L’HISTOIRE MILITAIRE

Bibliothèque et Archives Canada/PA-140126/capitaine Michael M. Dean

Potsdamer Platz, à Berlin, en Allemagne, le 9 juillet 1945.

« Notre principal devoir à Berlin ayant été accompli » [TCO] : le Bataillon canadien de Berlin en parade dans la capitale déchue, le 21 juillet 19451

par Steven Bright

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Steven Bright, qui a commencé sa carrière à Ottawa en 1994, a travaillé dans les affaires publiques pendant de nombreuses années avant de se lancer à son compte en 2011. Il écrit des contenus numériques et des discours pour une gamme variée de clients des secteurs public et privé, tout en poursuivant son intérêt de longue date dans l’histoire militaire. Basé à Oakville, en Ontario, Steven est diplômé de Western, McGill et du Collège militaire royal du Canada.

Introduction

Démonstration d’une victoire acharnée et d’une reddition inconditionnelle, les défilés alliés en Europe après la Seconde Guerre mondiale transmettaient clairement le message que les années de sacrifices n’avaient pas été vaines. Ces défilés étaient hautement symboliques, tant pour les participants et que pour les observateurs, à une époque où les combattants tentaient de se remettre de la guerre la plus coûteuse de l’histoire de l’humanité. De plus, l’empreinte physique des bottes alliées sur la capitale nazie vaincue laissait présager un avenir où l’Allemagne deviendrait un champ de bataille d’un genre différent pour les décennies à venir.

Bibliothèque et Archives Canada/ZK-1029-3/MDN

Le lieutenant-colonel Albert Coffin, DOE, commandant de l’Argyll and Sutherland Highlanders of Canada.

Bibliothèque et Archives Canada ZK-1030-1

Le sergent-major régimentaire de l’Argyll and Sutherland Highlanders durant un déploiement à Berlin.

Le Canadian Berlin Battalion [Bataillon canadien de Berlin] a été constitué dans le seul but de parader dans cette ville effondrée alors que les décombres brûlants couvaient encore. Quelque 2 141 jours après que le premier dominion eut joint sa voix à celle de la Grande-Bretagne pour déclarer la guerre à l’Allemagne d’Hitler, les Canadiens ont marché aux côtés des Britanniques dans un spectacle d’unité et de victoire sous l’ombre littérale et métaphorique de la Porte de Brandebourg de Berlin. Ayant combattu à partir de la Normandie, à travers l’Italie et le long de l’estuaire de l’Escaut en Belgique, les troupes du Bataillon canadien de Berlin marchaient en l’honneur de leur 17 6822 camarades tombés au cours des hostilités.

L’histoire de ce Bataillon, toutefois, tend à rester occultée par la narration canadienne qui prévaut immédiatement après la guerre, celle-ci étant la plupart du temps axée sur la reconstruction au pays et sur la création de nouvelles institutions à l’étranger. Le premier ministre canadien lui-même a largement ignoré le Bataillon de Berlin, et même les Berlinois semblent en savoir peu sur celui-là. Le musée Alliierten à Berlin, par exemple, conserve une collection qui commence son histoire « avec la défaite allemande pendant la Seconde Guerre mondiale3. » [TCO]. Pourtant, ce musée ne possède aucun papier ou artefact relatif au Bataillon. « C’est un angle mort que nous devons étudier nous-mêmes » [TCO], écrira Bernd von Kostka, conservateur du musée « mais cela n’a pas (encore) été fait4 » [TCO]. Basé sur des journaux de guerre, des récits de témoins directs et des articles de journaux, le présent article examine en profondeur le contexte, la planification et l’expérience d’un défilé afin de lever le voile sur cette question oubliée par l’histoire.

Discussion

Les premiers pas sur ce qui est devenu la route menant à ce défilé ont été faits par deux membres canadiens de la section de l’unité de police combinée RAF/ARC de la 2e Force aérienne tactique RAF5.

Le 7 mai 1945, le capitaine d’aviation M.M. (Mike) Carmichael et le sergent L.G. (Larry) Pincombe, membres de la 2e FAT, ont reçu un ordre très important. « J’ai été rappelé d’un travail de routine de la police et on m’a demandé d’aller à l’aérodrome près de notre unité pour attendre un mandat d’escorte » [TCO], se souvient Carmichael, qui était un ancien officier de la GRC de Braeside, en Ontario, une semaine plus tard. Accompagnés de Pincombe, anciennement de la police de Saint-Jean, les deux Canadiens ont été invités à prendre un vol pour Flensburg6 afin d’embarquer « six importants fonctionnaires allemands dans le but de signer l’accord de reddition inconditionnelle » à Berlin7.

Il était prévu qu’ils décollent le lendemain matin à 8 heures, mais il y a eu un léger contretemps dans le plan. « Nous avons découvert que les officiers allemands avaient fait la fête la nuit précédente » [TCO] relate stoïquement Carmichael, « et [ils] ont eu quelques difficultés à se préparer à temps. » [TCO]. Les Allemands qui avaient la gueule de bois n’étaient pas des officiers ordinaires. Il s’agissait du maréchal Wilhelm Kietel, chef du haut commandement des forces armées8, de l’amiral Hans-Georg von Friedeburg, commandant en chef allemand de la Kriegsmarine9, du général Hans-Jürgen Stumpff, chef d’état-major général de la Luftwaffe10, et de leurs collaborateurs respectifs, tous se préparant à subir l’ignominie de la signature de documents qui mettraient officiellement fin au Troisième Reich.

Partis avec deux heures de retard, Carmichael, Pincombe et leurs VIP ont atterri plus au sud, dans le secteur américain, pour rencontrer le maréchal en chef de l’air de la RAF, Sir Arthur Tedder et quelques officiers américains de haut rang. Rejoints par une escorte d’avions russes, ils ont tous décollé à nouveau pour Berlin. À l’atterrissage à l’aéroport de Templehof, les drapeaux de la Grande-Bretagne, de la Russie et des États-Unis, tenus par trois officiers russes « … ont été déployés devant la garde d’honneur11 » [TCO] avant que les véhicules routiers ne repartent juste après 14 heures en direction du lieu de la signature historique.

Carmichael a été le premier Canadien à descendre de l’avion ce jour-là. Il a donc été le premier Canadien à entrer à Berlin de toute la guerre, avec Pincombe tout près derrière lui. Mais ils étaient loin d’être les derniers Canadiens à marcher dans la capitale effondrée d’Hitler. Le 21 juillet 1945, des soldats canadiens venus de tout le pays ont défilé dans une rue très historique de cette ville tombée au combat. Le Bataillon canadien de Berlin, comme on appelait leur groupe, a été constitué pour démontrer la participation incontestable du Canada à la guerre qui venait de se terminer. Il a également signalé, de manière plus amorphe, un désir de jouer un certain rôle dans l’avenir du continent12.

D’une certaine façon, cet avenir a commencé le 11 décembre 1944, lorsque le gouvernement du premier ministre William Lyon Mackenzie King a approuvé pour la première fois la participation des troupes canadiennes à l’occupation anticipée de l’Allemagne par l’armée britannique. Cette intention a été officiellement communiquée au gouvernement britannique le 12 janvier 1945 dans un mémo « Top Secret » qui commençait par dire que les Canadiens s’étaient engagés à participer « … à l’occupation de l’Allemagne après la défaite de ce pays13. »

La « Force canadienne », comme elle était initialement appelée, devait être constituée d’un groupe d’occupation organisé sur une formation d’infanterie d’environ 25 000 hommes14. [Le 11 juillet, la 3e division d’infanterie canadienne de la Force d’occupation de l’armée canadienne (FOAC) était commandée par le major-général Chris Vokes à Bad Zwischenahn, dans le nord-ouest de l’Allemagne, avec un effectif total de 853 officiers et 16 983 autres grades15.] Ces plans, à leur tour, s’inscrivaient dans le cadre plus large des instructions détaillées pour l’occupation de l’Allemagne, telles qu’elles avaient été définies dans l’opération Eclipse. L’objectif général d’Eclipse était de « … faire en sorte qu’une fois pour toutes, aucun doute possible ne subsiste dans l’esprit d’un seul Allemand sur le fait que la puissance militaire du Troisième Reich a été brisée16. »

Les plans ont évolué au fur et à mesure que la victoire des Alliés semblait de plus en plus probable. En mars 1945, le maréchal Bernard Montgomery demande aux Canadiens s’ils souhaitent participer à la partie britannique d’une garnison alliée envisagée à Berlin. Le général Harry Crerar, officier général commandant (OGC) de la Première armée canadienne, a estimé qu’il s’agissait plus d’une décision politique que militaire. Le lieutenant-général J.C. Murchie, chef de l’état-major général à Ottawa, pensait le contraire. Comme l’a expliqué l’historien C.P. Stacey, Murchie a déclaré que les Canadiens devraient participer à l’occupation de Berlin « … tant pour des motifs d’ordre national que pour procurer aux troupes canadiennes la satisfaction de compter un contingent symbolique lors de l’entrée dans la capitale ennemie »17. Il s’agirait donc d’un défilé, en plus de la FOAC.

Les Alliés, toutefois, devaient encore gagner la guerre avant de pouvoir défiler victorieusement à Berlin18. Et ces dernières semaines d’hostilités, alors que les Alliés se rapprochaient de la capitale, ont été massivement destructrices. « Nous sommes arrivés au-dessus de Berlin pour la trouver couverte d’une brume de fumée, » [TCO] a fait remarquer Pincombe dans cette émission de radio du 15 mai. « Et elle brûlait encore à certains endroits. La ville elle-même était presque complètement en ruine. Il ne restait plus grand-chose à part des coquilles d’immeubles19. » [TCO]. Un article publié dans le Toronto Daily Star le 9 mai par Harold King, le chef de bureau de Reuter à Paris, né à Berlin20, brosse un tableau tout aussi sombre d’une ville qu’il a autrefois très bien connue : « Il est douteux que l’on puisse encore parler d’un Berlin. La mort est arrivée à Berlin sous une forme apocalyptique. Les cendres empilées pèseront lourdement sur les ailes du phénix allemand en quête de renaissance21 » [TCO].

Ce que Pincombe, King et beaucoup d’autres ont observé personnellement, c’est le résultat d’un anéantissement complet par voie aérienne et terrestre. Des 13 grandes villes allemandes bombardées pendant la guerre, Berlin avait reçu la plus grande part — plus de 68 000 tonnes de bombes alliées, soit près de 17 p. 100 des 419 808 tonnes de bombes larguées par le Bomber Command et les forces aériennes de l’armée américaine22. La dévastation causée par les troupes russes basées au sol et arrivant de l’est a été énorme en elle-même. Les Russes ont fait irruption à Berlin le 21 avril et l’ont écrasée en 12 jours seulement. Le carnage qui en a résulté a été très répandu et impitoyable23. On estime à 22 000 le nombre de civils morts à Berlin au cours de cette bataille majeure, auxquels s’ajoutent environ le même nombre de militaires allemands24. Certains habitants ont considéré le suicide comme leur seule issue. En avril, 3 881 suicides ont été enregistrés à Berlin, soit près de vingt fois le chiffre de mars25.

La fin, cependant, est finalement arrivée. Le soir du 4 mai26, Montgomery, assisté de son aide de camp canadien, le lieutenant-colonel Trumbell Warren27, a tenu une cérémonie de reddition solennelle à l’intérieur d’une tente sur la lande de Lüneburg, à l’est de Hambourg. L’amiral Friedeburg signe pour l’Allemagne, signalant ainsi la reddition de toutes les forces armées allemandes en Hollande, dans le nord-ouest de l’Allemagne et au Danemark28. [Un mémo a été envoyé le soir même à la Première Armée canadienne, disant : « … toute action offensive cessera à partir de la réception de ce signal29. »] [TCO]. Deux autres cérémonies de reddition, l’une à Reims le 7 mai, et l’autre juste à l’extérieur de Berlin le 9 mai30, ont bel et bien marqué la fin de la guerre contre l’Allemagne.

Les combats étaient terminés et les vertes pousses de la paix émergeaient lentement des années d’obscurité. Mais avant que quelqu’un ne parvienne à déterminer la forme ou la vitalité de cette paix, les soldats sur le terrain devaient encore être recensés, et finalement, ramenés chez eux. Le correspondant de guerre de la radio de Radio-Canada, Matthew Halton, dans sa dépêche du 5 mai en provenance d’Allemagne, a brossé verbalement le meilleur tableau de ce que cette nouvelle très fraîche signifiait pour les soldats canadiens sur le théâtre des opérations :

Aujourd’hui, le soleil se lève comme il ne s’est pas levé depuis près de six ans et les soldats à qui j’ai parlé ne savent pas trop quoi faire avec ça. Ils se rasent et prennent leur petit déjeuner. Ils nettoient leurs fusils. Ils essaient de brosser la boue de leurs vêtements. Ils demandent s’il y a du courrier. Après tout, ils ont vécu des vies étranges et dangereuses. Il est difficile de croire qu’aucun obus n’arrivera en hurlant. Il est difficile de croire que s’ils se tiennent debout à l’extérieur, personne ne leur tirera dessus. La mort a marché à leurs côtés. Pendant un jour ou deux, il est difficile de croire que le cauchemar est terminé31. [TCO].

Les Canadiens choisis pour aller à Berlin ont été informés avant même que la reddition finale ne soit signée. Le 6 mai, « au milieu de toute cette confusion », a écrit le caporal Kurt Loeb, auteur d’une grande partie du journal de guerre des Argylls and Sutherland Highlanders of Canada (de la Princesse Louise32) :

[un] point assez sensationnel nous a été rapporté.... Les Argylls avaient été choisis comme l’un des trois bataillons d’infanterie pour représenter la 1re Armée canadienne à Berlin. Aucun détail exact du déplacement vers la capitale allemande n’a été donné, mais on nous a informés que nous resterions à Berlin pendant un mois, avec les Fusiliers Mont-Royal et le Loyal Edmonton Regiment, le trio formant une nouvelle brigade qui sera connue sous le nom de « Brigade canadienne de Berlin33. [TCO].

Leurs nouveaux collègues du Loyal Edmonton, qui se sont rendus à Berlin, se sont montrés plus enthousiastes à l’égard des dernières nouvelles et des aventures de temps de paix qu’elles impliquaient.

Tout le monde, en particulier les officiers, a été plus que ravi par cette nouvelle plutôt que par la capitulation de l’ennemi sur notre front car cela faisait longtemps que beaucoup d’entre nous avaient l’ambition de défiler à travers BERLIN et l’honneur de représenter la 1re division était très apprécié par tous les grades34. [TCO].

Le plan initial du Canada, annoncé publiquement le 13 mai35, était d’envoyer à Berlin une force de la taille d’une brigade avec une large représentation d’infanterie, d’artillerie, de génie, de transmissions, de blindés, d’unités administratives et auxiliaires36. L’Ordre de bataille original prévoyait 250 officiers et 4 997 autres grades, avec le brigadier J.D.B. Smith, CBE, DSO37, en tant qu’officier commandant38. Mais moins d’un mois plus tard, ce projet a été annulé. Le 8 juin, le Major A. A. Tucker du Loyal Edmonton a participé à une conférence « … au QG de la Bde de Berlin le matin et est revenu vers midi avec l’information que le voyage à Berlin pour ce Bataillon avait été annulé et que nous rejoindrions bientôt la 2e Bde Inf. canadienne. Cela n’a pas causé de surprise, car tous les grades ont longtemps eu le sentiment que les préparatifs du voyage s’étaient enlisés39. » [TCO].

Les Argylls ont reçu la même information ce jour-là, et n’ont pas non plus été surpris par la nouvelle « … que nous attendions, inconsciemment, depuis un certain temps. Notre projet de voyage à Berlin a été annulé, la brigade de Berlin a cessé de fonctionner, car ces unités devaient rejoindre leurs brigades et divisions respectives dans les deux ou trois jours40. » [TCO].

Les plans militaires peuvent cependant changer, et c’est souvent le cas. En quelques jours, l’expédition de Berlin a été relancée, mais avec un déclassement important à une présence de la taille d’un bataillon pour tenir compte des limites de l’infrastructure de transport fortement endommagée de Berlin41. Faire défiler des milliers de soldats alliés mettrait à rude épreuve un système déjà surchargé. Compte tenu des circonstances, l’envoi d’un bataillon a été jugé le meilleur choix42. Un bataillon mixte a donc été formé, avec une représentation des 1re, 2e et 4e divisions canadiennes, la 3e division ayant déjà été constituée en FOAC.

Le Bataillon de Berlin était commandé par le lieutenant-colonel A.F. Coffin. Pharmacien de Medicine Hat43, Coffin a succédé au lieutenant-colonel Fred Wigle dans les Argylls après que celui-ci ait été tué44 le 14 avril « … en organisant la défense du quartier général de son bataillon tactique contre une attaque de fantassins allemands45. » [TCO]. Les Argylls ont été choisis pour fournir une compagnie de quartier général et une compagnie de fusiliers pour le Bataillon, et en date du 21 juin, il se composait de 42 officiers et 894 autres grades pour un total de 936 personnes. Parmi les officiers, 15 venaient des Argylls. Toutefois, le Régiment de Coffin était mathématiquement inférieur en nombre en termes de force totale. [Voir le tableau 1.] Des représentants de divers autres services ont complété les effectifs46.

Régiment contributeur Officiers % d’officiers Autres grades % d’autres grades
Argyll and Sutherland Highlanders of Canada 15 35,7 230 25,7
Les Fusiliers Mont-Royal 12 28,5 320 35,8
Loyal Edmonton 10 24 258 28,9
3 Fanfare du CIC 0 0 31 3,5
Corps de la prévôté canadienne 1 2,3 9 1
Corps royal des transmissions du Canada 0 0 3 0,3
Corps royal de l’intendance de l’Armée canadienne 0 0 32 3,6
Unité de film et de photographie de l’Armée canadienne 1 2,3 3 0,3
Services auxiliaires 1 2,3 5 0,6
Corps dentaire canadien 1 2,3 2 0,2
Aumônier et chauffeur 1 2,3 1 0,1
TOTAL 42 100 894 100

Données tirées par l’auteur du journal de guerre des Argylls, juin 1945, annexe 9.

Tableau 1 : Répartition des effectifs unitaires du Bataillon canadien de Berlin, le 21 juin 1945.

Coffin avait plusieurs problèmes à résoudre pour assumer ses nouvelles responsabilités, parmi lesquels le rythme de ses nouvelles troupes. Comme le rapporte la Presse canadienne dans un article du 26 juin, les Argylls « … préfèrent leurs propres 110 pas à la minute, mais les Loyal Edmontons sont habitués à 140. » [TCO]. De leur côté, les Fusiliers, « … qui en font 125, trouvent que le rythme de 110 pas est plutôt lent47. » [TCO]. Ces taux de marche variables — une métaphore appropriée pour les défis que le Canada et tous les pays combattants ont dû relever pour trouver le bon rythme et la bonne direction de la reconstruction d’après-guerre — ont dû être réglés, et c’est ce qui a été fait. En fin de compte, Coffin a opté pour le rythme de 125 pas des Fusiliers, mettant son nouveau bataillon sur une cadence de marche unie pour ce qui serait leur seul et unique défilé cérémonial devant les médias du monde entier dans l’Allemagne vaincue.

Le Bataillon a reçu des instructions concernant son déplacement à Berlin à la fin juin, et à 5 heures le 2 juillet, un détachement précurseur de 25 hommes de tous grades a quitté Braunschweig, en Allemagne, [après y être arrivé le 19 juin depuis sa base de Nijverdal, aux Pays-Bas]. Le reste a suivi deux jours plus tard. « Ainsi », écrivait Loeb dans le journal de guerre des Argylls, « il était enfin évident que le Bataillon canadien de Berlin serait bientôt à la hauteur de son nom et pourrait commencer à fonctionner au cœur même du nazisme et du militarisme allemand ou prussien48. » [TCO].

Coffin et les autres sont entrés à Berlin le 4 juillet à temps pour voir l’Union Jack se déployer sur la Charlottenburger Chaussee (c’est-à-dire la route le long de laquelle le Bataillon allait défiler plus tard ce mois-là), « … avec environ 2 500 civils allemands mêlés à des soldats anglais et canadiens. Ce déploiement, tout comme le défilé à venir lui-même, avait une valeur symbolique plus importante que toute autre chose. "Dans sa simplicité", rapporte l’hebdomadaire The Maple Leaf, la cérémonie de rupture du drapeau, qui ne comportait ni discours ni défilé, avait un monde de signification pour les Berlinois vaincus, tout comme sa signification n’était pas perdue pour les troupes qui ont contribué à la chute du Troisième Reich49 » [TCO].

Bibliothèque et Archives Canada PA-160945/capitale Michael M. Dean

Le Canadian Berlin Battalion (Bataillon canadien de Berlin) passé en revue lors de la cérémonie de hissée du drapeau, le 6 juillet 1945.

En arrivant à Berlin, les membres du Bataillon ne savaient pas exactement ce qu’ils allaient faire. Toutefois, il était évident pour eux depuis un certain temps qu’ils auraient quelque chose à voir avec la conférence des trois Grands qui se tiendrait à Potsdam, juste à l’extérieur de Berlin, à compter du 17 juillet. Dans le journal de guerre des Argylls, Loeb écrit : « … il était évident que notre rôle là-bas [à Berlin] serait lié à cette conférence imminente50. » [TCO]. Ce lien, dès qu’il est apparu clairement, a été d’arborer le drapeau de la victoire à Berlin pendant que les dirigeants des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de l’Union soviétique mettaient en place le nouvel ordre mondial. Comme Loeb l’écrivit bien des années plus tard, le rôle des « gars de l’été » était « purement symbolique, nous n’avions pas de devoirs militaires spécifiques, et il n’y avait pas d’incidents de résistance allemande ou de missions suicides51 ».

Ayant du temps libre, de nombreux soldats se sont mis à faire du sport dans le stade olympique de Berlin, qui avait accueilli les Jeux olympiques d’été de 1936. Le stade rendu célèbre par Jesse Owens seulement neuf ans plus tôt était le lieu idéal pour les événements d’athlétisme52, ainsi que pour le baseball. Les Canadiens et les Américains ont joué plusieurs matchs de baseball, chaque équipe remportant quelques matchs dans ce « stade gigantesque53 ».

Bibliothèque et Archives Canada/ZK-1024-2

Le maréchal Georgy Zhukov, chef de guerre de certaines des batailles des plus décisives de l’Armée Rouge, inspecte le contingent canadien à Berlin.

Mais ce n’était pas qu’une partie de plaisir… La parade était une affaire sérieuse qui exigeait de la pratique, d’autant plus que les Canadiens allaient marcher avec la 7e division blindée — les fameux « Desert Rats » — devant des gens comme Churchill, Montgomery, le président américain Harry Truman, le général Dwight Eisenhower et le maréchal Zhukov. Le 13 juillet, le Bataillon a participé à une répétition générale avec 2 000 vétérans et « … 417 véhicules de tous genres fraîchement peints » qui s’entraînaient pour ce qui allait suivre54. Mais tout ne s’est pas toujours bien passé, et les deux jours suivants ont été consacrés à « corriger les fautes » commises pendant la répétition55. Les hommes ont été informés quelques jours plus tard que le principal défilé de la Victoire devait avoir lieu le samedi 21 juillet. Avec des rubans qui leur donnaient un aspect particulièrement élégant, les hommes du Bataillon étaient « … probablement les premiers Canadiens à défiler où que ce soit en portant les décorations de campagne de cette guerre56. » [TCO].

Bibliothèque et Archives Canada/ZK-1024-1

Le feld-maréchal Bernard Montgomery et des officiers soviétiques reçoivent le salut à la Porte de Brandebourg.

Le jour du défilé « … s’est levé frais et dégagé et les troupes, en excellente forme, sont sur le point d’en finir » [TCO], comme le remarque sèchement le journal de guerre du Loyal Edmonton57. Toutefois, comme lors des précédentes répétitions, tout ne s’est pas déroulé comme prévu. « Pour des raisons inconnues » [TCO], écrit Loeb dans le journal des Argylls, « le défilé conjoint des Alliés prévu à l’origine n’a pas eu lieu » [TCO]. Au lieu de cela, il a été décidé d’organiser des défilés séparés pour les troupes britanniques, américaines et russes, « chacune devant ses représentants respectifs à Berlin58 » [TCO]. Ainsi, les Canadiens ne défilaient qu’avec les Desert Rats59.

Bibliothèque et Archives Canada/ZK-1027-1

Le maréchal Zhukov et son état-major supérieur rencontrent des Canadiens à la Porte de Brandebourg.

La cérémonie du matin a commencé par une procession de 50 dignitaires à bord de huit véhicules semi-chenillés qui sont passés devant les unités assemblées « en un rien de temps60 » [TCO]. Churchill, Sir Allan Brooke, Montgomery et le général Lewis Lyne61 ont roulé dans le premier semi-chenillé, le seul véhicule transportant quatre VIP. [Les deuxième au sixième véhicules semi-chenillés transportaient chacun six VIP, les deux derniers en transportant huit chacun]. Les premiers VIP non britanniques — le colonel-général russe Alexander Gorbatov62 et le général français Geoffroi du Bois de Beauchesne63 — ont roulé ensemble dans le cinquième véhicule. Pas un seul dignitaire canadien ne se trouvait à bord de ces semi-chenillés, bien que Loeb ait indiqué dans son journal que « … une multitude d’officiers britanniques de premier ordre et de représentants civils de moindre envergure » [TCO] étaient conduits dans les camions avec des officiers supérieurs64.

Le défilé a commencé à 10 heures. En marchant à six de front et en avançant « … en succession rapide », les choses se sont passées rapidement dans un défilé qui comprenait 10 000 hommes, un ensemble de chars, de véhicules blindés et de canons automoteurs et tractés sur un parcours d’un peu plus de deux kilomètres, s’étendant de la Siegessaule à la fin de la zone britannique à Berlin, à la Porte de Brandebourg65. Dirigée par le Brigadier J.M.K. Spurling, DSO de la 7e Division blindée66, la procession était « encadrée » par le 3e Régiment de la Royal Horse Artillery, dont les unités marchaient en premier et en dernier. Le corps de cornemuses du Bataillon canadien était le 16e à partir, suivi immédiatement par ses collègues du Bataillon de Berlin. Enfin, à la 24e place, les motocyclistes du 3e Régiment du Royal Horse Artillery. Quatre fanfares, dont le corps de cornemuses du Bataillon canadien de Berlin, ont apporté un accompagnement musical pour l’occasion, et elles ont été rejointes dans la marche par trois unités de la Royal Air Force, et une de la Royal Navy67. Tout était terminé à 11 h 10…

Des spectateurs désireux de voir et d’entendre par eux-mêmes les images, les sons et les symboles de la victoire alliée se sont massés des deux côtés de ce court trajet. Parmi eux se trouvaient « … un assortiment de photographes d’actualités américains, britanniques et canadiens » [TCO], qui tous « … essayaient de se surpasser dans l’originalité des prises de vue obtenues — pour cela ils étaient suspendus à des arbres, assis sur leur camion ou couchés sur le dos68. » [TCO]. Churchill est parti presque immédiatement après la fin du défilé pour s’entretenir avec les troupes rassemblées au tout nouveau « Winston Club », où il a évoqué le défilé comme un rappel de « … beaucoup d’incidents émouvants de ces dernières longues et terribles années. » [TCO]. Des centaines d’Allemands ont acclamé Churchill à son départ, une scène que le correspondant de United Press, Ronald Clark, a déclaré être « la chose la plus étrange que j’ai vue depuis le jour J69 » [TCO]. Les membres du Bataillon canadien, une fois leur travail terminé, sont retournés à leur caserne, « … notre devoir principal à Berlin ayant été accompli70. » [TCO].

Bibliothèque et Archives Canada/PA-130018

Le Bataillon canadien défile au cours du grand défilé à Berlin, le 20 juillet 1945.

Les hommes, qui ont eu un jour de congé après le défilé71, ont passé quelques jours à se préparer à quitter la capitale, ce qu’ils ont fait le 27 juillet sous les yeux attentifs de Berlinois reconnaissants. Plusieurs habitants de la région se sont rassemblés pour regarder les Canadiens se retirer, avec un Allemand âgé qui disait « Les Canadiens, c’est bon, c’est bon » [TCO], alors que les hommes partaient pour la Hollande pour leur prochain voyage, et, beaucoup l’espéraient, leur dernier pas vers un retour définitif au Canada72. De retour aux Pays-Bas, les membres du Bataillon ont eu beaucoup d’histoires à raconter à leurs collègues qui n’avaient pas été choisis pour défiler à Berlin. « C’est la plus belle aventure que j’aie jamais vécue » [TCO], déclarait dans le journal de guerre des Fusiliers l’un de leurs soldats rentrés au pays. « Les moins chanceux qui étaient restés derrière ont passé la journée à interroger leurs amis sur leur aventure berlinoise73. » [TCO].

On peut comprendre un tel enthousiasme. Les membres du Bataillon de Berlin ont apprécié les nouveautés et les distractions d’une grande ville urbaine — bien qu’elle ait à peine survécu à la guerre — sachant qu’ils ne seraient pas pris pour cible par des armes à feu. Être détenu toute une nuit dans une prison soviétique pour être sorti trop tard, un sort qui est arrivé à quelques membres du Bataillon74, c’était à peu près le seul risque qu’ils couraient durant ces quelques semaines de séjour à Berlin. Le défilé a été un moment fort de leur expérience de guerre, et un moment qu’ils espéraient voir marquer la fin de leur vie en Europe, et le début de leur vie d’après-guerre au Canada.

On ne peut pas en dire autant des plus hauts responsables militaires et politiques alliés chargés de résoudre les difficultés liées à la victoire dans la paix comme à la guerre. Les commentaires de Churchill sur « ces dernières longues années impitoyables » mis à part, lui et ses collègues de Potsdam se sont davantage concentrés sur les affaires délicates de l’après-guerre à régler à 35 kilomètres de là, au palais Cecilienhof de Potsdam.

Le maréchal Brooke, qui l’a appelé « le défilé de la victoire de Monty », écrivait dans son journal que « … d’une certaine manière, il [le défilé] m’a laissé froid75. » [TCO]. Monty, quant à lui, n’a fait aucune référence à « son » défilé dans ses mémoires76. Churchill non plus. Étant donné l’importance de la conférence de Potsdam en cours et les distractions liées à l’attente des résultats des élections dans son pays77, il n’est peut-être pas surprenant que Churchill ait négligé de mentionner un défilé de 35 minutes. Son histoire d’après-guerre concernant cette période se concentre sur la cinquième réunion à Potsdam, au cours de laquelle les dirigeants ont longuement débattu des frontières de la Pologne. Pendant ce temps, à Ottawa, le premier ministre William Lyon Mackenzie King semble avoir largement ignoré le défilé, n’en ayant fait aucune mention dans son journal. En fait, la seule référence à « Berlin » dans ses journaux intimes pour tout le mois de juillet 1945 était celle à Berlin, en Ontario, la ville où il est né78

Conclusion

La participation du Bataillon canadien de Berlin à ce défilé de la victoire a mis en lumière la façon dont des milliers de Canadiens, à l’étranger et au pays, avaient combattu longtemps, âprement et avec succès tout au long de la guerre, et le fait que le Canada méritait une place d’honneur dans une exposition publique de la victoire des Alliés et de la défaite allemande. Elle signalait également que les Canadiens allaient jouer certains rôles pendant des années dans le nouveau champ de bataille émergeant des décombres de six années de guerre.

Il n’a pas fallu longtemps, car la guerre froide commençait à chauffer ce même été 1945… En effet, à 20 h 30 le 5 septembre, seulement 46 jours après le défilé à Berlin, un employé du service de cryptographie soviétique nommé Igor Gouzenko est sorti de l’ambassade soviétique à Ottawa avec 109 documents top-secrets et est entré dans les bureaux du Ottawa Journal. Il fut, comme Jack Granatstein et David Stafford l’ont écrit, « … l’homme qui a commencé la guerre froide79. » [TCO]. À leur insu à l’époque, en défilant vers l’est en direction de la Porte de Brandebourg, les membres du Bataillon canadien de Berlin ont marché en vainqueurs dans la direction exactement opposée à celle que de nombreux Berlinois ne pouvaient espérer prendre vers la liberté que bien des années plus tard.

Bibliothèque et Archives Canada/ZK-1027-5

Des officiers canadiens et soviétiques se rassemblent à la Porte de Brandebourg.

Notes

  1. L’auteur tient à remercier le Dr Andrew Burtch, le Dr J. Andrew Ross, le Dr Michael Bechthold et le DRobert Fraser pour leurs réflexions sur certains aspects de cet article.
  2. C.P. Stacey, Six Years of War: The Army in Canada, Britain and the Pacific, Ottawa : 1957, annexe A, Tableau 2, p. 524. [Six années de guerre, l’armée au Canada, en Grande-Bretagne et dans le Pacifique]
  3. « About us, » à : www.alliiertenmuseum.de. [« Qui sommes-nous? »,]
  4. Courriel à l’auteur, 20 juin 2019.
  5. Voir l’article du Dr David Ian Hall, « Creating the 2nd Tactical Air Force RAF: Inter-service and Anglo-Canadian Co-operation in the Second World War, » dans le Canadian Military Journal, Vol. 3, No 4, Hiver 2002-2003, p. 39-45. [« La création de la 2nd Tactical Air Force RAF : coopération interarmées et anglo-canadienne durant la Deuxième guerre mondiale », dans Revue militaire canadienne.]
  6. Flensburg, en Allemagne, près de la frontière danoise, a été utilisé pendant la guerre comme terrain d’atterrissage avancé de la RAF.
  7. Les histoires racontées par Carmichael et Pincombe se retrouvent dans une émission de radio du capitaine d’aviation Charles Hutchings le 15 mai 1945. Voir « The First Canadian into Berlin, » Archives de la radio de la Société Radio-Canada, à : www.cbc.ca/archives.
  8. Keitel a été jugé et reconnu coupable de quatre chefs d’accusation par le Tribunal militaire international de Nuremberg. Il fut exécuté le 16 novembre 1946. Wikipedia, consulté le 25 septembre 2019.
  9. Friedeburg s’est suicidé le 23 mai après être devenu un prisonnier de guerre des Britanniques. Wikipedia, consulté le 21 octobre 2019.
  10. Stumpff a été jugé à Nuremberg et libéré par les Britanniques en 1947. Wikipedia, consulté le 25 septembre 2019.
  11. Matthew Halton, « Destruction of Berlin So Complete That City May Never Be Repaired, » dans le Globe and Mail, 10 mai 1945.
  12. Voir, par exemple, l’article de Jack Granatstein et R.D. Cuff publié en 1977, « Canada and the Marshall Plan, June-December 1947, » dans Historical Papers/Communications historiques, 12 (1), p. 196-213.
  13. « The Canadian Army Occupation Force in Germany, May 1945 to June 1946 », Rapport no 174, site Web du Directorate of Heritage and History, à : www.cmp-cpm.forces.gc.ca, p. 1.
  14. « Lettre du chef d’état-major du C.M.H.Q. au sous-secrétaire d’État (Royaume-Uni), 12 janvier 1945, contenue dans l’annexe « B » dans « The Canadian Army Occupation Force in Germany, May 1945 to June 1946 », Rapport no 174, Directorate of Heritage and History, à : www.cmp-cpm.forces.gc.ca.
  15. Ils sont restés en Allemagne pendant dix mois, le quartier général de Vokes remettant ses responsabilités à la 52e division (Lowland) britannique le 15 mai 1946. La FOAC a été officiellement dissoute le 20 juin de la même année. Voir Stacey, Victory Campaign, p. 621-622 [La campagne de la Victoire]
  16. « The Canadian Army Occupation Force in Germany, May 1945 to June 1946, » p. 1-16.
  17. C.P. Stacey, Histoire officielle de la participation de l’Armée canadienne à la seconde guerre mondiale, Volume III, La campagne de la Victoire : les opérations dans le nord-ouest de l’Europe, 1944-1945, Ottawa, 1960.
  18. La campagne pour prendre Berlin a suivi un chemin long et incertain. Voir Cornelius Ryan, The Last Battle, New York: Simon and Shuster, 1966, passim, [La dernière bataille, Paris, R. Lafont, 1966] et Michael Neiberg, Potsdam: The End of World War II and the Remaking of Europe, New York: Basic Books, 2015, p. 42-44.
  19. « The First Canadian into Berlin, » 15 mai 1945, Archives de radio de Radio-Canada.
  20. Né Harold Koenig en 1898, il s’est ensuite installé à Londres avec sa famille et son père a changé leur nom de famille en « King » au début de la guerre en 1914. King est décédé le 24 septembre 1990. Voir « Harold King, Reuters World War II Correspondent, Dies, » Associated Press News, 25 septembre 1990.
  21. Harold King, « If you would know war come to Berlin — Tedder, » dans le Toronto Daily Star, 9 mai 1945.
  22. Chiffres calculés par l’auteur sur la base du tableau 4.4 de Richard Overy, The Bombers and the Bombed: Allied Air War Over Europe, 1940-1945, London: Viking, 2013, p. 301.
  23. Le viol de jeunes filles et de femmes allemandes par des soldats russes est très répandu à Berlin en avril et mai 1945. Voir Beevor, Berlin, p. 406-420. [La chute de Berlin]
  24. Peter Antil, Berlin 1945: End of the Thousand Year Reich, Oxford: Osprey Publishing, p. 85.
  25. Niall Ferguson, Kissinger, 1923-1968: The Idealist, New York: Penguin Press, 2015, p. 170.
  26. Les derniers Canadiens tués pendant la guerre ont perdu la vie le même jour — 20 morts sur 60 blessés le 4 mai. Dix autres victimes ont été signalées le lendemain, dont trois mortelles. Toutefois, certaines de celles qui ont été signalées comme ayant eu lieu le 5 mai se sont produites le 4 mai. Voir la note de bas de page avec astérisque dans Stacey, Victory Campaign, p. 611. [La campagne de la Victoire, p. 647.]
  27. Né le 1er août 1915, Warren était le fils du capitaine Trumbell Warren du 15e Bataillon CEF, qui est mort lors de la deuxième bataille d’Ypres. Warren fils, qui a rejoint l’état-major de Montgomery en tant qu’aide militaire en 1940, a préparé les documents de reddition ce jour-là en mai 1945. Warren est décédé à Guelph, en Ontario, le 12 septembre 1999. Ed Butts, « Trumbull Warren was right-hand man to famed Second World War general, » dans le Guelph Mercury-Tribune, 4 mai 2017, plus courriels de Butts à l’auteur.
  28. Bernard Montgomery, The Memoirs of Field-Marshal Montgomery, Cleveland: The World Publishing Company, 1958, p. 302-305. [Mémoires du maréchal Montgomery vicomte d’Alamein]
  29. Note réimprimée à la page 11 de « The Canadian Army Occupation Force in Germany, May 1945 to June 1946 », rapport no 174, rédigé par le major C.E. Brissette, Direction du site Web Heritage and History, à : www.cmp-cpm.forces.gc.ca/dhh-dhp.
  30. Le 9 mai à 0 h 15, Keitel, que Matthew Halton a décrit comme « le Junker des Junkers », « … fixa son monocle dans son œil gauche, retira le gant de sa main droite et signa le document ». Tedder et le maréchal Georgi Zhoukov ont signé pour la Grande Alliance, les Allemands vaincus ont quitté la salle, et une soirée arrosée s’est ensuivie. Voir Matthew Halton, « Destruction of Berlin So Complete That City May Never Be Repaired, » dans le Globe and Mail, 10 mai 1945.
  31. Matthew Halton, « German surrender: “The time has come to be glad,” » 5 mai 1945, à www.cbc.ca/archives.
  32. Courriel à l’auteur du Dr Robert Fraser, 1er août 2019.
  33. Journal de guerre des Argylls, 6 mai 1945, Bibliothèque et Archives Canada (BAC), RG24-C-3, vol. 15005, dossier no 300, 1944/07-1945/11.
  34. Journal de guerre du Loyal Edmonton Regiment, 6 mai 1945, BAC, RG24-C-3, vol. 15116, dossier no 38, 1945/05-1945/08.
  35. « Hamilton unit to participate in occupation, » dans le Toronto Star, 14 mai 1945.
  36. « Regiment has been chosen for important job in Berlin, » dans le Hamilton Spectator, 15 mai 1945.
  37. Smith était alors commandant de la 1re Brigade d’infanterie canadienne (Stacey, Victory Campaign, p. 664), après avoir commandé la 5e Brigade blindée canadienne. Voir Douglas Delaney, The Soldiers’ General: Bert Hoffmeister at War, Vancouver: UBC Press, 2005, p. 122. Smith est ensuite devenu le commandant du CMR après la guerre. [Stacey, La campagne de la Victoire, p. 701]
  38. Journal de guerre des Argylls, juin 1945, annexe 6.
  39. Journal de guerre du Loyal Edmonton, 8 juin 1945.
  40. Journal de guerre des Argylls, 8 juin 1945.
  41. Plus de 95 % du réseau de tramway de Berlin était en ruines, de grandes parties du U-Bahn et du S-Bahn de la ville étant sous l’eau par suite d’explosions. Beevor, Downfall, p. 419. [La chute de Berlin]
  42. Journal de guerre des Argylls, 8 juin, op cit. Robert Fraser, « Black Yesterdays: The Argylls’ War, » Hamilton: Argyll Regimental Foundation, 1996, p. 476.
  43. William Boss, « Canadian Troops Await Order for March to Berlin, » dans le Globe and Mail, 3 juillet 1945.
  44. Des rumeurs selon lesquelles un tireur civil aurait tué Wigle ont conduit à l’incendie de la ville de Friesoythe, en Basse-Saxe, en guise de représailles, comme en a été témoin C.P. Stacey, qui a raconté l’épisode dans son autobiographie A Date with History: Memoirs of a Canadian Historian, Ottawa: Deneau, 1983, p. 163. En racontant cette histoire, Stacey a écrit que c’était « … l’unique jour de la guerre où ce guerrier de Whitehall s’est suffisamment approché du front pour entendre des tirs d’armes légères. »
  45. « Regiment has been chosen for important job in Berlin, » dans le Hamilton Spectator, 15 mai 1945.
  46. Journal de guerre des Argylls, juin 1945, annexe 9.
  47. « Argylls ready for Nazi occupation, » dans le Hamilton Spectator, 26 juin 1945.
  48. Journal de guerre des Argylls, 30 juin, op cit. « Black Yesterdays, » p. 480.
  49. Sergeant Ron Poulton, « Union Jack unfurled in shadow of famous Berlin Monument, » dans The Maple Leaf, 9 juillet 1945, journal de guerre des Argylls, juillet 1945, annexe 9. [La feuille d’érable]
  50. Journal de guerre des Argylls, 17 juin, op cit. « Black Yesterdays, » p. 477.
  51. Loeb. « The Boys of Summer, » p. 70.
  52. « Berlin Battalion Caper in Famed Olympic Stadium », dans The Maple Leaf, 14 juillet 1945, journal de guerre des Argylls, juillet 1945, annexe 10. [La feuille d’érable]
  53. Journal de guerre des Argylls, 15 juillet 1945.
  54. « Canadian Unit in Impressive Berlin Parade », The Maple Leaf, 14 juillet 1945, journal de guerre des Argylls, juillet 1945, annexe 11. [La feuille d’érable]
  55. Journal de guerre du Loyal Edmonton, « Summary of Activities of ‘A’ & ‘B’ Coys while with the Canadian Berlin BDE », juillet 1945.
  56. The Maple Leaf, 14 juillet 1945, journal de guerre des Argylls, juillet 1945, annexe 13. [La feuille d’érable]
  57. Journal de guerre du Loyal Edmonton, « Summary of Activities, » 21 juillet 1945.
  58. Journal de guerre des Argylls, 21 juillet 1945.
  59. En étant choisis pour défiler à Berlin, les Desert Rats pourraient « faire honneur à leur cri “Alamein to Berlin” ». « British and Canadians Start March to Berlin, » dans le Globe and Mail, 2 juillet 1945.
  60. Journal de guerre du Loyal Edmonton, « Summary of Activities, » juillet 1945.
  61. Lyne était commandant de la zone britannique à l’époque. Il est décédé en 1970. Voir www.lancs-fusiliers.co.uk.
  62. Gorbatov a été commandant de la troisième armée de 1943 à 1945 et commandant soviétique de Berlin. Il est décédé en 1973. Voir « Gen. Alexander Gorbatov Dies: Leader in War Alter His Purge, » dans le New York Times, 12 décembre 1973.
  63. de Beauchesne a servi comme commandant du secteur français du 11 juillet 1945 au 12 mars 1946. Wikipedia, consulté le 6 septembre 2019.
  64. Journal de guerre des Argylls, 21 juillet 1945.
  65. « Churchill voices Empire’s gratitude to men who gained victory — Hamilton represented, » dans le Hamilton Spectator, 21 juillet 1945.
  66. Spurling, officier de carrière, était à Hambourg le 3 mai pour accepter la reddition allemande. Un mois plus tard, il conduisait sa brigade à Berlin en tant que première formation britannique à entrer dans la capitale allemande. Voir https://royalleicestershireregiment.org.uk/.
  67. Journal de guerre des Argylls, juillet 1945, annexe 14.
  68. Journal de guerre des Argylls, 21 juillet 1945.
  69. « Germans Cheer Churchill in Strange Aftermath to Victory Parade in Berlin » The Maple Leaf, 24 juillet 1945, journal de guerre des Argylls, juillet 1945, annexe 17. [La feuille d’érable]
  70. Journal de guerre des Argylls, 21 juillet 1945.
  71. « Canadian Battalion to Leave Capital, » dans The Maple Leaf, 23 juillet 1945, journal de guerre des Argylls, juillet 1945, annexe 18. [La feuille d’érable]
  72. « German Tear Ducts Tapped in Farewell, » dans The Maple Leaf, 28 juillet 1945, journal de guerre des Argylls, juillet 1945, annexe 19. [La feuille d’érable]
  73. Journal de guerre des Fusiliers Mont-Royal, 29 juillet 1945, BAC, RG24-C-#, vol. 15066, 1944/12-1945/09.
  74. Trois membres du Bataillon, envoyés 24 heures à l’avance à Berlin, ont été détenus par les Russes pour avoir violé le couvre-feu. Dès leur libération, ils ont été « … immédiatement gavés de sandwiches russes et de vodka. » William Boss, « Four Canadian “Firsts” In Berlin, » dans le Globe and Mail, 7 juillet 1945.
  75. Alex Danchev et Daniel Todman, (eds,), Field Marshal Lord Alanbrooke, War Diaries: 1939-1945, London: Phoenix Press, 2001, p. 708.
  76. Montgomery a écrit à propos de son accident d’avion du 22 août alors qu’il volait pour visiter Vokes et la FOAC, par exemple, mais pas sur le défilé de Berlin. Voir Memoirs, p. 345-356. [Mémoires du maréchal Montgomery vicomte d’Alamein]
  77. Churchill a appris qu’il avait perdu cette élection alors qu’il était encore à Potsdam, puis est rentré chez lui en avion le 25 juillet pour être remplacé par le nouveau Premier ministre Clement Attlee. Winston Churchill, The Second World War: Volume VI, Triumph and Tragedy. London: Cassel, 1954, p. 582, avec son compte rendu de ces jours à Berlin et à Potsdam, p. 566-570. [Mémoires sur la Deuxième guerre mondiale : Triomphe et tragédie]
  78. Le 28 juillet 1945, Mackenzie King racontait sa vision nocturne de son retour dans le cabinet d’avocats de son père à Berlin, en Ontario. Journaux personnels William Lyon Mackenzie King à : www.bac-lac.gc.ca.
  79. Jack Granatstein et David Stafford, Spy Wars: Espionage and Canada from Gouzenko to Glasnost, Toronto: Key Porter Books, 1990, p. 47-75. Voir également John Sawatsky, Gouzenko: The Untold Story, Toronto: Macmillan of Canada, 1984, passim.