positive avec les recruteurs et du processus de recrutement; toutefois, certaines participantes ont estimé que le processus de recrutement était trop long. Plusieurs participantes ont également mentionné que le personnel de recrutement semblait parfois mal informé sur les professions, désintéressé par son rôle de recruteur et qu’il n’y avait pas de recruteuses pour répondre aux questions concernant les femmes. Ces conclusions sont analogues à celles de l’étude sur la Force régulièreNote de bas de page 18, notamment en ce qui concerne le manque de recruteuses qualifiées et la capacité des recruteurs de parler des enjeux qui concernent les femmes dans l’armée.

La culture masculinisée des FAC : Le fait de travailler dans une culture masculinisée a exposé certaines femmes au harcèlement, à la discrimination et même à l’agression sexuelle, ce qui rejoint les conclusions de l’étude sur la Force régulièreNote de bas de page 19. La culture militaire a été décrite comme un « club des anciens », et de nombreuses femmes ont été victimes de harcèlement, notamment de commentaires et de blagues inappropriés. Certaines ont parlé avec frustration de l’opération HONOUR et de la façon dont le programme était perçu par leurs collègues masculins, certains d’entre eux considérant cette opération comme un programme destiné aux femmes.

Les femmes qui ont participé à l’étude sur la Première réserve ont soulevé des préoccupations quant au caractère potentiellement traumatisant des présentations de l’opération HONOUR, notamment pour les femmes qui ont été victimes de harcèlement ou d’agression sexuelle dans le passé. Ce point de vue est important, car il témoigne de la nécessité de veiller à ce que tous les militaires se sentent psychologiquement en sécurité dans leur milieu de travail. Dans l’ensemble, les femmes de la Première réserveNote de bas de page 20 et de la Force régulièreNote de bas de page 21 ont indiqué que l’opération HONOUR était un pas dans la bonne direction pour aider à éliminer l’inconduite sexuelle dans les forces armées, mais le programme pourrait nécessiter une évaluation plus approfondie pour s’assurer qu’il est efficace dans la lutte contre l’inconduite sexuelle et qu’il encourage un changement réel des attitudes et des comportements.

Enjeux relatifs à l’entraînement militaire : Pour ce qui est des femmes dans les armes de combat en particulier, certaines participantes ont fait part de problèmes avec certains instructeurs masculins qu’elles percevaient comme n’étant pas préparés à intégrer les femmes dans les unités de combat. Les participantes ont fait remarquer que certains instructeurs adaptaient leurs attentes et leurs évaluations en fonction de l’anatomie des femmes militaires (c.-à-d. qu’ils croient que les femmes sont moins susceptibles de réussir l’entraînement de l’infanterie en raison de leur petite taille et de leur masse corporelle).

Préoccupations concernant le matériel et l’équipement : Un autre thème récurrent était la préoccupation relative au matériel et à l’équipement militaires personnels. Cette question a été soulevée il y a plus de 20 ansNote de bas de page 22, et de nouveau plus récemment par des membres de la Force régulièreNote de bas de page 23. La principale préoccupation est que les uniformes, les sacs à dos et l’équipement de sécurité sont conçus pour le corps de l’homme moyen et ne sont pas nécessairement adaptés au corps de la femme. Les femmes portent donc de l’équipement de sécurité mal ajusté ou trop grand et inconfortable, ce qui met leur sécurité physique en danger et, dans certains cas, provoque des blessures physiques.

Photo du MDN CX04-2017-0276-065 par le matelot-chef Roxanne Wood

Le capitaine Skye Simpson, aux commandes d’un CC-130J Hercules, exécute une approche en vue d’un atterrissage à Kamloops, en C.-B., pendant l’opération LENTUS 17-04, le 21 juillet 2017.

Perceptions propres aux membres de la Première réserve

De nombreuses participantes à l’étude sur la Première réserve avaient l’impression de ne pas toujours être considérées comme faisant partie intégrante des FAC, même si elles effectuaient le même travail et avaient des responsabilités similaires à celles des membres de la Force régulière. Plusieurs participantes ont déclaré que, souvent, elles ne voulaient pas dire qu’elles étaient membres de la Première réserve, car elles estimaient que cela changerait la façon dont les membres de la Force régulière les traiteraient. Ce sentiment s’explique en grande partie par le manque de respect perçu à l’égard de la Première réserve. Pour certaines, cette perception était renforcée par le fait qu’elles gagnaient un salaire inférieur et avaient moins d’avantages.

Dans le même ordre d’idées, un certain nombre de participantes ont dit vouloir faire partie de la Force régulière, mais ne pas vouloir céder le contrôle de leur vie à l’armée. Bon nombre d’entre elles avaient commencé dans la Force régulière, mais l’avaient quittée en raison d’engagements familiaux ou parce qu’elles ne voulaient pas déménager. Il s’agit là d’un point important que les FAC doivent prendre en considération. Les femmes sont encore les principales responsables du ménage, y compris des soins aux enfants (c.-à-d. s’occuper des enfants malades, prendre les rendez-vous chez le médecin, etc.) et doivent souvent faire des sacrifices sur le plan professionnel afin de respecter leurs engagements familiaux.

En outre, certaines femmes se sont enrôlées dans la Première réserve afin de pouvoir suivre leurs conjoints ou partenaires de la Force régulière sans crainte de séparation, ou pour pouvoir obtenir un emploi dans un nouvel endroit. Il y a deux perspectives à considérer sur ce point. Premièrement, il y a des femmes qui veulent faire partie de la Force régulière, mais qui sont limitées par leur volonté de faire passer les exigences familiales en premier. Comprendre comment mieux répondre à ce besoin pourrait mener à un meilleur maintien en poste dans les FAC. Deuxièmement, les conjoints ou partenaires des membres de la Force régulière peuvent représenter des candidats précieux au recrutement dans la Première réserve.

De nombreuses participantes souhaitaient avoir plus de possibilités de travailler dans la Première réserve à temps plein, mais ont indiqué qu’il n’y avait pas de postes ou de contrats offerts. Ces participantes étaient d’avis que les FAC devraient peut-être prendre en considération leurs membres actuels et examiner la meilleure façon d’utiliser les talents existants pour améliorer le maintien en poste. En outre, de nombreuses préoccupations étaient liées à la perception que plus de femmes étaient recrutées afin d’atteindre les objectifs de représentation des femmes dans les FAC. Comme dans l’étude sur la Force régulièreNote de bas de page 24, les femmes de la Première réserve ont exprimé de profondes inquiétudes quant au recrutement d’un plus grand nombre de femmes simplement en raison de leur sexe plutôt que de leur mérite, de leurs connaissances, de leurs compétences et de leurs aptitudes. Malgré ces préoccupations, les participantes étaient d’avis que les efforts déployés pour recruter plus de femmes dans les FAC constituaient une reconnaissance du fait que le Canada et ses partenaires internationaux seraient mieux servis par une armée représentative de sa population.

Photo du MDN LG2006-0754d par le caporal Bill Gomm

Le sous-lieutenant Gillian Bida du Saskatchewan Dragoons, dans la tourelle d’un G-Wagon, surveille tout mouvement suspect pendant l’exercice WAGONS WEST.

La voie à suivre

Les participantes à l’étude sur la Première réserve ont formulé plusieurs suggestions clés sur la façon d’améliorer la culture actuelle dans l’armée. Ces suggestions sont les suivantes : (a) favoriser une culture inclusive; (b) faire connaître la Première réserve et les avantages qui y sont associés; (c) promouvoir des politiques adaptées aux besoins des familles; et (d) reconnaître les recruteurs les mieux qualifiés.

Favoriser une culture inclusive : L’une des suggestions les plus importantes pour les FAC est de mettre l’accent sur le changement de la culture masculinisée. Les participantes ont souligné la nécessité d’informer le grand public du fait que les FAC essaient de changer leur image en favorisant le respect, la confiance et la dignité pour tous. Ce point a également été soulevé dans l’étude sur la Force régulièreNote de bas de page 25, dans laquelle les participantes ont insisté sur la nécessité de promouvoir et de communiquer les valeurs de respect mutuel, de confiance, de diversité, de meilleure intégration, de leadership, et une culture sécuritaire.

Faire connaître la Première réserve et les avantages qui y sont associés: La Première réserve offre une excellente occasion aux membres de la population canadienne de faire partie de l’armée sans pour autant s’engager à temps plein dans une carrière militaire. La promotion des avantages de cette possibilité d’emploi à temps partiel est un multiplicateur de force pour attirer tous les membres de la population. Néanmoins, certaines caractéristiques peuvent être particulièrement intéressantes pour les femmes qui ont des préoccupations d’ordre familial (c.-à-d. les soins aux enfants). Les participantes ont également exprimé l’importance de faire valoir les avantages de la Première réserve, tant pour les emplois à temps partiel (c.-à-d. de classe A) que pour les emplois à temps plein (c.-à-d. de classe B).

Promouvoir des politiques adaptées aux besoins des familles : Les participantes étaient d’avis qu’il fallait promouvoir la façon dont les FAC aident les membres à répondre à leurs besoins liés à la famille en modifiant les politiques familiales pour les hommes et les femmes des FAC. Cet aspect demeure incontournable pour les femmes qui servent tant dans la Première réserve que dans la Force régulière.

Reconnaître les recruteurs les mieux qualifiés : Les participantes ont insisté sur l’importance d’avoir des recruteurs compétents qui connaissent bien la Première réserve et qui ont une bonne compréhension des différentes professions offertes par les FAC. Elles ont souligné la pertinence d’avoir des recruteuses bien informées qui sont en mesure de répondre aux questions concernant précisément les femmes. Elles ont suggéré que l’excellence en matière de pratiques de recrutement devait être reconnue par des processus plus officiels (c.-à-d. les mentions élogieuses du commandant de l’ARC ou le prix du recruteur de l’année).

Conclusion

L’étude présentée dans cet article offre un aperçu de l’expérience vécue par les femmes qui servent dans la Première réserve des FAC. Il a été question de plusieurs thèmes généraux qui ont une incidence sur les réservistes, notamment : (a) la motivation à s’enrôler dans les FAC et les réactions à l’enrôlement; (b) l’expérience avec les recruteurs et du processus de recrutement; (c) la culture masculinisée des FAC; (d) les enjeux relatifs à l’entraînement militaire; et (e) les préoccupations concernant le matériel et l’équipement. L’étude a également permis d’examiner quelques-uns des enjeux particuliers auxquels font face les femmes qui travaillent dans la Première réserve. Les participantes ont formulé plusieurs suggestions pour aider à répondre à la nécessité d’accroître la représentation des femmes dans la Première réserve, soit : (a) favoriser une culture inclusive; (b) faire connaître la Première réserve et les avantages qui y sont associés; (c) promouvoir des politiques adaptées aux besoins des familles; et (d) reconnaître les recruteurs les mieux qualifiés. Les participantes ont également souligné que le recrutement de femmes et d’hommes hautement qualifiés contribuerait à renforcer les capacités et les ressources militaires en vue d’une meilleure efficacité opérationnelle. Comme le réitère la politique de défense : « Afin de continuer de tirer profit des forces de la société canadienne et de prospérer dans un marché du travail hautement compétitif, la Réserve devra améliorer de façon importante le processus de recrutement pour s’assurer qu’il est agile, souple et adaptable en ce qui concerne le respect des besoins des gens au service du Canada par l’entremise des réservesNote de bas de page 26. »

Photo du MDN par le caporal Geneviève Beaulieu

Un membre de la Réserve navale change de quart au centre de soins de longue durée Manoir-de-Verdun à Verdun, au Québec, pendant l’opération LASER, le 3 mai 2020.

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