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Revue militaire canadienne [Vol. 22, No 2, printemps 2022]
Lettre à la rédaction

Couverture de la Revue militaire canadienne, Vol. 21 No. 4, automne 2021

Monsieur,

Le Bgén Binden et le Col Coombs nous dressent un bon portrait des diverses études et autres initiatives, étalées sur des décennies, qui parlent de « réparer » la Force de réserve. (« Défense des intérêts du pays : création d’une Force de réserve canadienne souple et intégrée », Revue militaire canadienne, vol. 21, no 4, automne 2021.)

Essayer d’intégrer les éléments des FAC pour en faire une force cohésive est un objectif louable, mais est-ce réellement faisable? Je présume que tous les membres de la force auraient des niveaux comparables de formation et d’expérience; en d’autres mots, un sergent dans un bataillon de la Réserve de l’Armée et un sergent dans un bataillon de la Force régulière seraient interchangeables et le réserviste gagnerait le respect et l’appui de tous les militaires avec qui il sert et combat. Bien que le concept de la force totale soit intéressant en principe, la principale considération qu’il faut garder à l’esprit est qu’un de ces militaires est à temps partiel tandis que l’autre est à temps plein.

Pour comprendre le développement des forces de réserve du Canada, nous devons vraiment revenir à la base. Autrefois, les Canadiens étaient à la fois citoyens et soldats, marins ou aviateurs, et ont répondu présents lorsqu’on les a appelés, notamment lors des deux guerres mondiales et de la Guerre de Corée. Tant en Afghanistan qu’en Irak, les réservistes sont venus gonfler les rangs de nos troupes, ce qui est tout à leur honneur.

Mais nous continuons de faire face à des circonstances difficiles. Nos réservistes aux niveaux subalternes sont toujours des étudiants pour la plupart et le taux d’attrition est élevé à ces niveaux. Peu de réservistes sont en mesure de consacrer le temps requis pour acquérir les qualifications, l’instruction et l’expérience attendues d’un militaire de la Force régulière. Ces quelques réservistes qui peuvent servir de façon continue afin d’atteindre le niveau optimal d’instruction et d’expérience finiront probablement par s’enrôler dans la Force régulière, ce qu’ils devraient faire. Nous devons admettre que certains groupes professionnels de spécialistes se prêtent mieux que d’autres au service à temps partiel dans la Réserve. Je pense notamment aux médecins et aux avocats.

Certains rôles précis peuvent être désignés pour les réservistes à temps partiel, mais une intégration parfaite à tous les grades et dans tous les groupes professionnels est un rêve pieux. Notre mentalité au Canada est de voir le réserviste comme un militaire à temps partiel qui représente les FAC dans sa collectivité. Nous ne sommes pas la Suisse ou Israël, où les citoyens sont des soldats qui, le fusil sous le lit, sont prêts pour une mobilisation immédiate. Il faut aussi admettre qu’il semble y avoir une tendance à utiliser notre armée davantage pour des urgences civiles que pour de véritables opérations expéditionnaires. Puisque la majorité du personnel de la Force régulière ne s’est pas enrôlé pour répondre à des urgences, les réservistes seraient-ils plus satisfaits dans ce rôle? Partir en déploiement à Brandon, au Manitoba, plutôt qu’à Bagdad, en Irak.

Donc, pourquoi continuons-nous de tenter en vain de réaliser l’impossible? Même si notre psyché et notre situation nationales étaient appelées à changer pour que le militaire à temps partiel soit vu comme un quasi-semblable du militaire régulier pleinement qualifié, je n’ai jamais vu le gouvernement affecter les fonds nécessaires pour que la Réserve devienne une force pleinement équivalente à la Force régulière sur les plans de l’équipement, de l’instruction, etc. Et je doute de voir cela un jour.

Nos réservistes font du mieux qu’ils peuvent étant donné les circonstances et la réalité. Permettons-leur de jouer le rôle qu’on avait prévu pour eux : celui de citoyens œuvrant à temps partiel comme soldats, marins ou aviateurs.

Veuillez agréer, Monsieur, mes sincères salutations.

Capitaine de corvette David B. Collins, CD

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