LES ENGAGEMENTS MONDIAUX

Photo du MDN KW11-2019-0073-092 par le caporal-chef Bryan Carter.

Un mitrailleur de porte du détachement d’aviation tactique assure la surveillance à bord d’un hélicoptère CH‑146 Griffon qui survole l’Iraq au cours de l’opération Impact, le 23 avril 2019.

Importance des opérations de renforcement des capacités pour les Forces armées canadiennes

par Yannick Michaud

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Le colonel Yannick Michaud, CD, M.Sc., M.D.S., M.A., est un membre du génie de combat. Il a occupé les fonctions de commandant du 5e Régiment du génie de combat et de conseiller militaire principal auprès du sous-ministre de la Défense nationale. Le colonel Michaud est actuellement responsable de séminaire à l’US Army’s School of Advanced Military Studies (SAMS) à Fort Leavenworth, au Kansas.

Notre approche consiste à ce que les forces agissent par elles-mêmes, en collaboration avec des alliés et au moyen de ressources, de façon à ce qu’elles en assument la responsabilité, et non les États-Unis. [TCO]

~ Général (à la retraite) James N. Mattis, secrétaire de la Défense des États-Unis1

Dpa picture alliance/Alamy Stock Photo/DF6MYY

Général James N. Mattis du United States Marine Corps, également 26e secrétaire de la Défense des États-Unis.

Introduction

Les opérations de renforcement des capacités sont devenues l’un des éléments clés de la politique américaine en matière de sécurité nationale. Comme le souligne l’épigraphe ci-dessus, les États-Unis considèrent que le renforcement des capacités des partenaires (RCP) est essentiel pour assurer une stratégie de retrait durable concernant les interventions militaires. Pour souligner davantage l’importance du RPC, la US Army mettra sur pied six brigades d’assistance aux forces de sécurité (BAFS2). Pour le général Mark A. Milley, ancien chef d’état-major de la US Army [et maintenant président de l’état-major interarmées – Note de la rédaction.], la BAFS constituait une grande priorité : « Selon mon évaluation, celle du secrétaire et celle de l’état-major de l’armée de terre, nous serons probablement appelés à fournir de l’instruction et des conseils et à mener des opérations d’assistance pendant de nombreuses années3 » [TCO]. Bien que le nouvel ouvrage de doctrine américaine intitulé Field Manual (FM) 3-0, Operations préconise effectivement un nouvel accent sur les opérations de combat de grande envergure (OCGE) afin de dissuader les adversaires de force égale et de se défendre contre ceux-ci, le manuel souligne la nécessité de mener des opérations d’assistance aux forces de sécurité durant la phase de consolidation des acquis4. Combiné aux affirmations du secrétaire de la Défense des États-Unis et de l’ancien chef d’état-major de l’armée de terre, le RCP deviendra assurément une mission continue pour les forces armées américaines.

Le Canada voit-il le renforcement des capacités de la même façon? Le cas échéant, la question la plus importante à se poser est « pourquoi »? La réponse déterminera si les Forces armées canadiennes (FAC) participeront à ces missions à moyen et à long termes, ou s’il s’agit simplement d’une « mode ». Une autre question d’importance se pose : ces missions contribuent-elles aux efforts de préparation de plus grande envergure des FAC ou entraînent-elles une atrophie d’autres capacités principales, telles que la capacité des FAC de détecter et de dissuader les menaces envers le Canada et ses alliés et de s’en défendre? L’auteur du présent article se penche sur ces questions et fait valoir que les missions de renforcement des capacités permettent d’atteindre les objectifs canadiens liés aux opérations militaires internationales. De plus, l’assistance aux forces de sécurité fournit un certain nombre d’avantages aux FAC et permet particulièrement à l’Armée canadienne de maintenir un niveau élevé de préparation opérationnelle.

Le renforcement des capacités selon une perspective canadienne : ce qu’en dit la politique de défense du Canada, Protection, Sécurité, Engagement

Pour répondre à la première question, on peut simplement consulter la politique de défense du Canada de 2017, Protection, Sécurité, Engagement (PSE). Comme le montre la figure 1, le renforcement des capacités, c’est-à-dire la Mission 5, constitue l’une des huit missions principales des FAC.

Gouvernement du Canada, Protection, Sécurité, Engagement : la politique de défense du Canada, p. 82.

Figure 1. Missions principales des Forces armées canadiennes.

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L’examen de la politique de défense traite des différents moyens qui seront utilisés pour renforcer les capacités. Par exemple, la politique PSE décrit la façon dont les FAC entendent appuyer l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) : les FAC peuvent « être déployées par le Canada, au besoin, pour contribuer efficacement à la posture de dissuasion, aux opérations, aux exercices et aux activités de renforcement des capacités de l’OTAN5 ». La politique traite également de la participation du Canada au renforcement des capacités du quartier général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) ainsi qu’aux opérations de l’ONU6. En novembre 2017, le gouvernement canadien a organisé une Réunion des ministres de la Défense sur le maintien de la paix des Nations Unies, durant laquelle il a annoncé la mise sur pied d’une nouvelle mission des FAC. Le premier ministre Justin Trudeau a indiqué que les FAC contribueraient de façon novatrice aux opérations de soutien de la paix de l’ONU, en donnant de l’instruction aux forces de l’ONU au lieu de fournir des forces traditionnelles de maintien de la paix : « Le soutien en matière de formation comprendra les activités suivantes : déploiement d’une nouvelle équipe canadienne d’assistance et d’entraînement qui travaillera avec le pays partenaire avant et pendant un déploiement pour améliorer la contribution de ce pays à une mission donnée7. »

Cette nouvelle mission de l’ONU s’ajoute au grand nombre d’opérations en cours des FAC axées sur les missions de renforcement des capacités à l’étranger. Les FAC mènent des missions d’instruction en Iraq, en Ukraine, en République démocratique du Congo, dans la région de l’Autorité palestinienne, de même que dans bon nombre d’autres endroits dans le cadre des opérations du Commandement – Forces d’opérations spéciales du Canada (COMFOSCAN) et des engagements stratégiques de l’Armée canadienne (AC). En 2018, plus de 1 500 membres des FAC ont participé à des opérations internationales, dont environ 70 p. 100 ont pris part à des opérations de renforcement des capacités8. Si l’on ajoute l’engagement de la nouvelle Équipe canadienne d’aide à l’instruction (ECAI) annoncé par le premier ministre Trudeau en novembre 2017, le nombre de missions d’instruction reflète une tendance : le gouvernement canadien favorise les missions de renforcement des capacités dans le cadre de la politique étrangère et de la politique de défense. Une question déterminante se pose alors : pourquoi le renforcement des capacités?

« Pourquoi » – Les objectifs de la politique étrangère et de la politique de défense du Canada

Le renforcement des capacités offre plusieurs occasions d’atteindre les objectifs de la politique étrangère et de la politique de défense du gouvernement canadien. Ces politiques traitent de quatre éléments clés qui indiquent comment et pourquoi le gouvernement se sert des FAC comme instrument de puissance nationale durant les opérations internationales. Premièrement, le gouvernement actuel souhaite que les forces militaires canadiennes jouent un rôle plus important pour préserver et renforcer l’ordre mondial grâce à la prévention des conflits. Deuxièmement, les FAC doivent accroître leur participation aux activités des institutions multilatérales et à la coopération internationale, notamment les missions de soutien de la paix de l’ONU. Troisièmement, elles doivent appuyer les intérêts nationaux des États-Unis en matière de sécurité afin de protéger la relation solide du Canada avec son plus proche allié. Quatrièmement, les FAC doivent contrer les menaces terroristes et celles provenant d’acteurs étatiques précis en maintenant une force capable de mener des opérations dans l’ensemble du spectre afin de dissuader ces menaces et de s’en défendre. Examinons maintenant de façon exhaustive ces quatre objectifs énoncés dans la politique étrangère et la politique de défense en vigueur.

La Presse canadienne/Sean Kilpatrick/15912530.

Ministre des Affaires étrangères à l’époque, Chrystia Freeland.

Le renforcement de la stabilité mondiale

Les nouvelles politiques mettent en lumière le point de vue du Canada sur les États défaillants et les États en déroute, guident le recours à la force militaire et soulignent le rôle du Canada lié à la promotion de la stabilité mondiale afin de protéger les valeurs et les intérêts nationaux. Chrystia Freeland, ancienne ministre des Affaires étrangères, a indiqué que « [n]ous pouvons et devons jouer un rôle actif dans la préservation et l’amélioration de l’ordre mondial dont nous avons si grandement profité. Jouer ce rôle servira nos intérêts parce que notre propre société ouverte est davantage en sécurité dans un monde de sociétés ouvertes, et elle est menacée dans un monde où les sociétés ouvertes sont menacées9 ». Dans son discours, la ministre Freeland a mis l’accent sur les liens entre la stabilité mondiale ainsi que les valeurs et les intérêts nationaux canadiens et a reconnu que dans le monde interrelié contemporain, le Canada ne peut agir en vase clos10.

L’examen de la politique de défense Protection, Sécurité, Engagement renforce l’énoncé de politique étrangère. Il justifie l’appui à la paix et à la sécurité internationales, tout en précisant les liens entre la sécurité nationale et la stabilité mondiale, de même que le recours aux forces militaires comme instrument de puissance nationale11. Comme le montre la figure 2, la politique PSE indique que « la stabilité mondiale, la primauté d’un ordre international fondé sur des règles et le principe de la défense collective sont à la base de la sécurité et de la prospérité du Canada12 ».

Gouvernement du Canada, Protection, Sécurité, Engagement : la politique de défense du Canada, p. 59.

Figure 2. Intérêts stratégiques du Canada.

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On peut soutenir la stabilité mondiale et l’ordre international fondé sur des règles au moyen de la prévention des conflits. La politique PSE énonce que les FAC doivent acquérir « une compréhension plus profonde et plus pointue des raisons fondamentales du conflit en vue de jouer un rôle plus grand dans la prévention du conflit, d’intervenir plus tôt dans le cycle du conflit le cas échéant et de minimiser les conséquences d’un conflit prolongé13 ». Par conséquent, les deux politiques soulignent que les FAC doivent éviter les conflits grâce à une intervention rapide.

Pour atteindre l’objectif lié au renforcement de la stabilité mondiale, les FAC peuvent mettre sur pied une capacité au sein des forces de sécurité du pays hôte afin d’assurer leur propre sécurité. Comme le résume l’expression « par elles-mêmes, en collaboration avec des alliés et au moyen de ressources14 », cette approche permet aux FAC d’offrir de l’instruction aux forces locales dans des lieux où elles peuvent contrer des menaces, posées notamment par les organisations extrémistes violentes (OEV) et les États expansionnistes, par elles-mêmes, en collaboration avec des partenaires de la coalition et au moyen de ressources de la coalition. Grâce à la mise sur pied de forces de sécurité locale, le pays hôte est mieux préparé pour faire face aux menaces internes et externes des groupes armés illégaux.

Le renforcement des capacités permet également la prévention des conflits. En enseignant aux forces de sécurité locales les principes éthiques et les obligations en vertu du droit international des conflits armés, ces forces de sécurité deviennent plus compétentes et responsables en ce qui concerne la primauté du droit. Cela s’avère particulièrement important si une population locale considère que les forces locales sont « corrompues, inefficaces, politisées ou brutales15 ». Si les forces locales respectent davantage le droit des conflits armés, elles acquièrent la confiance de la population locale, ce qui contribue à réduire le soutien aux groupes armés illégaux, surtout durant une insurrection. L’opération des FAC en République démocratique du Congo fournit un bon exemple d’instruction des forces de sécurité locales dans le but de renforcer l’armée congolaise, particulièrement au niveau du respect de sa propre population16.

Le combat contre le soi-disant État islamique en Iraq et en Syrie (EIIS ou Daech) constitue un exemple éloquent du recours aux forces canadiennes pour soutenir la stabilité mondiale et permettre la prévention des conflits à long terme. En 2011, les États-Unis et leurs alliés ont retiré leurs troupes d’Iraq, créant un vide au niveau de la sécurité, car les forces de sécurité iraquiennes (FSI) n’avaient pas la capacité de maintenir une stabilité. Par conséquent, l’EIIS a pu prendre de larges secteurs de terrain pour ainsi dire en toute impunité17. Pour lutter contre Daech, les États-Unis ont formé une coalition militaire en 2014, dans le but premier de former les forces de sécurité iraquiennes au moyen de l’approche « par elles-mêmes, en collaboration avec des alliés et au moyen de ressources18 ». En améliorant leurs forces militaires, les Iraquiens assurent leur propre sécurité et mettent en place les conditions nécessaires pour que la coalition laisse au pays de meilleures chances de stabilité à long terme. Le gouvernement canadien a rapidement appuyé la coalition. Il a envoyé les FAC en 2014 dans le cadre de l’opération Impact avec des éléments d’appui aérien et les membres du COMFOSCAN afin de former, de conseiller et d’aider les forces de sécurité iraquiennes dans la lutte contre Daech19. En 2016, les FAC ont triplé le nombre d’instructeurs et ont mis en place de nouvelles capacités en Iraq et en Jordanie, ce qui a clairement montré la conviction du gouvernement canadien quant à la valeur du renforcement des capacités.

Le renforcement des institutions multilatérales

Un autre objectif du gouvernement en place est de soutenir les institutions internationales, en particulier l’effort de l’ONU en matière de soutien de la paix. Le Canada a activement pris part à toutes les opérations de l’ONU depuis sa première mission durant la crise du canal de Suez. Envoyant de 1 000 à 3 000 soldats annuellement, il a fait partie des 10 plus grands contributeurs de troupes jusqu’à la fin des années 199020. Bien que le Canada ait considérablement réduit sa participation aux missions de l’ONU au cours des dix dernières années, le gouvernement actuel considère cette participation comme un élément clé pour tirer profit des instruments de puissance nationale. Comme le Canada est une puissance moyenne, le multilatéralisme lui permet de « prendre une place beaucoup plus importante » sur la scène internationale compte tenu de sa crédibilité en tant que créateur de coalition21. En août 2016, le gouvernement libéral s’est engagé à fournir 600 membres des FAC, 150 policiers et une somme de 450 millions de dollars dans le cadre des missions de l’ONU22. Malgré le fait que cette contribution n’équivaut pas à celles qui ont été faites dans les années 1990, elle montre tout de même une volonté de prendre part de nouveau aux opérations de stabilité sous le mandat de l’ONU.

Cependant, le gouvernement canadien considère que les FAC font davantage que des tâches traditionnelles de maintien de la paix. Comme il a été susmentionné, le premier ministre a annoncé la mise sur pied d’une nouvelle mission de l’ONU, à laquelle prendra part l’ECAI. L’honorable Harjit S. Sajjan, ministre de la Défense nationale, a expliqué la raison pour laquelle cette contribution aura une plus grande incidence :

Nous avons effectué une analyse très exhaustive. Nous sommes allés dans des lieux où nous pouvions envoyer mille soldats et n’avoir un impact que sur un petit secteur. Dans ce cas-ci, nous tentons d’améliorer les missions… Certains gardiens de la paix font en fait partie du problème… Imaginez un certain nombre d’instructeurs experts canadiens qui forment un bataillon (de l’ONU) tout entier afin d’en accroître l’efficacité. Cela aurait une incidence beaucoup plus importante23. [TCO]

En montrant aux pays contributeurs de troupes comment agir de façon plus compétente et responsable, le Canada améliore l’efficacité de l’ONU, ce qui permet d’accroître la stabilité mondiale et la prévention des conflits, tout en contribuant aux institutions multilatérales, soit trois objectifs du gouvernement canadien en matière de politiques.

Le renforcement de la relation canado-américaine

La politique étrangère et la politique de défense ont établi un autre objectif clé pour le Canada : sa relation avec les États-Unis. Comme la ministre Freeland l’a indiqué, les intérêts nationaux du Canada sont inextricablement liés à la sécurité nationale des États-Unis, et le Canada doit maintenir une solide relation avec son plus proche allié24. La politique étrangère et la politique de défense mettent toutes deux en lumière un point essentiel à retenir : la crédibilité du Canada aux yeux de son allié américain en tant que partenaire de défense repose essentiellement sur l’appui efficace des forces militaires canadiennes aux objectifs des États-Unis en matière de sécurité nationale. Par conséquent, les FAC devraient mener des missions pertinentes aux yeux des États-Unis pour promouvoir la sécurité nationale américaine. Comme il a été mentionné dans l’introduction, le département de la Défense des États-Unis considère que l’assistance aux forces de sécurité est une priorité des forces américaines.

La mission liée à la lutte contre l’EIIS a montré la volonté du Canada à partager le fardeau en prenant part aux efforts des États-Unis, et donc à renforcer sa relation de défense avec eux. Tel qu’il a été susmentionné, le gouvernement a accru la contribution des FAC dans le cadre de l’opération Impact en 2016 et a pratiquement doublé les effectifs en Iraq et en Jordanie25. Comptant un total de 830 militaires en 2017, les FAC représentaient presque 10 p. 100 de la coalition de 23 pays engagés dans le combat contre l’EIIS en Iraq et en Syrie26. En raison de cet engagement, les forces américaines ont considéré que le Canada « jouait dans la cour des grands », ce qui était favorable à la relation entre le Canada et les États-Unis27.

En outre, le Canada a investi dans d’autres missions de renforcement de capacités pour appuyer la sécurité nationale des États-Unis. Par exemple, dans le cadre de l’opération Naberius, les FAC donnent de l’instruction aux Forces armées nigériennes afin de contrer les OEV dans le Sahel par l’entremise du Programme d’aide au renforcement des capacités antiterroristes (PARCA28) d’Affaires mondiales Canada. Celui-ci fait partie du programme de plus grande envergure parrainé par le Commandement des États-Unis pour l’Afrique, qui vise « à réduire le soutien aux OEV et leur perception de refuge29 » [TCO]. Par conséquent, la contribution du Canada au renforcement des capacités permet de partager le fardeau, en particulier dans les régions francophones, où le bilinguisme du Canada constitue un atout. L’opération Proteus à Jérusalem constitue un autre exemple de partenariat avec les États-Unis au niveau de l’instruction de l’Autorité palestinienne. Dans le cadre de cette opération, les FAC représentent le plus gros contingent relevant du Bureau du Coordonnateur des Nations Unies pour les mesures de sécurité auprès d’Israël et de l’Autorité palestinienne30.

Opération Naberius 2017.

Des membres des Forces armées canadiennes forment des membres des Forces armées nigériennes pendant une patrouille au niveau du peloton dans le cadre de l’opération Naberius 2017, au Nigéria.

Contrer les menaces mondiales au moyen d’une force capable de mener des opérations dans l’ensemble du spectre

Le quatrième objectif des politiques est la nécessité pour les FAC de dissuader une vaste gamme de menaces et de s’en défendre. Ces menaces comprennent les OEV et les États-nations qui défient l’ordre international fondé sur des règles comme la Corée du Nord, la Russie et la Syrie31. Dans son discours, la ministre Freeland a souligné les menaces suivantes : « La dictature en Corée du Nord, les crimes contre l’humanité en Syrie, les extrémistes monstrueux de Daech ainsi que l’aventurisme militaire et l’expansionnisme de la Russie présentent toutes des menaces stratégiques claires pour le monde libéral démocratique, y compris le Canada32 ». En nommant expressément ces quatre menaces, la ministre Freeland exprimait les directives du gouvernement à l’égard des FAC : se tenir prêtes à les contrer.

Comme l’illustre la figure 1, la nouvelle politique de défense énumère les huit missions principales des FAC, qu’il s’agisse d’être prêtes à faire face à des menaces dans l’ensemble du spectre, de mener des missions humanitaires ou d’effectuer des opérations de défense et de dissuasion. Ces huit missions ne sont pas mutuellement exclusives et comprennent de multiples éléments communs qui influencent la capacité des FAC à réaliser ces tâches principales. Par exemple, les engagements de l’OTAN et du NORAD nécessitent « des forces armées canadiennes qualifiées, professionnelles, bien financées et bien équipées » afin de dissuader les menaces et de défendre le Canada et ses alliés, tout en contribuant à la stabilité mondiale33. Le gouvernement du Canada passera d’un investissement de 18,9 milliards de dollars canadiens en 2016-2017 à 32,7 milliards de dollars canadiens en 2026-2027, une augmentation de plus de 70 p. 100 du budget de la défense34. L’augmentation des dépenses liées à la défense permettra d’accroître la capacité des FAC de maintenir une force apte au combat prête à intervenir dans le cadre d’une vaste gamme de situations, qu’il s’agisse de mener des combats dans la péninsule coréenne ou de contrer des OEV35.

En disposant d’une force de combat crédible capable de remplir ses huit missions principales, le gouvernement canadien a la souplesse nécessaire pour réagir à de multiples situations, de la crise humanitaire à la guerre totale. La souplesse est très importante, car le gouvernement doit établir un équilibre entre les capacités en fonction des ressources limitées disponibles. Les FAC doivent maximiser toutes les occasions de réaliser les huit missions principales avec la même efficacité. Pour assurer la souplesse nécessaire, les FAC peuvent notamment participer à des missions qui permettent de maintenir les compétences de combat, de tirer profit des occasions d’apprentissage et de coopérer avec les alliés.

Le renforcement des capacités peut également appuyer la nécessité de maintenir des capacités pouvant agir dans l’ensemble du spectre. En s’entraînant en vue de conflit de haute intensité, les FAC conservent l’expertise nécessaire pour mener des opérations interarmées et multinationales. Une force militaire ne peut être crédible pour entraîner d’autres forces que si elle est hautement compétente. En offrant de l’instruction à l’échelle internationale, les FAC maintiennent leur capacité à mener des opérations interarmées et multinationales, ce qui contribue par la même occasion à dissuader des menaces provenant d’acteurs étatiques, soit un autre objectif canadien en matière de défense.

La seule façon pour les membres des FAC d’être crédibles en matière de renforcement des capacités est d’être des experts en tactique. Afin d’acquérir ces compétences, les militaires doivent suivre l’instruction de tir réel de niveau 5 avant le déploiement36. Le commandant de l’Armée canadienne considère que le niveau 5 est le « terrain vital » de l’Armée canadienne, c’est-à-dire le niveau le plus important de l’instruction37. Ce niveau est également très coûteux, et la nécessité d’effectuer des exercices de tir réel pourrait être remise en question dans un contexte de restrictions budgétaires. Cependant, les FAC sont à même de justifier la protection de fonds pour organiser ce type d’exercices tactiques étant donné qu’elles doivent prouver leur compétence avant tout déploiement dans le cadre d’opérations de renforcement des capacités. En accroissant leurs compétences, les FAC maintiennent leur capacité à mener des opérations tactiques interarmes dans une vaste gamme de situations.

L’opération Unifier, la mission en Ukraine, est un bon exemple de cette affirmation. Après que la Russie ait annexé la Crimée et envahi la région du Donbass, le ministère de la défense ukrainien a présenté une demande officielle de soutien en vue de renforcer les capacités des forces armées ukrainiennes et de les former38. L’objectif de l’opération Unifier consiste à accroître la capacité militaire de l’Ukraine afin que celle-ci puisse faire face aux menaces à sa souveraineté39. Cette mission à laquelle participent plus de 200 membres de l’Armée canadienne, de la Marine royale canadienne et de l’Aviation royale canadienne est axée sur la prestation d’instruction au niveau tactique aux forces armées ukrainiennes afin d’accroître leur efficacité au moyen d’une réforme doctrinale, institutionnelle et organisationnelle40. Grâce à une approche de formation des instructeurs, les FAC permettent aux forces armées ukrainiennes de former leurs propres troupes, ce qui rehausse leur efficacité sur le terrain, dans les zones de conflit du Donbass41.

Photo du MDN AK51-2016-045-008/Force opérationnelle interarmées en Ukraine.

Un instructeur canadien lève le pouce vers des soldats ukrainiens pour saluer leur motivation et leur rendement pendant une séance de tir réel défensif au champ de tir à Starychi, en Ukraine, le 30 juin 2016.

L’opération Unifier permet également aux FAC d’acquérir des connaissances sur la façon dont les forces militaires russes mènent leurs activités. Le lieutenant-colonel Jason Guiney, ancien commandant de la Force opérationnelle de l’opération Unifier, a fourni quelques exemples :

Nous avons dégagé de nombreuses leçons retenues dans la région du Donbass, dont plusieurs portent sur la façon dont les insurgés soutenus par la Russie mènent leurs combats. Nous avons acquis des connaissances sur les tactiques utilisées dans cette région. Il s’agit de grandes leçons pour l’Armée canadienne et d’un bon avant-goût de ce que l’OTAN appelle la guerre hybride. Dans la région du Donbass, les Ukrainiens doivent composer avec des combats conventionnels char contre char, des insurgés, des bombes placées en bordure de routes, des activités de guerre électronique ainsi que des véhicules aériens sans pilote, et nous sommes en mesure d’en avoir un aperçu et de transmettre les connaissances acquises à nos pairs au Canada42 [TCO].

En outre, l’environnement opérationnel fournit quantité de renseignements sur une vaste gamme de menaces, telles que les cyberattaques et les combats aériens avec des aéronefs de l’ère soviétique. Ces renseignements pourraient s’avérer très précieux dans le cadre d’un conflit hybride avec la Corée du Nord ou la Russie43. Les missions de renforcement des capacités sont profitables pour les FAC; en effet, celles-ci peuvent s’entraîner, maintenir leurs compétences en formant d’autres forces et acquérir des renseignements sur des menaces qu’elles ne peuvent pas reproduire au Canada.

Photo du MDN KW11‑2019‑0037‑72 par le caporal Ryan Moulton.

Le caporal-chef Elizabeth Inman forme une membre de l’équipe de mission féminine de la force de réaction rapide des Forces armées jordaniennes pendant l’exercice Eager Lion en Jordanie, le 2 septembre 2019.

Conclusion

Le Canada se joint aux partenaires de la Coalition internationale contre Daech pour féliciter les Iraquiens et les forces iraquiennes concernant la libération de Mossoul du contrôle de Daech. Nous saluons les policiers, les soldats et les civils iraquiens qui ont combattu côte à côte pour vaincre les menaces posées par Daech. Leurs sacrifices ont rendu ce pays plus sûr et cette région plus sécuritaire. Nous souhaitons également remercier les hommes et les femmes membres des Forces armées canadiennes qui ont formé, conseillé et aidé les forces iraquiennes durant ce combat et qui ont servi avec abnégation. [TCO]

~ L’honorable Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères; l’honorable Marie-Claude Bibeau, ministre du Développement international et de la Francophonie; et l’honorable Harjit S. Sajjan, ministre de la Défense nationale

Comme il a été susmentionné, les missions ou les partenariats de renforcement des capacités ont représenté environ 70 p. 100 des engagements canadiens envers des opérations internationales en 201844. Les motifs justifiant cette importante proportion sont clairs : les missions de renforcement des capacités offrent de nets avantages au gouvernement canadien. D’abord, le renforcement des capacités appuie la stabilité mondiale grâce à la prévention des conflits par l’entremise de l’instruction des forces locales afin que celles-ci deviennent plus professionnelles, éthiques et compétentes. Ensuite, cela permet au gouvernement canadien d’utiliser ses propres forces militaires en dernier recours étant donné que celles-ci auront formé des forces locales capables d’assurer leur sécurité par elles-mêmes. Les missions d’instruction contribuent également à la victoire contre les OEV et, dans certains cas, aident les États-nations à combattre les ambitions expansionnistes d’autres États, ce qui appuie donc l’ordre international fondé sur des règles. Étant donné les objectifs des États-Unis en matière de sécurité nationale et l’accent de l’armée de terre américaine sur l’aide à des forces étrangères, la contribution canadienne aux efforts de renforcement des capacités dans certaines régions permet de maintenir le statut du Canada en tant que partenaire fiable des États-Unis.

Si l’on consulte la liste des missions montrée à la figure 1, le renforcement des capacités peut contribuer à six des huit missions principales énoncées dans la nouvelle politique de défense. Par exemple, en maintenant une force de combat crédible au moyen d’une instruction de haut niveau, les FAC sont mieux préparées à dissuader les menaces envers le Canada (Mission 1) ou l’Amérique du Nord (Mission 2) et à s’y défendre. Comme le montrent les opérations en Iraq, au Sahel et en Ukraine, les missions de renforcement des capacités permettent de fournir des forces à l’OTAN et de contribuer aux efforts de la coalition pour dissuader et vaincre les adversaires, y compris les terroristes, dans le but de soutenir la stabilité mondiale (Mission 3), de même que de soutenir la sécurité d’autres pays et leur capacité de contribuer à la sécurité à l’étranger (Mission 5). De plus, les initiatives de renforcement des capacités, telles que l’ECAI, le Centre de formation pour le soutien de la paix et le Programme d’instruction et de coopération militaires, contribuent aux opérations de paix internationales et aux missions de stabilisation dirigées par l’ONU (Mission 4). Enfin, la participation des FAC au PARCA aide les autorités civiles et l’application de la loi, dont les opérations antiterroristes, à l’appui de la sécurité nationale (Mission 6).

Le renforcement des capacités présente également des avantages pour les FAC. Ces missions favorisent le maintien d’une force de combat crédible en accroissant les exigences des FAC en matière d’instruction. Cela renforce ainsi la nécessité d’offrir de l’instruction de tir réel de niveau 5 et autre instruction de haut niveau. En effet, un instructeur doit s’avérer plus compétent que tout stagiaire si l’on veut assurer la crédibilité du renforcement des capacités. En montrant des résultats exemplaires, l’Armée de terre est en mesure de protéger le financement de l’instruction onéreuse, bien qu’essentielle, de tir réel. Dans le cadre de missions d’instruction en Ukraine, les FAC peuvent ainsi acquérir des renseignements sur un adversaire de force égale, soit la Russie. En Iraq, les membres des FAC ont conservé leur réputation de combattants aux yeux des États-Unis et des forces de la coalition45. Durant la mission à Kandahar, les FAC ont lutté pour maintenir leur crédibilité à titre de force de combat après avoir passé un demi-siècle à mener des tâches de maintien de la paix dans le monde entier46. Voilà pourquoi le renforcement des capacités cadre avec la nécessité pour les FAC de s’exercer en fonction des pires scénarios, notamment celui de la guerre totale.

Une question reste toutefois en suspens… Quelle est la probabilité que le renforcement des capacités demeure une priorité pour les forces armées, particulièrement après la défaite de l’EIIS? En juillet 2017, les Forces iraquiennes ont libéré Mossoul, une victoire d’envergure dans la lutte contre Daech, qui leur a valu l’éloge du gouvernement canadien comme l’a souligné la ministre Freeland dans son discours. Dans le sillage des récents souvenirs de la mission en Afghanistan, il s’agit d’une « victoire » importante pour le gouvernement du Canada, de même qu’une source de fierté pour la population canadienne. Bien que le sort de l’Iraq soit loin d’être certain, étant donné que d’autres groupes terroristes pourraient faire surface, la coalition combat les extrémistes violents d’une manière nouvelle et efficace. En perfectionnant les FSI, la coalition pourra finalement retirer ses troupes d’Iraq, ce qui rend le renforcement des capacités d’autant plus attrayant pour le gouvernement canadien.

En outre, les missions de renforcement des capacités sont souhaitables pour une autre raison de premier plan. Comme la plupart des conflits militaires sont également une « guerre pour l’opinion publique », le gouvernement doit maintenir l’appui du public pour poursuivre ses opérations à l’étranger47. Les missions de renforcement des capacités présentent des avantages clairs étant donné qu’elles peuvent être facilement justifiées auprès de la population canadienne. Par exemple, l’instruction des forces locales est un objectif que les Canadiens peuvent facilement comprendre. De plus, ces types d’opérations permettent le déploiement des forces armées, tout en réduisant le risque de pertes puisqu’ils ne constituent pas un remplacement des capacités, auquel cas les FAC exécuteraient la plupart des tâches au combat, comme cela a été le cas en Afghanistan. Les FAC peuvent également assurer leur stratégie de sortie, ce qui réduit les probabilités de conflit prolongé sans fin en vue. La lutte antiterroriste contribue également à la protection du Canada, étant donné que l’on cherche à vaincre ceux qui mènent des attaques contre les Canadiens, ce qui préoccupe grandement notre population étant donné les récentes attaques au pays48. Le renforcement des capacités permet d’atteindre ces objectifs tout en réduisant les coûts et les pertes humaines. Ces résultats positifs expliquent pourquoi ces missions demeureront probablement une priorité pour les FAC dans un proche avenir.

Photo du MDN KW12‑2019‑0089‑028 par le caporal Jerome Lessard.

Des fantassins des Forces armées canadiennes participant à l’opération Impact de la Force opérationnelle interarmées (FOI‑1) montent à bord d’un appareil CC‑130J Hercules, initialement prévu pour l’Iraq, afin de commencer leur affectation de sept mois à la base aérienne Ali Al Salem, au Koweït, le 27 novembre 2019.

Néanmoins, les missions de renforcement des capacités ne sont pas sans faille, et les FAC doivent tenir compte de nombreux facteurs avant de prendre part à ces opérations. Premièrement, les FAC doivent déterminer ce qui constitue le niveau acceptable lorsque l’on évalue l’efficacité de l’instruction des forces locales49. Deuxièmement, les FAC doivent considérer les avantages de l’approche visant à « aider, à conseiller et à accompagner » afin de valider l’instruction des forces locales. Les missions « d’accompagnement » exposent les troupes canadiennes à un plus grand risque de pertes, mais elles peuvent s’avérer plus efficaces pour entraîner des forces locales étant donné que les FAC forment les « stagiaires » durant les opérations50. Troisièmement, il est possible que les forces occidentales entraînent des forces de sécurité locales pouvant être impliquées dans un coup d’État ultérieur contre le gouvernement du pays hôte ou dans des violations du droit des conflits armés, ce qui peut transformer la mission en une crise médiatique51. Quatrièmement, le renforcement des capacités comprend habituellement le fait de fournir au pays hôte des armes létales, ce à quoi d’autres pays pourraient s’opposer, comme cela a été le cas en Iraq, où la coalition entraîne les forces kurdes, au grand mécontentement de la Turquie et de l’Iran52. Tous ces facteurs doivent être évalués avant toute opération de renforcement des capacités. Cependant, vu les récents succès en Iraq et en Ukraine, tout porte à croire que ces types de missions feront partie du proche avenir des FAC. Pour le gouvernement et la population du Canada, les missions axées sur l’approche « par elles-mêmes, en collaboration avec des alliés et au moyen de ressources » sont taillées sur mesure pour concilier les diverses attentes liées au recours aux Forces armées canadiennes étant donné que ces missions permettent d’obtenir des « gains à des coûts acceptables ».

Photo du MDN RP26-2019‑0017‑001 par le matelot de 1re classe Erica Seymour.

Le capitaine Shirley Gilbert (à gauche) et le capitaine Mathieu Gagnon (à droite), officiers du génie aérospatial, travaillent « à l’extérieur » alors qu’ils reprogramment le soutien opérationnel de guerre électronique durant l’opération Reassurance – FOA Roumanie de la coalition de l’OTAN, le 14 octobre 2019, à la base aérienne Mihail Kogălniceanu.

Notes

  1. Joseph L. Votel and Eero R. Keravuori, « The By-With-Through Operational Approach », Joint Force Quarterly 89, 2e trimestre, 2018, p. 40.
  2. Todd Lopez, Security Force Assistance Brigades to Free Brigade Combat Teams from Advise, Assist Mission, US Army, le 18 mai 2017, page consultée le 14 décembre 2018, à l’adresse suivante : https://www.army.mil/article/188004/security_force_assistance_brigades_to_free_brigade
    _combat_teams_from_advise_assist_mission
    .
  3. Gary Sheftick, « First Security Force Assistance Brigade Training for Deployment », TRADOC News Center, le 16 octobre 2017, page consultée le 14 décembre 2018, aux adresses suivantes : http://tradocnews.org/tag/sfab/ (hyperlien périmé) et https://www.army.mil/article/195178/first_security_force_assistance_brigade_training_
    for_deployment
    .
  4. La « consolidation des acquis » permet de faciliter les opérations militaires et d’établir les conditions pour assurer un environnement stable et durable afin de permettre un transfert aux autorités légitimes. Voir US Department of the Army, Field Manual (FM) 3-0, Operations, Washington, DC, Government Printing Office, 2017, p. 8-1 et 8-4.
  5. Gouvernement du Canada, Protection, Sécurité, Engagement : la politique de défense du Canada, Ottawa, ministère de la Défense nationale, 2017, p. 91
  6. Ibid.
  7. Justin Trudeau, « Contributions canadiennes aux opérations de soutien à la paix des Nations Unies », Premier ministre du Canada, le 15 novembre 2017, page consultée le 27 décembre 2018, à l’adresse suivante : https://pm.gc.ca/fr/nouvelles/notes-dinformation/2017/11/15/contributions-canadiennes-aux-operations-de-soutien-la-paix.
  8. Ministère de la Défense nationale du Canada, « Opérations », Défense nationale | Forces armées canadiennes, page consultée le 21 octobre 2018, à l’adresse suivante : https://www.canada.ca/fr/ministere-defense-nationale/services/operations.html.
  9. Chrystia Freeland, « Discours de la ministre Freeland sur les priorités du Canada en matière de politique étrangère », Affaires mondiales Canada, le 6 juin 2017, page consultée le 3 octobre 2018, à l’adresse suivante : https://www.canada.ca/fr/affaires-mondiales/nouvelles/2017/06/discours_de_la_ministrefreelandsurlesprioritesducanada
    enmatiered.html
    .
  10. Ibid.
  11. Ibid., p. 61.
  12. Ibid., p. 59.
  13. Ibid., p. 105.
  14. « Par elles-mêmes, en collaboration avec des alliés et au moyen de ressources » est une expression des forces d’opérations spéciales adoptée par le commandant général Votel, commandement central américain (CENTCOM). Voir Linda Robinson, SOF’s Evolving Role : Warfare ‘By, With, and Through’ Local Forces, RAND Corporation, page consultée le 14 décembre 2017, à l’adresse suivante : https://www.rand.org/blog/2017/05/sofs-evolving-role-warfare-by-with-and-through-local.html.
  15. Marla C. Haims, (dir. éd.), Breaking the Failed-State Cycle, Santa Monica, Californie, RAND Corporation, 2008, p. 10.
  16. Kaitlin Buttrum, « Opération CROCODILE : faciliter la paix et prévenir les conflits dans la République démocratique du Congo », Défense nationale | Forces armées canadiennes, le 29 mars 2017, page consultée le 12 décembre 2018, à l’adresse suivante : http://www.forces.gc.ca/fr/nouvelles/article.page?doc=operation-crocodile-faciliter-la-paix-et-prevenir-les-conflits-dans-la-republique-democratique-du-congo/j0ts93ry.
  17. Pour connaître les arguments sur les répercussions qu’a eu le retrait des troupes américaines d’Iraq en 2011, voir Eliot A. Cohen, The Big Stick : The Limits of Soft Power and the Necessity of Military Force, New York, Basic Books, 2016, p. 181. Voir aussi Hal Brands et Peter Feaver, « Was the Rise of ISIS Inevitable? », Survival 59, n3, le 4 mai 2017, p. 9, page consultée le 14 décembre 2017, à l’adresse suivante : https://doi.org/10.1080/00396338.2017.1325595.
  18. Force opérationnelle interarmées multinationale, « Updated Mission Statement Fact Sheet », Operation Inherent Resolve, le 7 juillet 2017, page consultée le 12 décembre 2018, à l’adresse suivante : http://www.inherentresolve.mil/Portals/14/Documents/ Mission/20170717-%20Updated%20Mission%20Statement%20Fact%20Sheet.pdf?ver=2017-07-17-093803-770.
  19. Ministère de la Défense nationale du Canada, « Opération IMPACT | Moyen-Orient », Défense nationale | Forces armées canadiennes, page consultée le 19 décembre 2018, à l’adresse suivante : https://www.canada.ca/fr/ministere-defense-nationale/services/operations/operations-militaires/operations-en-cours/operation-impact.html.
  20. Lucia Kowaluk et Steven Staples, (dir. éd.), Afghanistan and Canada: Is There an Alternative to War?, Montréal, Black Rose Books, 2009, p. 281 et 282.
  21. Sebastien Hierl, « Questioning Canada’s Middle Power Status and Its Possible Impact on the UNSC Bid », IAffairs Canada, le 5 janvier 2017, page consultée le 7 décembre 2018, à l’adresse suivante : http://www.iaffairscanada.com/2017/questioning-canadas-middle-power-status-and-its-possible-impact-on-the-unsc-bid/2017/questioning-canadas-middle-power-status-and-its-possible-impact-on-the-unsc-bid.
  22. Murray Brewster, « Liberals Unveil New UN Peacekeeping Force with Hundreds of Troops, Police Officers », CBC News, le 26 août 2016, page consultée le 7 décembre 2018, à l’adresse suivante : http://www.cbc.ca/news/politics/canada-peacekeeping-announcement-1.3736593.
  23. Harjit S. Sajjan, interviewé par Evan Solomon, « CTV Question Period: Where Would Peacekeepers Go? » (vidéo), CTV News, le 18 novembre 2017, page consultée le 6 décembre 2018, à l’adresse suivante : http://www.ctvnews.ca/video? clipId=1264682.
  24. Freeland, « Discours de la ministre Freeland ».
  25. MDN, « Opération IMPACT ».
  26. Force opérationnelle interarmées multinationale, Updated Mission Statement Fact Sheet.
  27. Matthew Fisher, « Canada Punching above Its Weight in Fight against ISIL Forces, U.S. Military Commander Says », National Post, le 17 avril 2015, page consultée le 14 décembre 2017, à l’adresse suivante : http://nationalpost.com/news/world/fisher-canadian-contribution-to-fight-against-isil-744123.
  28. Ministère de la Défense nationale du Canada, « Opération NABERIUS | Niger », dans Défense nationale | Forces armées canadiennes, le 20 octobre 2017, page consultée le 28 décembre 2017, à l’adresse suivante : https://www.canada.ca/fr/ministere-defense-nationale/services/operations/operations-militaires/operations-en-cours/operation-naberius.html.
  29. Commandement des États-Unis pour l’Afrique, Flintlock, Commandement des États-Unis pour l’Afrique, page consultée le 28 décembre 2017, à l’adresse suivante : http://www.africom.mil/what-we-do/exercises/flintlock.
  30. Ministère de la Défense nationale du Canada, « Opération PROTEUS | Jérusalem », dans Défense nationale | Forces armées canadiennes, le 20 février 2013, à l’adresse suivante https://www.canada.ca/fr/ministere-defense-nationale/services/operations/operations-militaires/operations-en-cours/operation-proteus.html.
  31. Gouvernement du Canada, Protection, Sécurité, Engagement, p. 50.
  32. Ibid. (La citation provient de l’article de la note 9)
  33. Ibid. (La citation provient de l’article de la note 9)
  34. Ministère de la Défense nationale du Canada, « Le Canada présente sa nouvelle politique de défense », gouvernement du Canada, le 7 juin 2017, page consultée le 12 décembre 2017, à l’adresse suivante : https://www.canada.ca/fr/ministere-defense-nationale/nouvelles/2017/06/le_canada_presentesanouvellepolitiquededefense.html.
  35. Gouvernement du Canada, Protection, Sécurité, Engagement, p. 36.
  36. L’instruction de niveau 5 est effectuée au niveau de la sous-unité interarmes (équipe de combat et groupe-compagnie). Voir Ministère de la Défense nationale du Canada, Publication de doctrine de l’Armée canadienne B-GL-005-000/AC-001, Engagés vers l’avant : la stratégie de l’Armée, Kingston, Ontario, Centre de la doctrine et de l’instruction de l’Armée canadienne, 2014, p. 12.
  37. Ibid.
  38. Tim Dunne, « Operation Unifier: Canada’s Military Training Mission in Ukraine », Canadian Naval Review 12, no 3, 2016, p. 17.
  39. Ibid., p. 16.
  40. Ibid., p. 19.
  41. Ibid., pp. 19 et 20.
  42. Le lieutenant-colonel Jason Guiney, commandant de la Force opérationnelle de l’opération Unifier, cité dans Dunne, « Operation Unifier: Canada’s Military Training Mission in Ukraine », p. 20.
  43. Murray Brewster, « Dog-Fighting with MiG Fighters and How Smartphones Can Be Hazardous to a Soldier’s Health », CBC News, le 3 janvier 2018, page consultée le 3 janvier 2018, à l’adresse suivante : http://www.cbc.ca/news/politics/canada-fighters-hacking-nato-1.4470361.
  44. MDN, Opérations.
  45. Par exemple, un membre du COMFOSCAN a fracassé le record mondial du plus long tir fatal confirmé effectué par un tireur d’élite à une distance de 11 316 pieds en juin 2017, ce qui lui a valu l’éloge des forces armées américaines. Voir Tom Rogan, « Why the Canadian Sniper Story Is Important », Washington Examiner, le 22 juin 2017, page consultée le 2 janvier 2017, à l’adresse suivante : http://www.washingtonexaminer.com/why-the-canadian-sniper-story-is-important/article/2626844.
  46. Colonel Bernd Horn et Emily Spencer, Ph.D., (dir. éd.), No Easy Task: Fighting in Afghanistan, Toronto, Dundurn, 2012, p. 13 et 14.
  47. Ibid., p. 68.
  48. Dans un sondage de 2015, 66 p. 100 des Canadiens appuyaient la mission des FAC en Iraq et 69 p. 100 croyaient que le Canada « devait tout faire pour empêcher l’EIIS d’obtenir son propre État, même si cela entraînait l’envoi de soldats canadiens en sol iraquien » [TCO]. Ipsos Reid, « Two in Three (66%) Canadians Support Extension of Canadian Forces Mission against ISIS in Iraq », Ipsos Reid, le 23 mars 2015, page consultée le 22 octobre 2017, à l’adresse suivante : https://www.ipsos.com/en-ca/two-three-66-canadians-support-extension-canadian-forces-mission-against-isis-iraq.
  49. Pour obtenir des exemples de l’efficacité du renforcement des capacités, voir Stephen Biddle, Julia Macdonald, et Ryan Baker, « Small Footprint, Small Payoff: The Military Effectiveness of Security Force Assistance », Journal of Strategic Studies, le 12 avril 2017, p. 1 à 54, page consultée le 14 décembre 2017, à l’adresse suivante : https://doi.org/ 10.1080/01402390.2017.1307745; Christopher Paul, What Works Best When Building Partner Capacity and under What Circumstances?, Santa Monica, Californie, RAND, National Defense Research Institute, 2013; Tamas, Warriors and Nation Builders; Alex D. Haynes, dans Horn et Spencer, p. 199 à 232.
  50. Une recherche exhaustive appuie la nécessité d’« accompagner » les forces de sécurité du pays hôte dans le cadre de leur mentorat au cours des opérations, ce qui s’avère beaucoup plus efficace que la simple instruction en salle de classe ou « dans le périmètre ». Voir Alex D. Haynes dans Horn et Spencer, p. 199 à 232.
  51. Par exemple, le coup d’État au Mali en 2012 illustre les répercussions négatives possibles de l’instruction des forces locales. Le renforcement des capacités doit donc être axé sur les valeurs démocratiques et la primauté du droit, de même que sur les opérations tactiques. Voir Geoffrey York, « Training of Mali Soldiers Said to Lack ‘Values, Ethics and Military Ethos’ », The Globe and Mail, le 26 mars 2017, page consultée le 31 décembre 2017, à l’adresse suivante : https://www.theglobeandmail.com/news/world/training-of-mali-soldiers-said-to-lack-values-ethics-and-military-ethos/article7893675/.
  52. C’est le cas en Iraq où le fait que la coalition offre de l’instruction aux forces kurdes ne plaît pas à la Turquie et à l’Iran. Voir Alireza Nader et al., Regional Implications of an Independent Kurdistan, Santa Monica, Californie, RAND Corporation, 2016, page consultée le 31 décembre 2017, à l’adresse suivante : https://www.rand.org/content/dam/rand/pubs/research_reports/RR1400/
    RR1452/RAND_RR1452.pdf
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